Les rixes des Lices élec­trisent le conseil

Après les deux al­ter­ca­tions de fin de nuit, place des Lices, qui ont en­voyé des vic­times à l’hô­pi­tal, les élus ont de­man­dé des comptes au maire et ses in­ten­tions pour que le lieu soit plus sé­cu­ri­sé

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - P. PLEU

Les su­jets de dis­pute n’ont pas man­qué au conseil mu­ni­ci­pal de jeu­di. Après l’af­faire Kauf­man & Broad et la ca­pi­tai­ne­rie, voi­là que les graves échauf­fou­rées qui se sont pro­duites place des Lices en fin de nuit ces der­nières se­maines ont pous­sé l’op­po­si­tion à poser des ques­tions au maire, Jean-Pierre Tu­ve­ri. C’est Mi­chel Mède qui a « dé­gai­né » sou­li­gnant que les le­çons du pas­sé n’avaient pas été ti­rées [Ndlr : il y a deux ans un jeune Tro­pé­zien avait été tel­le­ment mo­les­té qu’il en garde de très sé­rieuses sé­quelles]. Et de de­man­der «Y-a-t-il un manque de gen­darmes sur la place entre 3 et 5 heures du ma­tin? »

Les chiffres de la sé­cu­ri­té

« L’af­fec­ta­tion du per­son­nel de gen­dar­me­rie n’est pas du res­sort du maire », a ré­tor­qué J.Pierre Tu­ve­ri, qui s’est alors lan­cé dans une re­vue des moyens de po­lice mu­ni­ci­pale mis en oeuvre. « La bri­gade de nuit est com­po­sée de 8 agents. et la com­mu­ni­ca­tion est ex­cel­lente entre la po­lice et la gen­dar­me­rie. » Et de pré­ci­ser qu’entre les ef­fec­tifs de po­lice mu­ni­ci­pale et du centre de sur­veillance, les agents de sé­cu­ri­té pri­vés, l’ac­cueil des ren­forts de gen­dar­me­rie, le coût du centre de sur­veillance lui-même et le ma­té­riel de la po­lice mu­ni­ci­pale (armes, etc.), ce sont au to­tal 19,8 mil­lions d’eu­ros que la ville a in­ves­tis dans la sé­cu­ri­té entre 2008 et 2016. Le tout sans comp­ter 500 000 eu­ros pour le plan vi­gi­pi­rate cette an­née. « Les ca­mé­ras fonc­tion­nen­telles as­sez bien ? » a en­core de­man­dé Mi­chel Mède. « Nous avons 32 ca­mé­ras ‘‘dômes’’ et 21 ca­mé­ras fixes, elles sont net­toyées quatre fois par an mi­ni­mum. Par ailleurs, le CSU fonc­tionne 24 h/24 et 7j/7.» Le conseiller d’op­po­si­tion a alors évo­qué l’ave­nir : « Quand re­lo­ge­rez-vous dé­cem­ment la po­lice mu­ni­ci­pale et quels moyens sup­plé­men­taires pré­voyez-vous pour pré­ve­nir les mé­faits qui se sont en­core ré­cem­ment pro­duits? » Une ques­tion qui al­lait in­ci­ter le maire à faire un sem­pi­ter­nel re­tour vers le pas­sé (avant 2008 évi­dem­ment) : « Avant notre ar­ri­vée, la po­lice mu­ni­ci­pale avait un pré­fa­bri­qué en mau­vais état. Au­jourd’hui, elle a 370 m2. Nous avons in­ves­ti 76 500 eu­ros de tra­vaux. De vrais lo­caux se­raient pré­fé­rables, mais les condi­tions ac­tuelles sont très conve­nables. Pour la place des Lices, il y a des agents en per­ma­nence la nuit. D’ailleurs lors de la der­nière al­ter­ca­tion, ils sont in­ter­ve­nus en 45 secondes et les gen­darmes 10 mi­nutes après.» In­cor­ri­gible, le maire s’en est alors pris aux réseaux sociaux qui n’au­raient pas re­la­té les faits avec toute leur exac­ti­tude et à Var ma­tin, évi­dem­ment, son pun­ching-ball fa­vo­ri, dès que toutes les in­for­ma­tions ne sont pas à son avan­tage ou à son goût.

Les sand­wi­che­ries dans le col­li­ma­teur

Il a conclu : « Toutes les me­sures de sur­veillance sont prises. Mais si mal­gré ce­la, il y avait de nou­veaux in­ci­dents, il fau­drait son­ger à re­voir les au­to­ri­sa­tions de fer­me­ture tar­dive des mar­chands de sand­wichs qui concentrent au­tour d’eux tous ceux qui sortent de boîte de nuit et qui sont al­coo­li­sés, d’où le risque acc­cru d’al­ter­ca­tions.» Pour faire bon poids, Mi­chel Mède s’est vu ver­te­ment mo­ri­gé­né pour avoir osé poser des ques­tions sur ce su­jet : « Il n’y a rien de plus mé­pri­sable que de sur­fer sur la peur des gens au risque aus­si de nuire à la re­nom­mée de Saint-Tro­pez. » Met­tons donc sous le ta­pis, cette pous­sière qu’on ne sau­rait voir... Au fait, pour in­for­ma­tion, deux autres al­ter­ca­tions ont eu lieu de­puis dans la vieille ville en fin de nuit. Moins graves que les pré­cé­dentes, mais quand même...

(Ph. N. S.)

La nuit ve­nue, la place des Lices se trans­forme et les que­relles naissent par­fois d’un rien mais les consé­quences de ces rixes sont sou­vent dra­ma­tiques.

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