Opé­ra­tion an­ti­ter­ro­riste fran­co­belge : le sus­pect fran­çais écroué

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

L’As­sem­blée s’at­taque lundi à la ré­forme contro­ver­sée du Code du tra­vail par or­don­nances, avec l’as­su­rance du sou­tien d’une large ma­jo­ri­té, mal­gré des cri­tiques de plu­sieurs bords sur la mé­thode et un re­jet de fond prin­ci­pa­le­ment des « In­sou­mis » et com­mu­nistes. « Li­bé­rer l’éner­gie des en­tre­prises tout en pro­té­geant les ac­tifs » : tel est l’ob­jec­tif af­fi­ché par le gou­ver­ne­ment d’Edouard Phi­lippe. Le texte qui l’ha­bi­lite à lé­gi­fé­rer par or­don­nance doit être adop­té dé­fi­ni­ti­ve­ment dès cette ses­sion ex­tra­or­di­naire d’été, alors que la concer­ta­tion avec les par­te­naires sociaux va se pour­suivre tout l’été. Plu­sieurs pro­messes de cam­pagne d’Em­ma­nuel Ma­cron y fi­gurent, dont les très dé­criés ba­rèmes des dom­mages-in­té­rêts prud’ho­maux pour li­cen­cie­ment abu­sif, fu­sion des ins­tances re­pré­sen­ta­tives du per­son­nel ou rôle ac­cru de l’ac­cord d’en­tre­prise sur la branche.

Neuf ar­ticles

Très concrè­te­ment, le pro­jet de loi, fort de neuf ar­ticles, donne le cadre des fu­tures or­don­nances, mais sans en pré­ci­ser toutes les mo­da­li­tés. Car pa­ral­lè­le­ment à son par­cours lé­gis­la­tif, les dis­cus­sions vont conti­nuer avec syn­di­cats et pa­tro­nat, qui « au­ront la pri­meur », fin août, des or­don­nances el­les­mêmes, a as­su­ré la mi­nistre du Tra­vail, Mu­riel Pé­ni­caud. Les or­don­nances doivent être adop­tées en Conseil des mi­nistres d’ici le 20 sep­tembre et leur ra­ti­fi­ca­tion se­ra en­suite sou­mise au Par­le­ment, ce qui leur don­ne­ra force de loi. Cer­taines me­sures se­ront ap­pli­quées « im­mé­dia­te­ment », se­lon la mi­nistre, qui a no­tam­ment ci­té la ba­ré­mi­sa­tion des in­dem­ni­tés, une dis­po­si­tion aban­don­née par le gou­ver­ne­ment Valls en mars 2016 dans le cadre de la loi Tra­vail, ce qui n’avait pas em­pê­ché la pire crise so­ciale sous un gou­ver­ne­ment de gauche. Si la nou­velle ré­forme est at­ten­due d’« ur­gence » par le pa­tro­nat Un Fran­çais de 42 ans, soup­çon­né d’avoir pro­je­té un at­ten­tat à l’aide d’un im­por­tant ar­se­nal avec deux frères belges, a été mis en exa­men hier par un juge an­ti­ter­ro­riste et écroué. In­ter­pel­lé près de Lille dans la nuit de mar­di à mer­cre­di [photo AFP], il a été no­tam­ment mis en exa­men pour « as­so­cia­tion de mal­fai­teurs ter­ro­riste cri­mi­nelle » et « ac­qui­si­tion, dé­ten­tion et trans­port d’armes ». Il a été pla­cé en dé­ten­tion pro­vi­soire, confor­mé­ment aux ré­qui­si­tions du par­quet de Paris. Les deux frères belges, Akim Saou­ti, 40 ans, et Kha­lid Saou­ti, 37 ans, ont été in­cul­pés mer­cre­di à Bruxelles pour «par­ti­ci­pa­tion à un groupe ter­ro­riste» et pla­cés en dé­ten­tion. Ils avaient été ar­rê­tés avec deux autres per­sonnes à An­der­lecht, com­mune po­pu­laire de l’ag­glo­mé­ra­tion bruxel­loise, éga­le­ment dans la nuit de mar­di à mer­cre­di. Plu­sieurs sus­pects sont tou­jours re­cher­chés en Bel­gique, se­lon une source proche du dos­sier. In­car­cé­ré à quatre re­prises pour des faits de vols et vio­lences, le Fran­çais, sor­ti de pri­son en mai 2015, avait été re­pé­ré pour s’être ra­di­ca­li­sé pen­dant sa dé­ten­tion et pla­cé sous sur­veillance par les ser­vices de ren­sei­gne­ment fran­çais.

« Au­cune cible iden­ti­fiée »

Les en­quê­teurs de la Di­rec­tion gé­né­rale de la sé­cu­ri­té in­té­rieure (DGSI) avaient alors ob­ser­vé plu­sieurs al­lers­re­tours du sus­pect entre la France et la Bel­gique et l’avaient aper­çu avec d’autres pro­ta­go­nistes, dont les frères Saou­ti, eux aus­si connus pour leur ra­di­ca­li­sa­tion, en train de ma­ni­pu­ler des sacs dans un ga­rage d’An­der­lecht. « La crainte d’un pas­sage à l’acte im­mi­nent en France ou en Bel­gique a conduit à la vague d’in­ter­pel­la­tions », a re­le­vé une source proche de l’en­quête, pré­ci­sant que « au­cune cible n’a été à ce jour iden­ti­fiée ». Le pro­jet sem­blait tou­te­fois bien avan­cé: un ar­se­nal cons­ti­tué de trois ka­lach­ni­kovs, d’un fu­sil à pompe, de trois armes de poing, de quatre dé­to­na­teurs et de mu­ni­tions a été re­trou­vé dans un des box du ga­rage ain­si que des uni­formes de po­lice, d’agent de sé­cu­ri­té et de se­cou­riste. Un des sacs re­pé­rés à An­der­lecht a été re­trou­vé lors d’une per­qui­si­tion au do­mi­cile du Fran­çais. « Il ne conte­nait pas d’arme, mais plu­sieurs ki­los de bi­joux », d’après la source proche de l’en­quête. « A-t-il été vi­dé de son conte­nu en France ou le Fran­çais était-il ve­nu four­nir des armes aux Soua­ti? C’est ce que l’en­quête de­vra éta­blir », a-t-elle ajou­té. En garde à vue, le sus­pect a re­con­nu connaître les deux frères, mais nié tout pro­jet ter­ro­riste. Des vi­déos de pro­pa­gande dji­ha­diste, d’at­taques ka­mi­kazes, ou conte­nant des messages contre l’Oc­ci­dent ont été re­trou­vées dans son or­di­na­teur. Au cours des der­nières an­nées, la France et la Bel­gique ont été la cible de plu­sieurs at­ten­tats meur­triers com­mis par des dji­ha­distes se ré­cla­mant du groupe Etat is­la­mique.

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