Le car­net de route d’Amaël Moi­nard

« Une vraie grande jour­née »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

« C’était l’une des plus belles étapes de ce Tour dans les Py­ré­nées. Longue et dure sur le fi­nal, de la pluie en pre­mière par­tie et un fi­nal spec­ta­cu­laire. Pe­tite ré­flexion psy­cho­lo­gique au­jourd’hui pour vous ex­pli­quer un peu nos res­sen­tis ou com­ment, dans une même jour­née, on passe par des mo­ments de doute, voire de lé­gère dé­prime, à de l’eu­pho­rie. Tout ça en h de temps. Sans comp­ter les pre­mières im­pres­sions sou­vent trom­peuses au ré­veil. En ré­su­mé ce ma­tin (hier) ,jeme suis le­vé fa­ti­gué (nor­mal vous me di­rez), pas su­per mo­ti­vé à l’idée d’at­ta­quer  km et  cols sous la pluie me sa­chant loin au gé­né­ral. Dans les pre­miers ki­lo­mètres, je voulais prendre la bonne échap­pée. Mais quand ça roule à  km/h il faut être bien pla­cé, op­por­tu­niste et chan­ceux. Ce groupe par­ti, je suis dé­çu, je me dis que la jour­née va être longue, que je ne vais pas ga­gner l’étape. Juste suivre, jus­qu’à me faire lâ­cher. En plus, dans les pre­miers cols, je me sens mal. J’ai l’im­pres­sion que tout le monde au­tour est plus fort. Dé­mo­ti­vé. Je de­mande à un ou deux amis dans le pe­lo­ton leur res­sen­ti. C’est quitte ou double sui­vant leur ré­ponse. Ça te ré­con­forte ou t’isole. Mais je veux sa­voir. Puis sur la fin, je me re­mets de­dans, me sen­tant mieux. J’ar­rive à suivre les meilleurs un long mo­ment. Je reste avec les  meilleurs. Et là je suis plu­tôt eu­pho­rique. Alors je me bats, prends mon rythme et je suis en­cou­ra­gé à bloc par le pu­blic. Sans me mettre dans le rouge, je sa­voure ces mo­ments en me di­sant que j’ai pas­sé une bonne jour­née et que beau­coup souffrent der­rière moi. En me di­sant que ça m’an­nonce des belles jour­nées sur cette deuxième par­tie de Tour. Et puis on a ré­cu­pé­ré tout le groupe échap­pé. Au­cun re­gret. Ces hauts et bas sont dif­fi­ciles à gé­rer. Le men­tal joue une part énorme dans la per­for­mance dans ce sport de souf­france. Et me joue des tours, par­fois. »

* Chaque jour le cou­reur de Saint-Jean­net nous ra­conte son Tour de l’in­té­rieur. 27e de l’étape hier, il pointe ce ma­tin à la 57e place, à 1h06’15’’ de Aru. (*)

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