Face à la mer, ils sur­veillent les flots sans un re­gard pour l’ho­ri­zon

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Le Journal De L'été - PAUL-HEN­RI COSTE phcoste@ni­ce­ma­tin.fr

La mo­nu­men­tale baie vi­trée s’ouvre sur toute la rade de Tou­lon. Du bleu à perte de vue. Ils passent la jour­née face à elle à sur­veiller la Mé­di­ter­ra­née, mais y jettent pour­tant à peine un re­gard. Ins­tal­lés à La Garde de­puis 1968, les agents du CROSS Med (Centre ré­gio­nal opé­ra­tion­nel de sur­veillance et de sau­ve­tage Mé­di­ter­ra­née) sont trop oc­cu­pés à scru­ter leurs écrans et à ré­pondre aux mes­sages ra­dio de plai­san­ciers en pleine ga­lère pour mé­di­ter face aux re­flets d’ar­gents qu’évoque la chan­son. Il faut dire aus­si que la zone dont ils s’oc­cupent s’étend très lar­ge­ment au-de­là des li­mites de la rade de Tou­lon. « On a la res­pon­sa­bi­li­té de toute la côte de la fron­tière es­pa­gnole à l’Ita­lie, de la Corse et d’une zone qui des­cend jus­qu’au sud de la Sar­daigne, ex­plique An­toine Fer­ri, le di­rec­teur du CROSS Med. Au to­tal, ça couvre une sur­face de 115 000 km2 ». En clair, le CROSS voit plus loin que l’ho­ri­zon et sur­veille un bas­sin grand comme un cin­quième de l’hexa­gone. Une paire de ju­melles ne suf­fit pas. Une cin­quan­taine de per­sonnes, des of­fi­ciers dé­ta­chés de la Ma­rine prin­ci­pa­le­ment, se re­laient donc dans ce «na­vire à terre» pour sur­veiller, via les ondes ra­dio, ce qu’il se passe sur les plages comme au large et or­ga­ni­ser les opé­ra­tions de se­cours en cas de be­soin. Dans le brou­ha­ha in­ces­sant des VHF qui gré­sillent, ils conseillent, consultent les cartes et co­or­donnent les in­ter­ven­tions sur l’eau. « Notre rôle, c’est d’être tou­jours pré­sents pour faire l’in­ter­face entre la terre et la mer et entre les na­vires, ex­plique An­toine Fer­ri. 50 % des opé­ra­tions de se­cours sont en­suite me­nées sur l’eau par la SNSM, Les par­ti­cu­liers in­ter­viennent dans 20 % des cas au titre de la so­li­da­ri­té des gens de mer. Mais nous pou­vons aus­si mo­bi­li­ser les moyens de l’État, les pom­piers ou même des ad­mi­nis­tra­tions étran­gères en cas de né­ces­si­té. » 24 heures sur 24 et 365 jours par an, la salle des opé­ra­tions sur­plombe donc au propre comme au fi­gu­ré les flots et vit au ryhtme des coups de vent, des ava­ries mo­teur... « et de l’in­com­pé­tence de ceux qui prennent la mer sans rien y connaître », sou­pire An­toine Fer­ri.

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