« La beau­té des dif­fé­rences »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - I'été - LAU­RENCE LUCCHESI lluc­che­si@ni­ce­ma­tin.fr

Sou­rire ra­va­geur et pré­sence scé­nique in­dé­niable, Amir a en­core fait fondre le pu­blic azu­réen lors de son show­case du 2 juillet der­nier, au centre com­mer­cial Ni­ce­toile, en amont du­quel il s’était prê­té, sur scène, aux ques­tions des au­di­teurs de la ra­dio NRJ. En tour­née pour pro­mou­voir son al­bum Au coeur de moi, ce jeune au­teur-com­po­si­teur et in­ter­prète fran­co-is­raé­lien de 33 ans pour­suit sa belle épo­pée mu­si­cale. Après La Garde sur la place de la République, de­main, lun­di 24 juillet, Sain­teMaxime au Théâtre de la Mer le 27 juillet, Beau­lieu-sur-Mer le 28 juillet (dans le cadre du fes­ti­val Les Nuits gui­tares), le chan­teur pas­se­ra éga­le­ment par Aix-en-Pro­vence le 2 oc­tobre, à Sa­na­ry-sur-Mer au Théâtre Gal­li le 14 oc­tobre, et à la Pa­lestre au Can­net, le 15 oc­tobre. Il nous a ra­con­té son rêve éveillé : « Nous en sommes dé­jà à plus de cent dates, alors que nous étions par­tis sur vingt-cinq au dé­but de la tour­née. C’est le plus grand ca­deau que l’on peut re­ce­voir en tant qu’ar­tiste. Voir qua­dru­pler le nombre de dates, af­fluer des gens qui re­prennent mes chan­sons, me pro­duire à Poi­tiers de­vant 17 000 per­sonnes, faire un duo avec Pa­trick Bruel au Pa­lais des Sports, ce sont des choses qui mettent des étoiles plein les yeux. On était par­tis pour un pe­tit voyage, dé­sor­mais énorme, rem­pli de belles ex­pé­riences. En par­ti­cu­lier, ce rap­pro­che­ment avec le pu­blic qu’on avait cô­toyé jusque-là à dis­tance via les ra­dios, les té­lés... « Si je n’étais pas ve­nu com­men­ter l’Eu­ro­vi­sion 2017, j’au­rais sû­re­ment re­gar­dé ce pro­gramme de toute fa­çon. D’abord parce qu’Al­ma est une ar­tiste que je connais et que j’aime, et parce que je le re­garde de­puis tou­jours. Lors­qu’on m’a pro­po­sé d’être com­men­ta­teur cette an­née, j’ai d’abord été ra­vi de re­trou­ver cet uni­vers qui m’avait man­qué, et qui m’a per­mis de res­sen­tir des vi­bra­tions ex­cep­tion­nelles. C’est le ren­dez-vous de toutes les na­tions par ex­cel­lence, où tout le monde se cô­toie sans au­cune

ten­sion ni ani­mo­si­té, on se sou­tient même, c’est très bon Su­bi­te­ment, j’ai pu leur ser­rer la main, les re­mer­cier, les re­gar­der dans les yeux. C’est mer­veilleux. »

Ha­bi­tué de la Côte d’Azur

Pour Amir, ve­nir en terre azu­réenne c’est re­trou­ver des sou­ve­nirs d’en­fance : « C’est là que je ve­nais tous les ans avec ma fa­mille, on se ba­la­dait entre Cannes, Juan-les­pins, Saint-Tro­pez, Nice, Monaco, et on al­lait par­fois jus­qu’à Vin­ti­mille ou San Re­mo. Et il y a une va­leur ajou­tée très ré­cente, de­puis les der­niers NRJ Mu­sic Awards où j’ai vé­cu une soi­rée de consé­cra­tion phé­no­mé­nale. C’est une ré­gion où je me suis dé­jà pro­duit plu­sieurs fois en concert, j’ai l’im­pres­sion d’avoir un pu­blic fi­dèle ici. Et c’est l’en­droit qui me rap­pelle le plus le mé­lange entre en­fant. C’est exac­te­ment l’es­prit dans le­quel m’ont édu­qué mes pa­rents,Tu­ni­sien et Ma­ro­cain: la beau­té des dif­fé­rences, qui peut nous rendre plus in­té­res­sants les uns aux yeux des autres. Et j’ai été très flat­té que l’on me donne une telle lé­gi­ti­mi­té aux yeux des Fran­çais, au-delà de ma per­for­mance de l’an­née pré­cé­dente. Nous y avons vrai­ment fait un énorme travail d’équipe pour ten­ter de ré­con­ci­lier le pu­blic hexa­go­nal avec ce concours.Ve­nir com­men­ter était donc pour moi une sorte de pas­se­relle pour am­pli­fier ce travail de ré­con­ci­lia­tion. » Pa­ris et Tel Aviv ». Mais à quoi car­bure-t-il ? « À l’amour du pu­blic, même si ça fait très cli­ché. Quand j’ai un pe­tit coup de fa­tigue, il me suf­fit de pen­ser à la veille ou au len­de­main et ça m’in­suffle une force im­mense. Il faut ad­mettre que nous, ar­tistes, en tout cas pour ce qui me concerne, avons un énorme be­soin d’amour. C’est comme si on met­tait de l’es­sence dans un mo­teur. C’est pour ce­la que je garde le sou­rire mal­gré un plan­ning sur­char­gé. » Au­cun re­gret, donc, quant au fait de ne pas avoir pour­sui­vi ses études de den­tiste ? « À par­tir du mo­ment où le di­plôme est dans la poche, on n’a plus rien à craindre. La vie m’a fait un ca­deau, elle m’a per­mis de trans­for­mer ma pas­sion en pro­fes­sion, et en même temps d’avoir un mé­tier sûr, ce­lui de den­tiste, au cas où ça ne marche pas. Ça m’a énor­mé­ment ser­vi au ni­veau de la prise de risques pour abor­der ce mé­tier de chan­teur. J’ai pu me per­mettre de faire une chose un peu folle comme l’Eu­ro­vi­sion sans avoir le cou­teau sous la gorge comme quel­qu’un qui mise tout sur la musique. Et de vivre ma pas­sion à fond... »

e (Photo Franck Fer­nandes)

Ré­vé­lé par The Voice, ar­ri­vé au concours de l’Eu­ro­vi­sion , Amir a re­çu la dis­tinc­tion du meilleur ar­tiste fran­çais aux MTV Eu­rope Mu­sic Awards ain­si que les titres de ré­vé­la­tion fran­co­phone et de meilleure chan­son fran­co­phone aux NRJ Mu­sic Awards. Il vient de s’of­frir une col­la­bo­ra­tion avec le groupe amér­ciain One Re­pu­blic, et de sor­tir en ligne son single No Va­can­cy.

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