Le Sphinx sans énigme...

L’an­cien en­traî­neur de Pro A - no­tam­ment du HTV et d’An­tibes - dé­crypte la sai­son des Va­rois, livre son re­gard sur le dé­part de Milling et l’ar­ri­vée de Sch­mitt. Il évoque aus­si les Bleus et TP...

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - RA­PHAËL COIFFIER

Après un der­nier bail à Nan­cy, Alain Weisz a pris sa re­traite. Mé­ri­tée après des an­nées de bons et loyaux ser­vices. Mais l’an­cien coach, et sé­lec­tion­neur de l’équipe de France, ne s’est pas pour au­tant re­ti­ré to­ta­le­ment du jeu. Une évi­dence tant le bas­ket-ball coule dans ses veines de­puis des dé­cen­nies. Il a été, et est tou­jours, son es­sence. Propre. Après son clan fa­mi­lial. Four­ni et uni der­rière ce me­neur d’hommes dont il a su ti­rer la quin­tes­sence... Par­ta­geant son temps libre entre Mar­seille (son fief) et La Ca­diè­red’Azur (son havre de paix), le Sphinx - comme on le sur­nom­mait au HTV - a tou­jours un oeil sur les par­quets. De France. D’Eu­rope. De NBA. Il ne peut s’em­pê­cher de dé­cryp­ter. D’ana­ly­ser. Voire de conseiller, à mots choi­sis, lorsque cer­tains viennent à po­ser leurs têtes sur son épaule... Alain Weisz est une ré­fé­rence dans la ra­quette hexa­go­nale. Une pa­role écou­tée. Par­fois cri­ti­quée. Et donc en­ten­due. Le personnage ne laisse pas in­dif­fé­rent. Ou­vrez les guille­mets. His­toire de pro­fi­ter de sa science...

Em­ma­nuel Sch­mitt coach du HTV

« C’était un bon joueur, un ex­cellent shoo­teur qui a fait une belle car­rière. Comme coach, il n’a en re­vanche pas été en réus­site à Cha­lon-surSaône. En­suite, il a pris la di­rec­tion de l’équipe na­tio­nale suisse. C’est donc un en­traî­neur ex­pé­ri­men­té. Mais sa réus­site au HTV ne dé­pen­dra pas que de lui. Le re­cru­te­ment s’an­nonce com­plexe. Sur­tout qu’il n’y a plus de Fran­çais sur le mar­ché. Du coup, les se­conds choix de­viennent les pre­miers choix. Tu de­viens par ailleurs très dé­pen­dant des étran­gers. Et quand tu ne pos­sèdes pas un gros bud­get, il faut faire des mi­racles... »

L’ar­ri­vée du jeune Lu­ka As­ce­ric

« On m’en a dit beau­coup de bien. Il a as­su­ré de gros matches en Pro B et de­vrait avoir la di­men­sion de la Pro A. Après, ce n’est pas un me­neur confir­mé comme Mi­chi­neau. Mais il a hé­ri­té du men­tal de pa­pa et c’est dé­jà énorme ! »

La sai­son - des Va­rois

« À deux vi­tesses. Quand tu montes de Pro B, tu es sur ta dy­na­mique. Tu as un sur­croît d’éner­gie. Tu n’as peur de per­sonne et tu veux bous­cu­ler la hié­rar­chie. Sur sa pre­mière par­tie de sai­son, le HTV y est par­ve­nu avec un jeu agres­sif, ba­sé sur la dé­fense. À par­tir du mo­ment où Kyle Milling a an­non­cé son dé­part à Li­moges, tout s’est dé­li­té et heu­reu­se­ment qu’il y a eu cette vic­toire au Mans, si­non ça sen­tait la re­lé­ga­tion... »

L’an­nonce du dé­part de Kyle Milling

« Je pense qu’il au­rait dû at­tendre la fin de sai­son pour of­fi­cia­li­ser sa si­gna­ture à Li­moges. Le coach est le gar­dien du temple et dire je m’en vais en plein cham­pion­nat crée du désordre. C’est un mau­vais si­gnal en­voyé au groupe. Cha­cun se pose des ques­tions et ne pense plus uni­que­ment au bas­ket. À par­tir de là, tu mets le club en dan­ger. »

