Sé­bas­tien, sa­peur-pom­pier vo­lon­taire bles­sé au feu

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Spécial Incendies - F. DA.

Sé­bas­tien Ber­to­li­no, sa­peur-pom­pier vo­lon­taire de­puis dix ans au Sdis 34 (Hé­rault), se sou­vien­dra long­temps de son pas­sage à Bormes-les-Mi­mo­sas. En ef­fet, Sé­bas­tien fait par­tie des deux sol­dats du feu bles­sés. Ren­con­tré hier, il a dé­ci­dé de prendre ça avec le sou­rire. Pas le choix de toute fa­çon. « En par­tant au feu, on le sait, ça peut ar­ri­ver à tout le monde. Mal­heu­reu­se­ment, cette fois, c’est tom­bé sur moi. Mais on ne peut pas le pré­voir. » Tou­ché à l’oeil, le pom­pier vo­lon­taire nous ra­conte son ac­ci­dent: «En re­mon­tant l’éta­blis­se­ment pour al­ler au ca­mion, avec mon équi­pier, nous avions nos clés de por­tage sur le dos. De­vant moi, la clé de por­tage de mon col­lègue s’est prise dans une branche et là, en re­mon­tant ma tête, j’ai pris cette branche di­rec­te­ment dans l’oeil. Et je peux vous dire que la branche était en­core brû­lante ! »

« J’ai eu peur de ne voir plus que du noir »

À la suite de ce choc, Sé­bas­tien tombe au sol. Pen­dant quelques se­condes. « En fait, j’ai fait un pe­tit K.-O. Dès que j’ai réus­si à me re­le­ver, j’ai été im­mé­dia­te­ment éva­cué, di­rec­tion l’oph­tal­mo. » Et le ver­dict tombe: « Au fi­nal, j’ai une brû­lure au pre­mier de­gré au ni­veau de la pau­pière, à l’in­té­rieur de l’oeil et un im­pact au ni­veau de la conjonc­tive. À cause de mon oeil, je ne pense pas que je pour­rai re­ve­nir di­manche. J’ai trois jours de pom­made, de net­toie­ment et en­suite, ça de­vrait al­ler. De ce que m’a dit l’oph­tal­mo, c’est su­per­fi­ciel. Pas de perte de vi­sion... et c’est bien l’es­sen­tiel. » Une chose est sûre, sur le feu, Sé­bas­tien Ber­to­li­no s’est fait une belle grosse frayeur. «Au mo­ment où je suis tom­bé, très sin­cè­re­ment, j’ai lon­gue­ment hé­si­té à ou­vrir les yeux. A ce mo­ment-là j’ai eu peur de ne voir plus que du noir. C’est par­ti­cu­lier comme sen­sa­tion... Puis fi­na­le­ment, j’ai ten­té, et c’est pas­sé. Tant mieux.» Bon ré­ta­blis­se­ment, et en­core une fois bra­vo.

Hier, en dé­but d’après-mi­di, Sé­bas­tien Ber­to­li­no, l’un des deux pom­piers bles­sés au feu, a eu l’oc­ca­sion de ren­con­trer Eric Faure, pré­sident de la FNSPF.

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