Le rap pour prendre la tem­pé­ra­ture de la jeu­nesse

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Rencontre -

Ils le pro­cla­maient dès le dé­but : ce n’est pas le rap qui est violent, mais le monde qu’il dé­crit. « C’est tou­jours vrai. Cette mu­sique est le re­flet de ce que crée la so­cié­té », dit Shu­rik’n. Akhe­na­ton abonde : « Il suf­fit de voir la dif­fé­rence entre le rap très agres­sif de Chi­ca­go et ce­lui, beau­coup plus tran­quille, de New York. Au lieu de tour­ner le dos à cette mu­sique, les pou­voirs pu­blics de­vraient s’en ser­vir comme d’un ther­mo­mètre. Pour prendre la tem­pé­ra­ture de la jeu­nesse.» Ils ob­servent tou­te­fois qu’au­jourd’hui, 80 % du rap est com­mer­cial. « Ce n’est pas

une in­sulte. Quand on a com­men­cé, il de­vait y avoir dix groupes d’afi­cio­na­dos, de pu­ristes. Quand le rap de­vient la mu­sique de la ma­jo­ri­té, for­cé­ment ap­pa­raissent des gens qui cal­culent et qui mar­ketent pour la masse. Mais le rap a conser­vé un pied dans l’al­ter­na­tif et l’un­der­ground. » Leur hé­ri­tage ? « So­pra­no est l’en­fant d’une struc­ture que l’on a mise en place et dont il a bé­né­fi­cié. Après, son ta­lent, il ne le doit qu’à lui-même. De la même fa­çon, peut-être que Jul est in­di­rec­te­ment l’en­fant de la gé­né­ra­tion née de nos pro­duc­tions. Quand il rappe – pas quand il chante – cer­tains as­pects me font pen­ser à Alon­zo. Pour sai­sir le rap, il faut com­prendre la place qu’oc­cupe la trans­mis­sion. »

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