Du bleu et des yeux par­tout pour une sé­cu­ri­té maxi­male

Zones an­ti-in­tru­sion, pan­neaux brise-vue, forces de l’ordre dé­ployées en mer comme sur terre : Nice était en état de siège hier. Tous sur le pont et tous sou­dés, loin des po­lé­miques pas­sées

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - News -

Four­gons blin­dés, voi­tures de po­lice, bus Lignes d’Azur, vé­hi­cules de net­toie­ment, plots en bé­ton… De la Prom’ aux rues ad­ja­centes, tous les ac­cès pié­tons et rou­tiers sont bar­rés à la cir­cu­la­tion, ce ven­dre­di, dans le centre de Nice. De­puis un an, ces dis­po­si­tifs an­ti-in­tru­sion sont de­ve­nus ré­cur­rents, à chaque grand ras­sem­ble­ment sur la Côte d’Azur – et bien au-de­là. Mais à Nice, en ce pre­mier an­ni­ver­saire de l’at­taque au ca­mion, l’image re­vêt une sym­bo­lique très par­ti­cu­lière. Zones an­ti-in­tru­sion, pan­neaux brise-vue et bar­rières sur plu­sieurs ki­lo­mètres, forces de l’ordre pa­trouillant en mer au­tant que sur terre… Comme pré­vu, le coeur de Nice était en état de siège hier. Mais la ville était aus­si sous l’oeil at­ten­tif des ca­mé­ras. Dès 6 h du ma­tin, le dis­po­si­tif est pi­lo­té au Centre de su­per­vi­sion ur­bain (CSU). Une cel­lule de crise y réunit tous les ac­teurs de la sé­cu­ri­té : po­lice na­tio­nale, po­lice mu­ni­ci­pale, po­lice aux fron­tières, gen­dar­me­rie, Sen­ti­nelle, sé­cu­ri­té ma­ri­time, par­quet, Ville, groupe Hexa­gone – et, bien sûr, la pré­fec­ture des Alpes-Ma­ri­times, qui co­or­donne l’en­semble. « Il y a une très bonne col­la­bo­ra­tion, une en­tente et une sy­ner­gie entre tous les ser­vices de l’État et de la Ville», sou­ligne le sous-pré­fet Franck Vi­nesse. Exit, donc, les po­lé­miques qui avaient en­ve­ni­mé les re­la­tions État-Ville après le 14-Juillet. «Le but, c’est que cet évé­ne­ment soit un évé­ne­ment de mé­moire, sans être pol­lué par de quel­conques faits di­vers…»

« Tou­jours en alerte»

Im­ma­tri­cu­la­tions des vé­hi­cules, com­por­te­ments sus­pects… Au CSU, les opé­ra­teurs zoo­ment et dé­zoo­ment sur les images cap­tées par les 1 786 ca­mé­ras de vi­déo­sur­veillance. Plus at­ten­tifs que ja­mais. Sur les vingt opé­ra­teurs qui avaient sui­vi en di­rect la scène d’épou­vante, dix-huit ont te­nu à re­ve­nir, un an après. «Même si la page ne se­ra ja­mais tour­née, ce­la nous te­nait à coeur de sé­cu­ri­ser cette jour­née au maxi­mum, té­moigne San­dra Ber­tin, di­rec­trice de po­lice mu­ni­ci­pale et res­pon­sable du CSU. De­puis le 14 juillet der­nier, nous sommes tou­jours en alerte…» De l’aube à mi­nuit pas­sé, des cen­taines d’agents de forces de l’ordre au­ront ain­si maillé la ville, veillant au grain, armes lourdes à la main et re­gards ba­layant la foule. Au pas­sage des por­tiques et des points sen­sibles, 260 agents du groupe Hexa­gone pro­cèdent aux fouilles et pal­pa­tions. «C’est la pre­mière fois que l’on dé­ploie au­tant de monde. Ça se passe bien, les gens sont très com­pré­hen­sifs», se fé­li­cite Jean-Charles Quer­cia, re­pré­sen­tant du groupe au CSU. En somme, du bleu et des yeux par­tout. Et ce, jusque bien après la fin de la cé­ré­mo­nie. Cette fois, au­cun in­ci­dent no­table à dé­plo­rer. En ce dou­lou­reux an­ni­ver­saire, le re­cueille­ment était à ce prix. CHRIS­TOPHE CIRONE

cci­rone@ni­ce­ma­tin.fr

(Pho­to Jean-Fran­çois Ot­to­nel­lo) (Pho­tos Cy­ril Do­der­gny et C. C.)

Cel­lule de crise réunis­sant tous les ac­teurs, au CSU. En ville, tous les ac­cès pié­tons et rou­tiers ont été bar­rés. Le maire de Nice Ch­ris­tian Es­tro­si et la mi­nistre des So­li­da­ri­tés et de la San­té Agnès Bu­zyn ont dé­voi­lé la plaque com­mé­mo­ra­tive à l’hô­pi­tal Pas­teur.

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