Tar­difs re­mords

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente -

Comme tous les jeunes n’ayant pas encore eu le temps de se fa­bri­quer des sou­ve­nirs, Em­ma­nuel Ma­cron pra­tique vo­lon­tiers le culte de l’anniversaire loin­tain. Comme ceux de l’en­ga­ge­ment des États-Unis au cô­té de la France en  et de la rafle du Vél’ d’Hiv en . Pour cette der­nière com­mé­mo­ra­tion, la res­pon­sa­bi­li­té de l’État n’avait été re­con­nue qu’en  par Jacques Chi­rac avant que Ni­co­las Sar­ko­zy et Fran­çois Hol­lande ne s’en­gouffrent à leur tour dans la brèche. Dif­fi­cile d’avouer que, pen­dant l’oc­cu­pa­tion, les Fran­çais n’étaient pas tous des ré­sis­tants et que les oc­cu­pants n’avaient, pour une fois, au­cu­ne­ment par­ti­ci­pé à ces   ar­res­ta­tions de juifs dont une cen­taine seule­ment de­vaient échap­per à la mort. Or, ce qu’au­cun ora­teur n’a cru de­voir rap­pe­ler c’est qu’avant de de­ve­nir un lieu de pè­le­ri­nage, le Vél’ d’Hiv fut jus­qu’en  un lieu de fête. Chaque an­née s’y te­nait, entre autres, les Six Jours de Pa­ris du­rant les­quels des cham­pions cy­clistes se dis­pu­taient – sur­tout la nuit – les énormes primes of­fertes par les pri­vi­lé­giés qui for­maient le Tout-Pa­ris de l’époque et qui, entre deux danses, bu­vaient le cham­pagne sur les bords de la piste. La dé­mo­li­tion du bâ­ti­ment de­vait mettre fin à un ri­tuel mon­dain ten­dant à prou­ver que sur cer­tains épi­sodes de notre his­toire, les sou­ve­nirs et les re­mords qui vont avec ne se sont ma­ni­fes­tés que très

tar­di­ve­ment.

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