Plein pot sur la dé­pol­lu­tion Est-Var

De pas­sage à Fré­jus et Saint-Ra­phaël, le dé­lé­gué gé­né­ral de l’as­so­cia­tion « 40 mil­lions d’au­to­mo­bi­listes » vante les mé­rites d’un sys­tème an­ti-pol­lu­tion : le dé­ca­la­mi­nage

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Maures - Estérel - CA­RINE BEKKACHE cbek­kache@ni­ce­ma­tin.fr

C’est tou­jours la même chose… Lorsque je dis que la qua­li­té de l’air n’a ja­mais ces­sé de s’amé­lio­rer en France de­puis 1990 ou en­core que les pol­lu­tions ont été di­vi­sées par deux en dix ans, j’ai droit à des yeux ronds et l’on me prend gé­né­ra­le­ment pour un im­bé­cile. Sauf que je n’in­vente rien, et que ces conclu­sions ont été éta­blies dans un rap­port du mi­nis­tère de l’Éco­lo­gie. »

(1) As­sis à la ter­rasse d’un ca­fé fré­ju­sien, si­ro­tant une bois­son ra­fraî­chis­sante, Pierre Chas­se­ray sou­pire, puis re­prend: « Au­jourd’hui, l’au­to­mo­bile est de­ve­nue le diable. Ce­la en par­tie à cause de la pa­role po­li­tique, et no­tam­ment celle du par­ti Eu­rope Éco­lo­gie Les Verts qui en fait une vé­ri­table cible. Pour­quoi? Parce que c’est «po­li­ti­que­ment sym­pa » et qu’ils ont cru que ça pour­rait leur rap­por­ter des voix.» Pas un peu « trash » le dé­lé­gué gé­né­ral de « 40 mil­lions d’au­to­mo­bi­listes » sur ce coup-là ?

«Li­mi­ter la cir­cu­la­tion est une fausse so­lu­tion »

Peu im­porte, l’homme pour­suit de plus belle : « Tous ces es­crocs de la po­li­tique disent n’im­porte quoi et nous as­si­mi­lons hé­las leurs pa­roles… Ré­sul­tat: les dis­cours dif­fé­rents de­viennent in­au­dibles. » Et ça, Pierre Chas­se­ray ne pou­vait s’y ré­soudre. « Au-de­là de la sé­cu­ri­té rou­tière, nous avons donc dé­ci­dé de nous concen­trer cette an­née sur la thé­ma­tique en­vi­ron­ne­men­tale. » Com­ment ? «En réa­li­sant un tour de France, de Pa­ris à Nice, en pas­sant par Fré­jus, Bor­deaux, Tou­louse et bien d’autres, avec un unique ob­jec­tif dans nos ba­gages: prou­ver que la res­tric­tion de la cir­cu­la­tion, bien sou­vent seule piste avan­cée pour ré­duire les pol­lu­tions, est en réa­li­té une fausse so­lu­tion. Après tout, quand on a dé­cou­vert la no­ci­vi­té des té­lé­phones por­tables en rai­son de leur conte­nance en mer­cure, le nombre d’ap­pa­reils en cir­cu­la­tion n’a pas été di­vi­sé. Les ma­chines ont plu­tôt été amé­lio­rées. » Dans ce cas, quelle est l’as­tuce que pro­pose « 40 mil­lions d’au­to­mo­bi­listes » ? « Un dé­ca­la­mi­nage ! Je vous laisse ima­gi­ner la tête que j’ai ti­rée quand j’ai en­ten­du ce mot pour la pre­mière fois. C’était dans la bouche de Sé­bas­tien Le Pol­lès, pré­sident de la so­cié­té FlexFuel Energy De­ve­lop­ment, créa­trice de ce sys­tème per­met­tant de net­toyer les mo­teurs en­cras­sés par l’in­jec­tion de gaz. Une so­lu­tion pra­tique – sa­chant que 60% des pannes sont ac­tuel­le­ment dues à l’en­cras­se­ment –, conçue il y a trois ans, et jusque-là uti­li­sée par l’ar­mée, la SNCF mais aus­si les grandes en­tre­prises de cha­lu­tiers, avant sa com­mer­cia­li­sa­tion au grand pu­blic. » In­ter­pel­lé, Pierre Chas­se­ray l’est en­core da­van­tage par les chiffres qui lui sont an­non­cés…

Tes­té et ap­prou­vé

« 40 à 50% d’émis­sions pol­luantes en moins et une baisse de la consom­ma­tion du vé­hi­cule de 10 à 12%. Quand j’ai en­ten­du ce­la, en tant que re­pré­sen­tant de la seule as­so­cia­tion d’au­to­mo­bi­listes d’in­té­rêt gé­né­ral fran­çaise, j’ai su qu’il fal­lait que je teste la vé­ra­ci­té de ces in­for­ma­tions. Ce que nous avons fait quelques se­maines plus tard. Et les ré­sul­tats se sont avé­rés concluants… » À tel point que, dé­sor­mais convain­cu, le dé­lé­gué gé­né­ral en­tend au­jourd’hui « prê­cher la bonne pa­role » à tra­vers l’Hexa­gone, dé­mar­chant les mai­ries où il fait ac­tuel­le­ment étape… «À Fré­jus et Saint-Ra­phaël, aus­si, nous avons donc dé­po­sé nos dos­siers dans les mai­ries pour ex­pli­quer notre dé­marche et, sur­tout, l’in­té­rêt à long terme d’un tel pro­ces­sus pour la qua­li­té de l’air. Car si tout le monde l’uti­li­sait, la pol­lu­tion au­to­mo­bile pour­rait di­mi­nuer de moi­tié et je se­rais le dé­lé­gué gé­né­ral d’as­so­cia­tion le plus heu­reux, qui pour­rait même avoir un ha­mac dans son bu­reau ! », plaisante le jeune homme. Plus sé­rieu­se­ment, « une pré­si­dente de ré­gion, dont on ne ci­te­ra pas en­core le nom, a dé­jà ac­cep­té l’ex­pé­rience, qui de­vrait dé­mar­rer d’ici oc­tobre et concer­ner le ré­seau des trans­ports en com­mun. Et pour les com­munes qui se­raient éga­le­ment ten­tées, nous pro­po­sons de nous rendre sur place du­rant deux jours et de dé­ca­la­mi­ner, gra­tui­te­ment, les vé­hi­cules mu­ni­ci­paux mais aus­si ceux de toutes les per­sonnes qui sou­hai­te­raient tes­ter cette mé­thode », pour la­quelle « 40 mil­lions d’au­to­mo­bi­listes » en­tend plus que ja­mais s’in­ves­tir… sans comp­ter les ki­lo­mètres ! 1. Bi­lan en ligne http://www.sta­tis­tiques.de­ve­lop­pe­ment­du­rable.gouv.fr/pu­bli­ca­tions/p/2587/1097/bi­lan­qua­lite-lair-france-2015.html sur

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