Suf­fi qu’Otis ouvre la bouche... »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Le Journal De L'été -

« J’étais ven­deur chez Sa­tel­lite Re­cords à Mem­phis pour croû­ter parce que, comme gui­ta­riste, je ne ga­gnais pas en­core ma vie avec mon groupe, Boo­ker T & the MG’s, se sou­vient Steve Crop­per. Ils avaient ou­vert un stu­dio d’en­re­gis­tre­ment dans l’ar­rière-bou­tique et comme j’y pas­sais plus de temps qu’au ma­ga­sin, la pa­tronne m’y a col­lé. Un jeune gars du nom d’Otis Red­ding fai­sait du for­cing pour qu’on l’au­di­tionne, mais on était dé­bor­dés. C’est Al Jackson, notre bat­teur, qui l’avait dé­jà en­ten­du chan­ter

dans un club, qui m’a for­cé à l’écou­ter. Il a suf­fi qu’Otis ouvre la bouche... Deux se­condes après, je fon­çais à la console pour que l’in­gé­nieur pré­pare les bandes. Il a fal­lu que je coure sur le par­king ré­cu­pé­rer Duck Dunn, notre bas­siste, qui ren­trait chez lui. On s’y est mis et, en deux temps trois mou­ve­ments, c’était dans la boîte. La chan­son s’in­ti­tu­lait These arms of mine. « Elle fait dé­sor­mais par­tie de l’His­toire de la mu­sique po­pu­laire. Au­jourd’hui en­core, mes disques pré­fé­rés de la pé­riode Stax sont ceux d’Otis Red­ding. Avec ceux de Boo­ker T & the MG’s, évi­dem­ment ! »

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