Plus de concours de boules pour évi­ter les conflits

Après des échauf­fou­rées sur la place Foi­sy, les bou­listes ont sus­pen­du les concours du jeu­di soir. Cette dé­ci­sion a sus­ci­té un vaste dé­bat en marge du conseil mu­ni­ci­pal

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page -

Les bou­listes, leurs fa­milles et leurs amis, ama­teurs des soi­rées convi­viales du jeu­di soir sont dé­çus mais la dé­ci­sion a été prise : ter­mi­né les concours sur le bou­lo­drome place Foi­sy. Au moins jus­qu’à la fin du mois. Ce­ci à la de­mande du pré­sident de la so­cié­té bou­liste Gas­sin / La Croix-Val­mer, Jean-Claude Roc­chia et de son bureau. La rai­son? Des conflits avec des gens du voyage, « qua­si-sé­den­ta­ri­sés à Co­go­lin », se­lon le maire Ber­nard Jo­bert, avec pour consé­quence de vives échauf­fou­rées le 29 juin der­nier. Les in­sultes ont fu­sé et quelques coups de poings ont été échan­gés.

« Triste de vivre dans cette so­cié­té »

« Il y a des choses contre les­quelles on est désar­més, a ajou­té le maire. Ces gens sont ve­nus à une bonne di­zaine. Il y a eu des coups de poings(1). Si les gens ri­postent on sait qu’ils se­ront tout de suite une tren­taine. Donc ça de­vient une ba­taille rangée. Il faut donc faire un pas en ar­rière. C’est triste de vivre dans cette so­cié­té­là, alors que ça pour­rait être bon en­fant, avec bu­vette et grillades… » Un choix que l’élue d’op­po­si­tion Ma­rie-Fran­çoise Ca­sa­dei ne par­tage pas. « Pour­quoi cé­der de­vant ces per­tur­ba­teurs ? », s’est-elle éton­née avant de pro­po­ser de les « ver­ba­li­ser ». « Mais vous sa­vez bien que ce sont des gens qu’on ne ver­ba­lise pas !, a ré­pli­qué le pre­mier ma­gis­trat. Vous sa­vez très bien que s’ils veulent bou­cher le car­re­four de La Foux, vous ne pour­rez pas bou­ger d’un doigt pen­dant au­tant d’heures qu’ils l’au­ront dé­ci­dé, eux ! Vous pou­vez avoir le co­lo­nel de gen­dar­me­rie qui des­cend en hé­li­co­ptère et ça ne change rien ! (...) Ils font tous les concours parce qu’ils jouent très bien jouer aux boules. Et tous les jeu­dis soir, il y a de l’ar­gent à ga­gner. L’an der­nier, ça s’était bien pas­sé mais pas cette fois. Ils n’étaient pas in­té­res­sés par ce­la. Ils sont ve­nus pour, entre guille­mets, foutre la m….. » L’élue Sté­pha­nie Mé­chin a pro­po­sé que la Com­mu­nau­té de communes s’em­pare du pro­blème. « Ne pour­rait-elle pas faire une de­mande par­ti­cu­lière au­près de la Pré­fec­ture pour des me­sures de pré­ven­tion ? »

« Jus­qu’à quand va-t-on ac­cep­ter ? »

Le maire a ré­pon­du que les ren­forts de gen­dar­me­rie étaient « dé­jà bien suf­fi­sants au ni­veau de la com­mune ». Et de ré­vé­ler, au pas­sage, que l’an der­nier, « presque tous les soirs, il y a eu des ba­garres à Ca­va­laire. C’est la rai­son pour la­quelle, M. Roc­chia a dit qu’il ne vou­lait pas ex­po­ser les fa­milles à de mauvais gestes. Donc, on calme le jeu pour une se­maine ou deux et puis on va voir ». Loin de se conten­ter de cette so­lu­tion, Mme Mé­chin est re­ve­nue à la charge : « Jus­qu’à quand va-t-on ac­cep­ter de re­cu­ler face à cette vio­len­ce­là? C’est le bou­lot de l’État! Ce qui est in­ac­cep­table, rap­pe­lez-vous, c’est que la Foux a été lit­té­ra­le­ment blo­quée, en plein mois de juin. Tout le monde a été pa­ra­ly­sé ». « Et on le sa­vait qu’ils ar­ri­vaient !, a avoué le maire. On n’avait même pas l’ex­cuse d’être pris en traître. On le sa­vait. Ma­dame le maire de Gas­sin, d’un cô­té, les a em­pê­chés de ren­trer sur un ter­rain de sa com­mune, mais elle s’est fait mettre en dé­faut par le maire de Co­go­lin, qui, de l’autre cô­té, les a au­to­ri­sés à ren­trer. Ils ont en­va­hi un ter­rain pri­vé et pas seule­ment. Beau­coup d’autres. Cette an­née, on a eu 1100 ca­ra­vanes! Les autres an­nées, c’était 500-600».

Jus­tice trop lente?

ÀMme Ca­sa­dei qui s’in­ter­ro­geait sur le rôle de la jus­tice dans ce type de dos­sier, M. Ca­ran­dante, ad­joint à la sé­cu­ri­té, a poin­té du doigt la

len­teur de celle-ci. «Oui, a ré­pli­qué Mme Ca­sa­dei, mais un jeune qui n’est pas is­su de cette com­mu­nau­té et qui met le ba­zar de cette ma­nière, il est im­mé­dia­te­ment ar­rê­té. Il est pla­cé en garde à vue et c’est com­pa­ru­tion im­mé­diate le len­de­main… ». « Vous sa­vez que ce n’est pas aus­si simple que ce­la, a ré­tor­qué le maire. Si les gen­darmes en ar­rêtent deux, vous en avez cin­quante qui vont as­sié­ger la gen­dar­me­rie. Vous le sa­vez, hein ? »

S. CHAUDHARI 1. La gen­dar­me­rie a confir­mé les faits, sur­ve­nus entre un Croi­sien et une per­sonne du voyage, sur fond d’al­cool des deux cô­tés. Per­sonne n’a sou­hai­té dé­po­ser plainte.

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