Ma­ry J. Blige: « Je donne tou­jours tout, mais en re­tour je suis gâ­tée »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Recontre - FRANCK LECLERC

Une voix puis­sante et juste. Une grosse pré­sence scé­nique. Et un cha­risme qui ren­ver­se­rait les au­di­toires les plus ré­tifs au RnB. Mer­cre­di, la « reine du hip-hop soul » a conquis les fi­dèles du Nice Jazz Fes­ti­val. Une for­ma­li­té, pour­rait-on croire en se rap­pe­lant qu’elle chan­tait en 2009 au Lin­coln Me­mo­rial de Wa­shing­ton pour l’in­ves­ti­ture de Ba­rack Oba­ma. En­tou­rée alors de quelques su­per­stars dont Bruce Spring­steen, Beyon­cé, Bo­no ou Sha­ki­ra. « L’évé­ne­ment le plus mar­quant de ma car­rière et pro­ba­ble­ment de toute ma vie » , se sou­vient Ma­ry J. Blige, très fière et ho­no­rée d’avoir été « in­vi­tée à cé­lé­brer l’élec­tion du pre­mier AfroA­mé­ri­cain à la pré­si­dence des ÉtatsU­nis ». Ce qui lui a per­mis de vivre de l’in­té­rieur « un mo­ment-clé de notre d’his­toire ». Mais chaque date, dit-elle, est un mo­ment de com­mu­nion. Peut-être plus en­core avant-hier soir. «Le pu­blic était in­croyable. D’ailleurs, j’ai tou­jours eu un sou­tien ex­cep­tion­nel à Nice », nous a confié Ma­ry J. Blige quelques mi­nutes après sa sor­tie de scène. Il faut dire que la di­va ne s’était pas mé­na­gée. «Je donne tou­jours tout ce que j’ai. Mais en re­tour, je suis gâ­tée. Très lar­ge­ment ré­com­pen­sée. » On a pu s’éton­ner de l’en­tendre à plu­sieurs re­prises lan­cer quelques mes­sages aux ac­cents fé­mi­nistes. Ex­hor­ta­tion à ne pas as­su­jet­tir sa li­ber­té à quelque confort ma­té­riel que ce soit. Sur­tout, se don­ner les moyens de sa li­ber­té. Et pour les hommes, s’en te­nir à une re­la­tion àla­fois: « En amour, on n’a qu’une reine. Pas deux ni trois. » Ma­ry J. Blige, très en­ga­gée, ne lâche ja­mais l’af­faire. Faire res­pec­ter les droits des femmes, c’est son com­bat. « Ve­nant d’où je viens, j’ai tou­jours dû me mon­trer plus forte », rap­pelle l’ar­tiste qui dit s’être en­dur­cie avec le temps. Née dans le Bronx, re­pé­rée dans un ka­rao­ké de centre com­mer­cial, elle n’avait pas vrai­ment tous les atouts de son cô­té. Ré­cem­ment, ce sont ses propres dé­boires conju­gaux qui l’ont se­couée. « Tout ce que je dis et tout ce que je fais fi­nit par se re­trou­ver sur la place pu­blique. Y com­pris mon di­vorce, ce qui est hor­rible », dé­plore Ma­ry J. Blige. C’est un écho in­évi­table quand on a ven­du cin­quante mil­lions d’al­bums et re­çu la ba­ga­telle de neuf Gram­my Awards. En si­gnant au pas­sage un mé­ga­tube, Fa­mi­ly af­fair, qui a do­mi­né en 2001 tous les clas­se­ments, aux ÉtatsU­nis comme en France. Ma­ry J. Blige a-t-elle vain­cu ses vieux dé­mons ? « Ce que je dis ne vaut que pour moi : je fais tou­jours très at­ten­tion aux consé­quences de mes actes car je sais que des mil­lions de gens me re­gardent. Et par­mi eux beau­coup d’en­fants. » Mais elle veut aus­si le sou­li­gner: « Je suis juste un être hu­main. Une femme qui mène sa vie du mieux qu’elle peut. Je ne pré­tends pas être quel­qu’un d’ir­ré­pro­chable. » Les pro­grès sont in­dé­niables. Exit les ca­prices et les ex­cès. Oprah Win­frey s’en fé­li­ci­tait dé­jà il y a dix ans, ex­pli­quant que « la pire des bad girls » était de­ve­nue « le meilleur des exemples ». Sur scène, c’est même une évi­dence.

(Pho­to Franck Fer­nandes)

« J’ai tou­jours re­çu à Nice un sou­tien ex­cep­tion­nel de la part du pu­blic. »

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