Sur le sen­tier de l’Es­ca­let, du rêve à la si­dé­ra­tion

C’est un spec­tacle lu­naire qu’offre dé­sor­mais le sen­tier du lit­to­ral sur sa por­tion Es­ca­let Cap Taillat. Des col­lines noires, dé­vas­tées par les flammes, où l’on sent en­core la fu­mée

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Spécial Incendies - ALEXANDRE DE MOUSSAC

Rien à dire, à part que c’est à pleu­rer. C’est un vrai pa­ra­dis sur terre qui est de­ve­nu si­nistre », lancent An­nie et Fré­dé­ric ,eux qui viennent de­puis 35 ans pas­ser leur été à l’Es­ca­let et aux « Trois Caps ». Un triste constat dans ces col­lines ra­va­gées par les flammes. Spec­tacle apo­ca­lyp­tique, presque lu­naire, qui laisse sans voix. « On se croi­rait au pied d’un vol­can après une érup­tion» dit

Mar­co, tou­riste ita­lien qui vient chaque jour faire la marche du lit­to­ral. Mé­du­sé par une vue qu’il n’avait pas l’ha­bi­tude d’ad­mi­rer, il s’ar­rête, et a du mal à ca­cher son émo­tion. Le plus sai­sis­sant, c’est cer­tai­ne­ment ce contraste avec la mer tur­quoise, dans la­quelle les bai­gneurs eux n’hé­sitent pas à plon­ger, pour conti­nuer à pro­fi­ter de leurs va­cances mal­gré tout. Le long de la marche, le sen­tier de­vient de plus en plus noir. Les fils de fer qui dé­li­mitent la zone ont cé­dé, tout comme les marches en bois. Il faut main­te­nant se frayer un pas­sage par en­droits. Quelques mé­gots en­core par terre, la le­çon n’a vi­si­ble­ment pas été com­prise. Et puis des bou­teilles en verre, en pa­gaille, pro­ba­ble­ment en­fouies de­puis des an­nées sous le sol de cet es­pace na­tu­rel et pro­té­gé.

Une lueur d’es­poir

Mais heu­reu­se­ment, tout n’a pas été ra­va­gé. Le peu de ver­dure qu’il reste ré­siste aux der­nières fu­mées qui per­sistent sur le sen­tier et que cer­tains n’hé­sitent pas à éteindre d’un coup de pied. Plus loin, vers Le Cap Taillat, la mai­son des Douanes, res­tau­rée il y a quelques an­nées, a sur­vé­cu. Un spec­tacle presque mi­ra­cu­leux tant les col­lines avoi­si­nantes sont re­peintes d’une couche noire et épaisse. En te­nue de sport, les écou­teurs dans les oreilles, Hé­lène ne peut s’empêcher de prendre ce pay­sage en pho­to. « Je trouve ça hor­rible et ma­gni­fique à la fois. Une sorte de ca­tas­trophe épique. Les pom­piers ont été très pro­fes­sion­nels, il faut le sou­li­gner. Moi, je continuerai à faire ma marche quo­ti­dienne, il faut que les gens conti­nuent à ve­nir ici. »

Vite ou­blier...

En­fin, ar­ri­vé vers la plage de la Briande, c’est la conster­na­tion. L’air de­vient de plus en plus ir­res­pi­rable, ça sent fort. Ce qui était en­core une mer­veille pour les yeux il y a quelques jours s’est trans­for­mé en pay­sage lu­gubre, d’un noir qui donne la chair de poule. Alors com­bien de temps pour re­trou­ver cet en­droit si par­ti­cu­lier ? Un an, deux ans, peut-être plus... « Ça se re­fe­ra, comme avant, vous ver rez ! », lâche Fré­dé­ric avant de conti­nuer sa route. Vi­ve­ment que la na­ture re­prenne ses droits, pour que cette vi­sion d’hor­reur de­vienne un loin­tain sou­ve­nir.

Le sen­tier du lit­to­ral : c’est dé­sor­mais un che­min de croix pour les amou­reux de ce site

L’eau tur­quoise ne masque pas la dé­so­la­tion du site.

Des ves­tiges ont res­sur­gi de la terre.

C’était l’un des points de vue pri

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