Yacht de Ber­nard Ar­nault à Saint-Tro­pez : la pré­fec­ture ma­ri­time af­firme que «l’État est dans son rôle»

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - SIMON FONTVIEILLE sfont­vieille@ni­ce­ma­tin.fr

Le mil­liar­daire Ber­nard Ar­nault, pa­tron du groupe de luxe LVMH, a-t-il bé­né­fi­cié gra­cieu­se­ment des ser­vices de l’ar­mée fran­çaise pour faire mouiller son yacht ? Sur fond de coupes claires dans les bud­gets de la Dé­fense, c’est la ques­tion qui agite les rives de la Mé­di­ter­ra­née. Dans son édi­tion du 19 juillet, Le Ca­nard En­chaî­né af­firme en ef­fet, compte ren­du à l’ap­pui, que, pous­sés par la pré­fec­ture ma­ri­time, deux mi­li­taires du groupe de plon­geurs dé­mi­neurs de Mé­di­ter­ra­née, ba­sés à Tou­lon, sont par­tis le 6 juin der­nier en mis­sion spé­ciale dans le golfe de Saint-Tro­pez. Leur but : re­pé­rer des points de mouillages sus­cep­tibles d’ac­cueillir Sym­pho­ny ,le yacht de 101,5 mètres de Ber­nard Ar­nault, pour l’été 2017. C’est que de­puis l’ar­rê­té 155/2016, pris par la pré­fec­ture ma­ri­time le 24 juin 2016, les règles de na­vi­ga­tion et de mouillage des na­vires de plus de 80 mètres avaient été mo­di­fiées.

Rai­sons de sé­cu­ri­té

Concer­nés, Ber­nard Ar­nault et son yacht se sont tou­te­fois vus ac­cor­der pen­dant un an, tou­jours par la pré­fec­ture ma­ri­time, une dé­ro­ga­tion pour pou­voir conti­nuer de mouiller dans le golfe de Saint-Tro­pez… Mais, cette dé­ro­ga­tion ter­mi­née, il a bien fal­lu trou­ver un autre en­droit pour lo­ger Sym­pho­ny . Dans une dé­pêche AFP, le vice-ami­ral Charles-Henri Leu­lier de la Fa­ve­rie du Ché, pré­fet ma­ri­time de Mé­di­ter­ra­née, af­firme que la­dite dé­ro­ga­tion avait été ac­cor­dée « pour des rai­sons de sé­cu­ri­té, suite aux at­ten­tats du 14 juillet 2016 à Nice. » Alors qu’un ex­pert ma­ri­time ci­té par le pal­mi­pède note que nor­ma­le­ment, ce sont les plon­geurs des pro­prié­taires de na­vires qui cherchent le bon point de mouillage, le vice-ami­ral du Ché as­sure que la pré­fec­ture ma­ri­time est «dans son rôle en vé­ri­fiant la com­pa­ti­bi­li­té des mouillages avec les exi­gences en termes d’environnement, et ce­la quel que soit le bâ­ti­ment concer­né. » En­fin, concer­nant la « pri­va­ti­sa­tion» ponc­tuelle des plon­geurs de la Ma­rine na­tio­nale, le pré­fet ma­ri­time af­firme que la vé­ri­fi­ca­tion des points de mouillage du yacht de M. Ar­nault n’a été ef­fec­tuée par les plon­geurs de la Ma­rine na­tio­nale qu’« à l’oc­ca­sion de mis­sions opé­ra­tion­nelles » de ces der­niers. Plu­sieurs in­ter­ro­ga­tions de­meurent tou­te­fois sans ré­ponses. Quelles étaient au juste ces fa­meuses « mis­sions opé­ra­tion­nelles » des deux plon­geurs ? «Des mis­sions de rou­tine, mais je ne peux pas vous les dé­tailler pour des rai­sons de sé­cu­ri­té », a in­di­qué à Var-ma­tin la pré­fec­ture ma­ri­time. Et pour­quoi, en juillet 2016, M. Ar­nault s’est vu ac­cor­der une dé­ro­ga­tion d’un an pour mouiller à Saint-Tro­pez, alors même que, se­lon un de ses portes pa­roles ci­tés par le Ca­nard, Sym­pho­ny dis­pose d’un em­pla­ce­ment à l’an­née à Mo­na­co ? «Sans doute par me­sure de pré­cau­tion, M. Ar­nault est quel­qu’un d’as­sez connu, dans le contexte de l’at­ten­tat de Nice, il pou­vait être une cible », avancent les ser­vices de la pré­fec­ture ma­ri­time. Mais tout va bien. Si l’on en croit l’ar­ticle du Ca­nard En­chaî­né, un banc de sable a été trou­vé pour an­crer le Sym­pho­ny. Ouf !

(Pho­to DR)

Le Sym­pho­ny est im­ma­tri­cu­lé aux îles Caï­mans.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.