« J’ai dé­ci­dé de dé­ci­der moi-même de mon dé­part »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L’interview -

S’il ré­pond d’un « j’ai 83 ans et je t’em­merde » plein de ten­dresse à qui­conque lui rap­pelle son âge, Guy Be­dos sait qu’il est « dans les an­nées courtes » et a tou­ché le pu­blic ve­nu dis­cu­ter avec lui au fes­ti­val des « En­tre­tiens de l’été » à La Garde en évo­quant sa fin. « Je ne vais pas m’at­tar­der pen­dant vingt ans. Il faut vous ha­bi­tuer à ce que je dis­pa­raisse et peut-être même vo­lon­tai­re­ment ! J’ap­par­tiens à l’as­so­cia­tion Le droit de mou­rir dans la di­gni­té et je mour­rai dans la di­gni­té. Je n’at­ten­drai pas d’être gâ­teux, d’être une charge pour tout mon en­tou­rage. J’ai dé­ci­dé de dé­ci­der moi-même de mon dé­part. » Avec émo­tion, il as­sure pen­ser d’abord à sa fa­mille, mais aus­si à ses amis. « J’ai tou­jours beau­coup de mal à sup­por­ter le fait d’avoir beau­coup trop de morts dans ma vie. Il m’ar­rive d’avoir peur pour mes amis .» Sa prin­ci­pale crainte concerne Jean Paul Bel­mon­do : « C’est le meilleur ami d’une vie. Nous sommes très dif­fé­rents. Nous n’avons pas les mêmes idées. Je ne sais pas s’il a des idées d’ailleurs ! On en a ja­mais par­lé, mais je l’aime beau­coup et j’ai très peur pour lui. Il m’ar­rive d’être ja­loux de ceux qui meurent avant moi. J’ai­me­rais qu’on m’ac­com­pagne moi aus­si. Alors, c’est peut-être la der­nière fois que vous me voyez ».

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