Bri­gitte Fos­sey: « J’ai l’im­pres­sion d’être res­tée ado, au fond… »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Rencontre - ALEXANDRE CARINI

Elle n’avait que cinq ans lors­qu’elle a fou­lé pour la pre­mière fois le ta­pis rouge de Cannes, pour les Jeux In­ter­dits de Re­né Clé­ment. Film cultis­sime. Et la nais­sance ir­ré­vo­cable d’une vo­ca­tion, contre l’avis même des pa­rents. De­puis, Bri­gitte Fos­sey n’a ja­mais bou­dé son plai­sir à re­ve­nir chaque an­née en mai sou­rire sur la Croi­sette. Bri­gitte fos­settes ! Pour le Fes­ti­val Notes et Plumes, la voi­là qui do­mine la baie, de­puis le som­met du Su­quet. Cette fois, il ne s’agit pas de po­ser sur un pon­ton avec William Hol­den, ni de dî­ner dans un pa­lace en com­pa­gnie de Ro­bert Alt­man. Mais d’in­car­ner George Sand à tra­vers sa cor­res­pon­dance avec son ami Flau­bert (Alain Car­ré), lors d’une soi­rée hom­mage à Cho­pin. Boum ou pas, la mu­sique fait écho à Bri­gitte, même si elle re­con­naît ne pas être aus­si vir­tuose au pia­no que lors­qu’il s’agit de dé­cla­mer des mots. « J’ai pra­ti­qué l’ins­tru­ment pen­dant dix ans avec une prof ex­tra­or­di­naire mais j’étais très mau­vaise élève. J’ai néan­moins ap­pris à la com­prendre, j’ai vu quelques-uns des plus grands concerts, et tous ces rythmes ont consti­tué la meilleure école pour le théâtre, sou­ligne-t-elle, avec l’élé­gance soi­gnée d’une concer­tiste clas­sique. La mu­sique, je ne peux pas m’en pas­ser. Sans elle, la vie ne se­rait pas ce qu’elle est. La mu­sique épouse nos joies, dis­sout un peu nos peines, et ai­guise notre mé­moire… ». Mu­si­ciens comme co­mé­diens savent faire vi­brer nos cordes sen­sibles. Les uns com­posent, les autres font une com­po­si­tion. Pour George Sand néan­moins, Bri­gitte n’a pas eu à contra­rier sa na­ture pro­fonde. « Comme elle, je suis fi­dèle en ami­tié. Dans son sa­lon, elle re­ce­vait aus­si bien Flau­bert et Cho­pin, que le pe­tit pay­san avec le­quel elle mon­tait à che­val ja­dis, rap­porte l’ac­trice, que le ve­det­ta­riat n’a pas en­gluée dans le star-sys­tem. On sent qu’elle ne met­tait pas de fron­tières entre les âmes et sa­vait por­ter la voix du peuple, même à la table de l’em­pe­reur, Moi, c’est pa­reil. Dans mes ori­gines fa­mi­liales, il y a des nobles, des bour­geois mais aus­si des mar­chands de char­bon ». Et le cô­té « gar­çon man­qué » ? « Oui, j’en ai un, mais je le cache bien !, ri­gole celle dont le style et la sil­houette ne sont ja­mais sa­cri­fiés sur l’au­tel des an­nées. (Sur­tout à l’heure de prendre la pose photo !) Quand il faut me battre, je me bats comme un homme. Je peux conduire ma ba­gnole à toute ber­zingue par­fois, parce que pour sau­ver les meubles, il faut être ka­mi­kaze. Quand je suis pas­sion­née, je fonce ! ». Edouard Mo­li­na­ro, Mi­chel De­ville, Ber­trand Blier, Claude Le­louch, Be­noit Jac­quot, Jean-Charles Ta­chel­la, Claude Sau­tet, Fran­çois Truf­faut, Ro­bert Alt­man… au­tant de réa­li­sa­teurs que cette femme de ca­rac­tère a su convaincre et sé­duire, pour s’im­po­ser dans ce mi­lieu où la consé­cra­tion se nomme Cé­sar (et non Ro­sa­lie). Le temps qui passe ? « Ah… Tout à coup, on s’en fout de ce qu’on pour­rait pen­ser de nous et on sert fiè­re­ment un au­teur. J’ai ac­quis la li­ber­té de faire ce que j’aime. Au fond, je suis res­tée une ado. » In­ter­dit ou pas, la co­mé­die est son ter­rain de jeu. À l’in­fi­ni… Bri­gitte Fos­sey se­ra le sa­me­di 29 à 21 heures à Saint-Laurent-du-Var dans le cadre du fes­ti­val des Mots. Rens. https://soi­rees-es­ti­vales.de­par­te­ment06.fr

(Photo Pa­trice La­poi­rie)

De­puis le Mu­sée de la Castre où elle s’est pro­duite pour le fes­ti­val Notes et Plumes, Bri­gitte Fos­sey a re­dé­cou­vert un peu Cannes, dont elle est pour­tant une ha­bi­tuée. Le  juillet, elle li­ra Tendre est la nuit de Scott Fitz­ge­rald à Saint-Lau­rent­du-Var pour le Fes­ti­val des Mots.

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