Ma­cron et Ne­ta­nya­hou com­mé­morent le Vel d’Hiv

En vi­site of­fi­cielle en France, le Pre­mier mi­nistre is­raé­lien a as­sis­té à la com­mé­mo­ra­tion de la rafle du Vel d’Hiv. Em­ma­nuel Ma­cron a ré­af­fir­mé la res­pon­sa­bi­li­té de la France dans cette tra­gé­die

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - France -

Em­ma­nuel Ma­cron a ren­du un plai­doyer vi­brant contre l’an­ti­sé­mi­tisme et le ra­cisme, en pré­sence du Pre­mier mi­nistre is­raé­lien Ben­ja­min Ne­ta­nya­hou qu’il a en­suite cha­leu­reu­se­ment re­çu à l’Ely­sée.

« C’est bien la France qui or­ga­ni­sa la rafle »

« Oui, je le re­dis ici, c’est bien la France qui or­ga­ni­sa la rafle puis la dé­por­ta­tion et donc, pour presque tous, la mort des 13 152 per­sonnes de confes­sion juive ar­ra­chées les 16 et 17 juillet à leur do­mi­cile », a dé­cla­ré le pré­sident de la Ré­pu­blique, sou­li­gnant que la rafle « fut l’oeuvre de la po­lice fran­çaise, pas un seul Al­le­mand n’y prê­ta la main ». Le chef de l’Etat a ex­pli­qué vou­loir « que se per­pé­tue le fil ten­du en 1995 par Jacques Chi­rac », pre­mier pré­sident à re­con­naître la res­pon­sa­bi­li­té de la France dans les per­sé­cu­tions an­ti­sé­mites, et non celle du seul ré­gime de Vi­chy. « Ré­cem­ment en­core, ce que nous croyons éta­bli par les au­to­ri­tés de la Ré­pu­blique, sans distinction par­ti­sane, avé­ré par tous les his­to­riens, (...) s’est trou­vé contes­té par des res­pon­sables po­li­tiques fran­çais », a rap­pe­lé M. Ma­cron, al­lu­sion à des dé­cla­ra­tions de Ma­rine Le Pen pour qui la France n’est « pas res­pon­sable du Vel d’Hiv ». « Ce se­rait faire beau­coup d’hon­neur à ces faus­saires que de leur ré­pondre. Mais se taire se­rait pire, ce se­rait être com­plice » ,a lan­cé M. Ma­cron, très ap­plau­di par un pu­blic com­po­sé no­tam­ment de res­ca­pés des camps. Mar­te­lant son pu­pitre, il a dé­non­cé avec flamme le ra­cisme et l’an­ti­sé­mi­tisme « qui sont en­core bien pré­sents ». « Un jour, parce qu’on s’est tu, parce qu’on n’a pas vou­lu voir, le pas­sage à l’acte in­ter­vient. Alors ce qui n’était chez les uns que de la haine for­mu­lée dif­fé­rem­ment, et chez les autres une forme de lâ­che­té (...), ça de­vient des vies fau­chées et des gestes qui tuent », a-t-il dit. « Nous ne cé­de­rons rien à l’an­ti­sio­nisme car il est la forme ré­in­ven­tée de l’an­ti­sé­mi­tisme », a-t-il ajou­té, dé­clen­chant de nou­veaux ap­plau­dis­se­ments. Il a aus­si évo­qué l’af­faire Sa­rah Ha­li­mi, une femme juive tuée en avril à Pa­ris par un voi­sin mu­sul­man, pour le­quel la qua­li­fi­ca­tion an­ti­sé­mite n’a pas été re­te­nue à ce stade, ce qui a sus­ci­té de l’in­di­gna­tion dans la com­mu­nau­té juive. « Mal­gré les dé­né­ga­tions du meur­trier, la jus­tice doit faire dé­sor­mais toute la clar­té sur la mort de Sa­rah Ha­li­mi », a dit le chef de l’Etat, très ap­plau­di pour cet ap­pel.

Hom­mage à Si­mone Veil

Le chef de l’Etat a énu­mé­ré les noms des vic­times des at­taques an­ti­sé­mites ces der­nières an­nées, mais aus­si ceux de Bra­him Bouar­ram, Ma­ro­cain noyé dans la Seine par des mi­li­tants d’ex­trême-droite en 1995 et Jacques Ha­mel, prêtre ca­tho­lique tué lors de l’at­ten­tat dji­ha­diste de Saint-Etien­ne­du-Rou­vray en juillet 2016. La cé­ré­mo­nie a été émaillée d’hom­mages à Si­mone Veil, res­ca­pée d’Au­sch­witz et dé­cé­dée en juin.

(Pho­to MaxPPP)

Em­ma­nuel Ma­cron, le Pre­mier mi­nistre is­raé­lien, Ben­ja­min Ne­ta­nya­hou et son épouse Sa­ra.

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