Le der­nier exer­cice de Pro A

« On a vu des bas­ket­teurs ex­cep­tion­nels. Je pense à DJ Coo­per (Mo­na­co), Mous­ta­pha Fall (Cha­lon), Ca­me­ron Clark (Cha­lon) ou en­core John Ro­ber­son, pour ne ci­ter qu’eux. On les re­trou­ve­ra dans de grosses écu­ries. For­cé­ment. On s’est aus­si ren­du compte que l’ab­sence des Fran­çais, no­tam­ment dans l’im­pact. De toute fa­çon, il n’y a mal­heu­reu­se­ment plus de sta­bi­li­té dans les clubs et, avec tous ces joueurs étran­gers, la part du ha­sard est de plus en plus pré­gnante en Pro A. On est dans la bri­cole et voir les clubs se ren­for­cer aux deux tiers du cham­pion­nat, c’est du n’im­porte quoi. Toute la hié­rar­chie est cham­bou­lée... »

Le sacre de Cha­lon-sur-Saône

« Peu de spé­cia­listes au­raient mi­sé sur l’équipe de Chou­let. C’est la sur­prise, même si elle avait de la gueule, jus­qu’au banc. Cha­lon, ce n’était pas seule­ment trois joueurs ta­len­tueux. Re­gar­dez le pe­tit Bou­teille, il a ex­plo­sé en play-offs. »

Axel Bou­teille un Va­rois à la Une

« Quelle belle as­cen­sion ! Il est ar­ri­vé au haut ni­veau et on va at­tendre en­core da­van­tage de lui. Il de­vra être ré­gu­lier dans ses per­for­mances. Pour moi, c’est la ré­vé­la­tion fran­çaise de l’an­née. Tous les cli­gno­tants sont au vert pour Axel qui a en­core une belle marge de pro­gres­sion. »

Vincent Col­let : la ma­lé­dic­tion

« C’est tou­jours pa­reil, les gens ne re­tiennent que les cinq fi­nales per­dues par Stras­bourg mais pas le fait que le club se soit his­sé cinq fois en fi­nale. C’est un peu le syn­drome Cler­mont... Je pense en outre que coa­cher la SIG et l’équipe na­tio­nale, c’est trop lourd à gé­rer. Mais ce n’est que mon avis... »

Le pro­chain Eu­ro mas­cu­lin

« Ce se­ra l’Eu­ro de tous les dan­gers pour les Bleus (du 31 août au 17 sep­tembre). L’après To­ny Par­ker est à gé­rer. Il va fal­loir trou­ver un nou­vel équilibre et qu’au­cun joueur ne cherche à le rem­pla­cer. C’est im­pos­sible de prendre sa place, d’où l’im­por­tance de dé­rou­ler un jeu col­lec­tif ri­gou­reux. Je pense que la France ira en quart de fi­nale, mais pour le po­dium, ça risque d’être dur, dur... »

Le dé­sert après TP...

« Je ne vois pas de traversée du dé­sert pour les Bleus. Les joueurs sont plu­tôt très bons. Mais de là à dé­ga­ger un lea­der comme le fut To­ny, c’est plus com­pli­qué. Tho­mas Heur­tel peu­têtre est à même d’en­dos­ser ce rôle. Il ne craint dé­gun le gar­çon ! »

Les ab­sents ont tou­jours tort

« C’est tou­jours la même chan­son. Ba­tum, Go­bert, tar­tem­pion re­fusent au­jourd’hui de ve­nir en équipe de France. Mais ça veut dire quoi ça ? C’est fran­che­ment cho­quant ! Prendre pour ex­cuse que tu viens chez les Bleus de­puis que tu es ca­det, ça ne tient pas la route. Tu te dois de rendre au bas­ket fran­çais ce qu’il t’a ap­por­té et c’est un hon­neur de por­ter ce maillot. Dans les autres pays, per­sonne ne re­fuse une sé­lec­tion. Il se­rait en­fin temps que tout ça change chez nous ! »

Quand tu ne pos­sèdes pas un gros bud­get il faut faire des mi­racles ”

Dans les autres pays, per­sonne ne re­fuse une sé­lec­tion na­tio­nale... ”

(Pho­tos P. Blan­chard, R. B. et DR)

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