« Hors-normes », « dan­ge­reux » : plein le dos des ra­len­tis­seurs !

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L’info Du Jour - C. D.

Ber­nard Dar­niche s’est as­so­cié au com­bat de Thier­ry Mo­do­lo, un Tou­lon­nais à l’ori­gine d’une pé­ti­tion (près de 13 000 si­gna­tures) et d’un re­cours au­près du tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif de Tou­lon, por­tant sur l’illé­ga­li­té de ra­len­tis­seurs type dos d’âne et tra­pé­zoï­dal, ins­tal­lés à La Garde, avant de s’at­ta­quer à d’autres com­munes du dé­par­te­ment. Des ins­tal­la­tions ubuesques, et même dan­ge­reuses, es­time l’an­cien pi­lote de ral­lye. « Les ra­len­tis­seurs sont mis en place pour cal­mer deux ou trois ron­chons dans les com­munes. Les maires gas­pillent l’ar­gent pu­blic pour avoir la paix, et confondent gêne et sé­cu­ri­té », s’agace Ber­nard Dar­niche, qui af­firme même que « les ra­len­tis­seurs vont dans le sens contraire à l’in­té­rêt gé­né­ral ».

Res­pon­sa­bi­li­té pé­nale des col­lec­ti­vi­tés

Pour­quoi ? « Il est prou­vé que les gens ra­len­tissent puis re­ce­lèrent der­rière, en mul­ti­pliant par 10 la consom­ma­tion de leur vé­hi­cule. Les ra­len­tis­seurs sont in­utiles et pol­luants », avance-t-il. Et ce n’est pas tout. « À chaque dos-d’âne, on se dé­mo­lit la co­lonne ver­té­brale. Les ra­len­tis­seurs sont dan­ge­reux pour les deux-roues, causent des dé­gâts sur les vé­hi­cules et re­pré­sentent un vrai pro­blème pour les se­cours et les forces de l’ordre. D’au­tant que la plu­part du temps, ils ne sont pas ré­gle­men­taires ». « En somme, on a réus­si à in­ven­ter des obs­tacles qui n’exis­taient pas sur la route, c’est in­ima­gi­nable ! ». Une ma­ni­fes­ta­tion était or­ga­ni­sée à Tou­lon, dé­but juin, par Thier­ry Mo­do­lo et la FFMC 83 (Fé­dé­ra­tion fran­çaise des mo­tards en co­lère) afin de dé­non­cer la dan­ge­ro­si­té et l’illé­ga­li­té de cer­taines ins­tal­la­tions.

Normes très pré­cises

En ef­fet, les dos d’âne doivent en prin­cipe ré­pondre à des normes pré­cises (dé­cret n°94-447 du 27 mai 1994). No­tam­ment : ils ne doivent pas ex­cé­der 10 cm de hau­teur ni être im­plan­tés dans les vi­rages de rayon in­fé­rieur à 200 mètres, ou à moins de 40 mètres d’une sor­tie de vi­rage. Ils doivent être im­plan­tés sur une sec­tion de voie ou une zone li­mi­tée à 30 km/h. Ils doivent être com­bi­nés avec d’autres amé­na­ge­ments concou­rant à la ré­duc­tion de la vi­tesse. Leur im­plan­ta­tion est in­ter­dite sur des voies où le tra­fic est su­pé­rieur à 3 000 vé­hi­cules en moyenne jour­na­lière an­nuelle, etc. Dans le Golfe de Saint-Tropez, comme ailleurs, on se rend fa­ci­le­ment compte que cer­taines ins­tal­la­tions ne res­pectent pas ces normes. Ce n’est pas ano­din : la res­pon­sa­bi­li­té pé­nale des élus peut être en­ga­gée au titre du man­que­ment à l’obli­ga­tion de sé­cu­ri­té et de pru­dence en cas d’ac­ci­dent lié à ces ins­tal­la­tions. Il en est de même pour non-res­pect des normes, au titre de la mise en dan­ger de la vie d’au­trui, et ce même si au­cun dom­mage n’est sur­ve­nu.

(Pho­to S. Lou­vet et C.D.)

Les ra­len­tis­seurs doivent en prin­cipe ré­pondre à des normes pré­cises, et no­tam­ment ne pas dé­pas­ser  cm de haut.

Dé­gâts sur les vé­hi­cules ou la co­lonne ver­té­brale, pol­lu­tion, etc. Ber­nard Dar­niche s’in­surge contre la mul­ti­pli­ca­tion des ra­len­tis­seurs. Cli­ché de droite : sur l’Ave­nue Fré­dé­ric-Mis­tral, à Ca­va­laire, no­tam­ment, le ra­len­tis­seur me­sure plus de  cm de hau­teur.

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