Ho­no­rine,  ans : « Je ne peux être qu’heu­reuse » Saint-Maxi­min

La doyenne des Fran­çais, de­puis sep­tembre 2016, Ho­no­rine Ron­del­lo fête au­jourd’hui ses 114 ans à l’Eh­pad Aux Trois tilleuls. Ren­contre avec la su­per­cen­te­naire

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var -

Ses yeux pé­tillent. Son sou­rire est ac­cro­ché à ses lèvres. Ho­no­rine Ron­del­lo prend tou­jours la vie du bon cô­té. Une des rares choses qui l’agace, c’est de ne plus très bien en­tendre. Pour le reste, elle ne se plaint pas. Au grand ja­mais. La doyenne des Fran­çais n’a même, de­puis peu, plus be­soin de lu­nettes pour voir de loin. Et beau­coup ai­me­raient, sans doute comme elle, souf­fler au­jourd’hui, à l’Eh­pad Aux Trois tilleuls,

(1) 114 bou­gies sur son gâ­teau d’an­ni­ver­saire. Avec la mo­des­tie qui la ca­rac­té­rise, la nu­mé­ro 1 des su­per­cen­te­naires a bien

(2) vou­lu ré­pondre à nos ques­tions au cô­té de sa fille, Yvette.

Com­ment al­lez­vous? Ben voyez, je me main­tiens. Comme une jeune, qu’est que vous vou­lez. Je ne me plains pas. Je re­garde au­tour de moi. Et quand je vois ce qui se passe au­tour de moi, je ne peux être qu’heu­reuse. Parce ce qu’il y a pire. J’ai une bonne tête. Et c’est dé­jà quelque chose. J’ai été opé­rée de la ca­ta­racte. Main­te­nant, je n’ai plus be­soin de lu­nettes pour voir de loin. J’en mets tou­jours pour lire. Quel est le se­cret de votre forme? C’est ve­nu comme ça. Je n’ai rien fait de spé­cial. Qu’est-ce que ça vous ins­pire d’être la doyenne des Fran­çais? Je suis la doyenne mais ça ne me fait rien du tout. J’ai­me­rais mieux ne pas l’être. Com­ment oc­cu­pez-vous vos jour­nées ? Je lis Var-ma­tin. Ma fille me le porte. Et puis quand j’ai fi­ni le jour­nal, je lis des livres. Je ne lan­guis pas. Ici, (à l’Eh­pad,

N.D.L.R.) il y a des ani­ma­tions mais je ne des­cends pas. Qu’est que vous vou­lez, je n’en­tends pas tout. Je suis dans ma chambre, je lis et re­garde un peu la té­lé­vi­sion. J’ai re­gar­dé le Tour de France, pas seule­ment pour la course mais sur­tout pour les pay­sages. La France est belle. Vrai­ment, je me ré­gale. Dans un fau­teuil, je vi­site le pays. L’an­née der­nière, j’ai été à la mer avec Isa­belle. On m’avait me­née jus­qu’au bord de l’eau. Cette an­née, je n’ai pas vou­lu y al­ler parce que main­te­nant je suis trop en­com­brante. Les der­niers voyages que j’ai faits c’était avec le club du e âge, j’avais  ans. J’ai bien vu du pays. Alors, il ne faut pas se plaindre. Quelles images vous ont le plus mar­quée pen­dant  ans? Les guerres sur­tout m’ont mar­quée. On a beau­coup souf­fert. Après, il y a eu tel­le­ment d’évo­lu­tions que je ne sais pas quoi vous dire. Il y a eu des in­ven­tions : la voi­ture, la ra­dio, la té­lé… Le pre­mier avion que j’ai vu c’était un hy­dra­vion. Il était ve­nu amer­rir dans l’avant­port de Paim­pol. C’était une bête cu­rieuse. Il y a tel­le­ment de sou­ve­nirs mais de but en blanc, on n’ar­rive pas à se rap­pe­ler de tout. Quel re­gard por­tez-vous sur l’ac­tua­li­té? Dans le temps, il n’y avait pas la té­lé, pas la ra­dio. Il y avait les jour­naux mais on était moins au cou­rant que main­te­nant. Au­jourd’hui, c’est trop. Avant, il va­lait mieux que l’on soit un peu plus igno­rant parce que l’on avait un peu plus d’illu­sions... PRO­POS RE­CUEILLIS

PAR G. LEVA 1. Éta­blis­se­ment d’hé­ber­ge­ment pour per­sonnes âgées dé­pen­dantes. 2. Per­sonne ayant at­teint ou dé­pas­sé les 110 ans.

Je lis le jour­nal et des livres ” J’ai bien vu du pays ”

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