Ro­land Bru­no, un maire dans la dou­leur

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Spécial Incendies -

« Si on m’avait de­man­dé de tra­cer sur une carte le pé­ri­mètre du tré­sor en­vi­ron­ne­men­tal de la com­mune, je crois que j’au­rais des­si­né exac­te­ment la zone qui

vient d’être brû­lée. » C’est par ces mots que le maire de Ra­ma­tuelle, Ro­land Bru­no, les yeux rou­gis, nous a sa­lués hier ma­tin très tôt, pour bien faire prendre conscience de l’am­pleur des dé­gâts. On l’avait ra­re­ment vu aus­si dé­pi­té, pour ain­si dire as­som­mé par cet in­cen­die si cruel qui a dé­vas­té le joyau de sa com­mune, au coeur du coeur du clas­se­ment des trois caps. De­puis la veille au soir, il n’avait ces­sé de par­cou­rir les abords des zones en flammes, sou­te­nant les pom­piers, les équipes du CCFF, ré­con­for­tant les éva­cués et par­ti­ci­pant ac­ti­ve­ment à la cel­lule de com­man­de­ment mise en place de­vant la cave co­opé­ra­tive du vil­lage. Ha­bi­tué à faire tou­jours bonne fi­gure, dans toutes les si­tua­tions, il avait cette fois bien du mal à ca­cher son mal-être, son im­mense tris­tesse l’en­va­his­sant de l’in­té­rieur. C’est le re­gard vide et les yeux em­bués qu’il a tra­ver­sé cette longue épreuve, digne, ré­pon­dant à toutes les sol­li­ci­ta­tions, mais ra­geant - c’est sûr - d’être im­puis­sant contre le vent et le feu.

« Des an­nées et beau­coup de vo­lon­té»

Hier ma­tin, pui­sant dans ses ré­serves, il est mon­té au cré­neau à la réunion opé­ra­tion­nelle avec le pré­fet, pour plai­der avec force pour la ve­nue des Ca­na­dair qui in­croya­ble­ment n’étaient plus pré­vus, alors que le feu de La Tour­raque re­par­tait et me­na­çait de ga­gner la crête qui lui au­rait ou­vert la voie du vil­lage et des Mou­lins de Paillas. La pré­si­dente du SDIS, Fran­çoise Du­mont, a plai­dé aus­si et, après ordre et contre-ordre du pré­fet, les Ca­na­dair ont été fi­na­le­ment re­pro­gram­més pour, en fin de ma­ti­née, mettre un coup d’ar­rêt à la pro­gres­sion des flammes. Une in­ter­ven­tion dé­ter­mi­nante donc, et un sou­la­ge­ment, mais pas suf­fi­sants pour al­lé­ger le cha­grin de Ro­land Bru­no hier. Le maire sa­vait bien qu’il fau­dra des an­nées et beau­coup de vo­lon­té pour que son joyau vert se re­flète à nou­veau dans les eaux tur­quoises de l’Es­ca­let et du Cap Taillat.

(Pho­to C.G.)

Ve­nus sou­te­nir les ré­fu­giés lun­di soir, Ro­land Bru­no ac­cuse le coup.

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