Une étu­diante pri­vée de prêt

Saint-Tro­pez Dé­ten­trice du bac à 16 ans, une brillante élève de la ci­té voit son ins­crip­tion à l’EDHEC est com­pro­mise en rai­son du re­fus des banques d’ac­cor­der un prêt étu­diant à une mi­neure

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - CHRISTIANE GEORGES cgeorges@ni­ce­ma­tin.fr

J’ai le droit de conduire une voi­ture ac­com­pa­gnée, mais je n’ai pas droit à un prêt ». C’est le constat amer de Léa 16 ans, pro­mise à une brillante car­rière, mais dont l’élan est frei­né en rai­son d’un prêt qu’on lui re­fuse pour payer ses études de com­merce. Alors qu’elle vient d’ob­te­nir son bac S avec men­tion bien au ly­cée in­ter­na­tio­nal de Val­bonne, son en­trée à l’EDHEC est com­pro­mise en rai­son... de son jeune âge ! «Les études dans cette grande école de com­merce coûtent 35 200 pour quatre ans. Nous avons donc ten­té de contrac­ter un prêt étu­diant au­près des banques et nous en sommes au qua­trième re­fus » dé­plore sa mère My­riam Fau­vel, pré­si­dente de l’as­so­cia­tion des pa­rents d’élèves du GAPE.

Le pa­ra­doxe du prêt étu­diant

La rai­son de ce re­fus? Les banques n’ac­cordent pas de prêt aux mi­neures. « C’est un pa­ra­doxe » pour­suit My­riam Fau­vel « car on parle bien là d’un prêt étu­diant. Je ne vois pas ce que l’âge fait dans l’his­toire. Elle a prou­vé sa ma­tu­ri­té en se his­sant, à 16 ans, aux portes de l’EDHEC ». Si cer­taines agences se sont conten­tées d’un non la­co­nique, rap­pe­lant que « c’est la loi », d’autres ont pro­po­sé un prêt à la consom­ma­tion. « Mais les condi­tions sont bien moins in­té­res­santes. Un prêt étu­diant c’est un taux à 1 %, voire moins et il est rem­bour­sable à la fin des études. Un prêt à la consom­ma­tion coûte plus cher et est rem­bour­sable seule­ment un an après. Avec le paie­ment d’un logement pour Léa près de son école, c’est in­en­vi­sa­geable pour nous ». Et pour­tant... Léa a tou­jours été une étu­diante mo­dèle. « Son par­cours est éton­nant » confie sa ma­man en toute mo­des­tie : « C’est in­croyable : sur ses bul­le­tins sco­laires, les pro­fes­seurs la re­mer­cient pour son at­ti­tude et son en­thou­siasme. Elle n’a que des fé­li­ci­ta­tions. Son dos­sier est tel­le­ment brillant qu’il a suf­fi pour son ad­mis­sion à l’EDHEC. Elle n’a même pas eu be­soin de pas­ser par le concours ». Ses amies et ca­ma­rades d’école de­puis la pe­tite en­fance confirment : « Elle a tou­jours été très forte. En ma­thé­ma­tiques, elle avait tou­jours fi­ni avant tout le monde et nous prê­tait as­sis­tance pour nous ai­der à ter­mi­ner nos exer­cices. C’est moi qui ai sug­gé­ré qu’elle de­vait sau­ter une classe » ra­conte fiè­re­ment Ma­rie.

Une loi à re­voir

La pres­ti­gieuse école de com­merce de Nice l’a tout de suite com­pris et a même oc­troyé une bourse au mé­rite de 3 700 € à Léa. « Une somme qui fait bais­ser notre de­mande de crédit d’au­tant, mais ne ré­sout pas notre pro­blème ». Si la mère et la fille continuent leurs dé­marches et es­pèrent trou­ver une so­lu­tion, elles es­timent cette si­tua­tion par­ti­cu­liè­re­ment in­juste. « Nous ne cher­chons ni l’api­toie­ment, ni la com­pas­sion. Nous te­nons juste à faire connaître le pa­ra­doxe d’un sys­tème ». En at­ten­dant, My­riam Fau­vel et son as­so­cia­tion de pa­rents d’élèves comptent en­voyer une lettre au Mi­nis­tère de l’édu­ca­tion et à la dé­pu­té Se­reine Mau­borgne : « Il se­rait temps de chan­ger la loi ».

(Pho­tos DR et C.G.)

Léa et sa ma­man My­riam Fau­vel, lors de la re­mise des di­plômes au ly­cée in­ter­na­tio­nal de Val­bonne.

Ma­rie, Faus­tine, l’ins­ti­tu­trice Ge­ne­viève et My­riam au­tour de Léa.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.