Con­ser­va­toire et Parc Na­tio­nal dressent le bi­lan

500 hec­tares sont par­tis en fu­mée sur le sec­teur des caps Taillat et Lar­dier. Les flammes ont dis­pa­ru, lais­sant la place à un pay­sage noir­ci. Un dé­sastre pay­sa­ger mais sur­tout éco­lo­gique

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Golfe De St-Tropez - Ch.C.

L’in­cen­die de Ra­ma­tuelle et La Croix-Val­mer sur­ve­nu lun­di dans la soi­rée est pour ain­si dire éteint. La plus grande vi­gi­lance s’im­pose néan­moins et toute la zone du si­nistre reste sous sur­veillance. Hier, le Con­ser­va­toire d’Es­pace Na­tu­rel PA­CA, le Parc Na­tio­nal de Port-Cros, qui as­surent la ges­tion de la ma­jeure par­tie des sites tou­chés, et le Con­ser­va­toire du lit­to­ral, pro­prié­taire, ont dres­sé un pre­mier bi­lan du si­nistre, sous forme de com­mu­ni­qué de presse, dont voi­ci l’es­sen­tiel.

LE RAP­PEL

« Si­tués sur la Pres­qu’île de Saint-Tro­pez, le Cap Taillat et le Cap Lar­dier sont des sites clas­sés et ins­crits Na­tu­ra 2000, zones na­tu­relles d’in­té­rêt éco­lo­gique, fau­nis­tioque et flo­ris­tique (ZNIEFF). Ils font par­tie de la zone d’adhé­sion au Parc na­tio­nal de Port-Cros et re­pré­sentent in­con­tes­ta­ble­ment l’une des plus belles par­ties du lit­to­ral va­rois. Cet en­semble de côtes ro­cheuses et sa­blon­neuses, ain­si que leur ma­quis si­tué à l’ar­rière de la frange lit­to­rale, consti­tuent des es­paces na­tu­rels pré­ser­vés de l’ur­ba­ni­sa­tion et res­tau­rés par les agents du Con­ser­va­toire et du Parc na­tio­nal (5 au to­tal pour les caps Taillat et Lar­dier). Chaque an­née plus de 500 000 vi­si­teurs se rendent sur ces pou­mons verts. Ils em­pruntent, entre autres, le cé­lèbre che­min des Doua­niers tant sur le Cap Taillat à par­tir du port de l’Es­ca­let (Ra­ma­tuelle) que sur le Cap Lar­dier, à par­tir de la plage de Gi­ga­ro (La Croix-Val­mer) ».

LES DEGATS

« Au­jourd’hui le Cap Taillat a été en­tiè­re­ment in­cen­dié, hor­mis la mai­son des Douanes, qui a ré­sis­té aux flammes. Ce bâ­ti­ment construit sous Na­po­léon a été ré­ha­bi­li­té en 2011 par le Con­ser­va­toire.

Ce sont au to­tal plus de 500 hec­tares qui ont brû­lé de Gi­ga­ro jus­qu’au Cap Taillat qui a été ré­duit en cendres dans sa to­ta­li­té.

Le Cap Taillat comp­tait une im­por­tante po­pu­la­tion de tor­tues d’Her­mann, l’unique tor­tue ter­restre de France mé­tro­po­li­taine et pré­sente uni­que­ment dans le Var et le mas­sif de l’Es­té­rel.

■ Les po­pu­la­tions de lé­zard ocel­lé et de cis­tudes d’Eu­rope (tor­tue aqua­tique) ont éga­le­ment été dé­truites dans cet in­cen­die sans pré­cé­dent. Ces trois es­pèces sont sui­vies dans le cadre de plans na­tio­naux d’ac­tions.

Des pins pa­ra­sols, pour cer­tains âgés de plus de 60 ans, ont brû­lé.

La flore en­dé­mique du lit­to­ral, dont le pal­mier nain, le pe­tit sta­tice ,la barbe ju­pi­ter, a été éra­di­quée. Au-de­là de ces des­truc­tions, ce sont des an­nées de tra­vail de pro­tec­tion d’es­paces na­tu­rels qui s’en­volent ».

LE CRI D’ALARME

« Les pou­vois pu­blics dé­ploient une éner­gie sans faille en ma­tière d’alerte, de pré­ven­tion, de pro­tec­tion et de se­cours vis-à-vis des in­cen­dies sur notre ter­ri­toire. Mais rap­pe­lons, à cette triste oc­ca­sion (et sans pré­ju­ger au­cu­ne­ment de l’ori­gine de ces in­ceWn­dies, que seules les enquêtes en cours dé­ter­mi­ne­ront) que : sans l’im­pli­ca­tion et la res­pon­sa­bi­li­sa­tion de cha­cun, sans l’ar­rêt des com­por­te­ments dan­ge­reux de cer­tains qui mettent en pé­ril la sé­cu­ri­té de tous, no­tam­ment en terme de ci­ga­rette au sein des mas­sifs fo­res­tiers pour­tant fer­més, sans le to­tal res­pect de la ré­gle­men­ta­tion mise en place pour pré­ser­ver l’homme et la na­ture de ce fléau, l’ef­fi­ca­ci­té de l’ac­tion pu­blique res­te­ra mal­heu­reu­se­ment tou­jours li­mi­tée... » Pas de doute, les res­pon­sables et agents du Con­ser­va­toire, du Parc na­tio­nal, comme ceux des com­munes de Ra­ma­tuelle, de La Croix-Val­mer, ont le coeur et l’âme re­tour­nés face à ce dé­sastre pay­sa­ger et à son im­pact éco­lo­gique. Il fau­dra des an­nées pour ren­ver­ser la ten­dance et re­don­ner vie à ce joyau de la Pres­qu’île. Il faut qu’ils sachent qu’ils pour­ront comp­ter sur le sou­tien de toute la po­pu­la­tion pour ce­la, les mes­sages de so­li­da­ri­té ne ces­sant d’af­fluer heure après heure.

(Pho­to Ch.C.)

L’une des images sym­boles du drame du  juillet  : le front des flammes est pas­sé sur le cap Taillat et s’ap­prête à dé­bou­ler sur le Ca­na­del et l’Es­ca­let, trans­for­mant ce pe­tit coin de pa­ra­dis en en­fer.

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