Des vo­leurs par ruse ciblent les dames âgées

Sous cou­vert d’être en­voyés pour des tra­vaux dans l’aire tou­lon­naise, des vo­leurs s’in­tro­duisent au do­mi­cile de per­sonnes âgées, vi­vant seules, et les dé­pouillent de bi­joux

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var -

Le mes­sage est pas­sé par les po­li­ciers qui mettent en garde contre des vols par ruse. En seule­ment deux se­maines, quatre faits sont mis en pa­ral­lèle dans l’aire tou­lon­naise. Dans les com­mis­sa­riats, on connais­sait dé­jà le faux plom­bier, le faux li­vreur, voire même le faux ban­quier. Qui ar­ri­vaient à s’in­tro­duire au do­mi­cile de leur vic­time pour mieux les dé­pouiller. Cette fois, nou­veau scé­na­rio, c’est un faux ou­vrier. La porte de la vic­time s’ouvre. Et le piège se re­ferme.

Mode opé­ra­toire

« Les vols par ruse qui se suc­cèdent de­puis quelques jours se passent au do­mi­cile de per­sonnes âgées. Le mode opé­ra­toire n’est pas tou­jours le même, mais se res­semble », dé­taille le com­mis­saire Jo­na­than Bi­wand, à la tête de la sû­re­té dé­par­te­men­tale du Var. Point com­mun : agir le ma­tin ou le mi­di. Le 27 juin à 13 h 30, c’est à La Va­lette qu’un homme se pré­sente, sous cou­vert de tra­vaux en cours. Em­bo­bi­née, la vic­time paie 200 eu­ros, en même temps que deux bagues lui sont vo­lées. Le len­de­main le 28 juin, dans une vil­la du quar­tier Pont-du-Las à Tou­lon, vers 10 h : la lo­ca­taire du rezde-chaus­sée, une dame de 84 ans, ouvre sa porte pour qu’un ar­ti­san fasse de soi-di­sant me­sures à l’étage. Des bi­joux dis­pa­raissent.

Éme­raudes

Les vols re­prennent le 5 juillet à 11 h, dans un quar­tier tou­lon­nais hup­pé – La Mitre. Un homme frappe à la porte d’une dame âgée. Il vient pour les ré­pa­ra­tions sur des gou­lottes et doit prendre des me­sures sur le bal­con. Pen­dant que la vic­time est at­ti­rée à l’ex­té­rieur, un com­plice s’in­tro­duit-il dans le lo­ge­ment ? Des bi­joux sont vo­lés. Le pré­ju­dice le plus im­por­tant sur­vient le len­de­main, juste à cô­té, quar­tier du Mou­rillon. L’ou­vrier di­sait être en­voyé par le syn­dic, là en­core pour prendre des me­sures. Des éme­raudes et des bi­joux ont été sub­ti­li­sés. L’es­ti­ma­tion du pré­ju­dice est en cours.

« Le syn­dic doit pré­ve­nir »

Les en­quê­teurs se de­mandent en­core s’il faut rap­pro­cher toutes ces af­faires, mais le mes­sage est clair : « Soyez ex­trê­me­ment prudent, n’ou­vrez pas la porte à un inconnu ». Et si ce­lui-ci se re­ven­dique du syn­dic de co-pro­prié­té, « té­lé­pho­nez pour le vé­ri­fier, ajoute un po­li­cier en charge de l’en­quête. Dans les ré­si­dences col­lec­tives, le syn­dic doit tou­jours pré­ve­nir du pas­sage d’un pro­fes­sion­nel ». Le pro­fil des vic­times ne laisse au­cun doute, quant à la mé­thode choi­sie. À chaque fois, ce sont des femmes, de 70 à 87 ans, qui vivent seules et sont cer­tai­ne­ment re­pé­rées. Des proies iso­lées, fa­ciles. « Au moindre doute, com­po­sez le 17 », pour­suit la po­lice, qui soup­çonne qu’une équipe de quelques hommes est en ac­tion dans l’aire tou­lon­naise. Et risque d’al­ler au-de­là.

SO. B. sbon­nin@var­ma­tin.com

(Photo d’illustration A. B. J.)

Quatre faits en deux se­maines, de quoi faire pas­ser un ap­pel à la vi­gi­lance.

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