Les fa­milles s’ac­crochent

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente - Le billet de Phi­lippe Bou­vard

Si la Ré­pu­blique est tou­jours en Marche, la mo­ra­li­sa­tion de la vie pu­blique pié­tine. C’est d’abord la faute du mal­en­con­treux choix d’un grand mo­ra­li­sa­teur pas très mo­ral et de ses amis qui fai­saient vi­vo­ter leur pe­tit par­ti avec l’ar­gent des contri­buables. Ce sont en­suite les sé­na­teurs qui sou­haitent conti­nuer à pou­voir tra­vailler en fa­mille alors que le chef de l’État n’a pas craint de don­ner l’exemple en ou­bliant vo­lon­tai­re­ment d’ac­cor­der à son épouse, comme pro­mis, le sta­tut of­fi­ciel de Pre­mière dame. Ce sont en­fin des cen­taines d’ex-at­ta­chés par­le­men­taires qui ne se ré­signent pas à de­voir pas­ser des As­sem­blées à Pôle Emploi sous pré­texte que dans leurs veines coule un sang iden­tique à ce­lui de leur pa­tron. Les uns et les autres font va­loir que la fa­mille de­meure la cel­lule élé­men­taire de notre so­cié­té et que sans le né­po­tisme, qua­rante rois n’au­raient pas fait la France. Est-ce que, pour lut­ter contre le fa­vo­ri­tisme, il faut prendre le risque d’ins­ti­tuer lé­ga­le­ment une dis­cri­mi­na­tion sup­plé­men­taire en lais­sant sur le bord de la route les beaux-frères, les gendres et les cou­sins qui se pré­las­saient sur les stra­pon­tins des li­mou­sines de fonc­tions ? Et sa­chant qu’à l’ave­nir les pa­rents de po­li­ti­cien de­vront cé­der la place aux ap­pa­ren­tés des par­tis dont cer­tains changent de fa­milles à chaque scru­tin.

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