In­fi­nie tris­tesse

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente -

 jours ont pas­sé au cours des­quels, par­tout dans le monde, la vio­lence ne s’est plus ja­mais re­lâ­chée. Mais nous avons tou­jours l’im­pres­sion d’avoir vé­cu le pire avec le mas­sacre ni­çois des in­no­cents per­pé­trés le jour de notre Fête na­tio­nale. Une hor­reur in­éga­lée de­puis les camps de la mort et Ora­dour­sur-Glane. Par­vien­dra-t-on à ou­blier que dans la soi­rée du  juillet , tant de fa­milles ont payé de leur vie leur at­ti­rance pour un joyeux feu d’ar­ti­fice ? Rien n’est moins cer­tain. Le ter­rible bi­lan nous pour­sui­vra long­temps, ain­si que l’image de ce ca­mion fou de  tonnes conduit à tom­beaux ou­verts par l’un des plus cruels cri­mi­nels qu’ait en­gen­dré le ter­ro­risme. La pro­me­nade des An­glais, jus­qu’à pré­sent sy­no­nyme de dé­am­bu­la­tion pai­sible et de re­traite heu­reuse, de­meu­re­ra à ja­mais ce lieu où des di­zaines d’en­fants por­tés sur les épaules d’un père ou d’un grand frère ont vu les « belles bleues » et les « belles rouges » se trans­for­mer en feu de sang. Au­jourd’hui, on n’y danse plus. L’at­trac­tion tou­ris­tique est de­ve­nue un pè­le­ri­nage. Bien sûr, Nice se­ra tou­jours l’une de nos plus belles mé­tro­poles. Mais le nom de la baie des Anges rap­pel­le­ra aus­si dé­sor­mais la fin tra­gique

des pe­tits mar­tyrs.

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