Ras-le-bol à Pam­pe­lonne

Pam­pe­lonne Tran­sats dé­ser­tés, an­nu­la­tions en pa­gaille : l’in­ter­dic­tion de bai­gnade sur une par­tie de l’em­blé­ma­tique plage ra­ma­tuel­loise n’a pas été sans consé­quences pour les éta­blis­se­ments

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - C. DUPONT cdu­pont@ni­ce­ma­tin.fr

Ils font contre mau­vaise for­tune bon coeur, mais ont su­bi de plein fouet les consé­quences de l’in­ter­dic­tion de bai­gnade du­rant trois jour­nées en plein coeur de la sai­son. Après l’in­cen­die et le nau­frage d’un yacht de 22 mètres au large de Ta­ma­ris dans la baie de Pam­pe­lonne le lun­di 17 juillet der­nier, les au­to­ri­tés ont en ef­fet été contraintes d’in­ter­dire la bai­gnade le len­de­main, en rai­son d’une im­por­tante fuite de ga­soil pro­ve­nant d’un ré­ser­voir en­dom­ma­gé de 900 litres. Alors que le jour sui­vant, la flamme verte était à nou­veau his­sée sur la plage de Pam­pe­lonne, re­be­lote jeu­di. Bai­gnade in­ter­dite, du che­nal de Sun Force à l’ex­tré­mi­té du Pi­net, en rai­son de la pol­lu­tion.

« On n’ar­rive plus à suivre »

Les es­ti­vants et pla­gistes pou­vaient es­pé­rer en avoir en­suite ter­mi­né avec les consé­quences du feu spec­ta­cu­laire. Mais l’opé­ra­tion de ren­flouage du yacht qui gi­sait par huit mètres de fond, a été ren­due par­ti­cu­liè­re­ment com­pli­quée dans la nuit de di­manche à lun­di. La ve­dette s’est re­tour­née avant de se bri­ser. En­fin éva­cuée, l’épave du Leo­mard a mal­heu­reu­se­ment lais­sé des traces. D’hy­dro­car­bures, mais aus­si de nom­breux dé­bris. Des pièces de bois cal­ci­nées en­ta­chaient par di­zaines hier en­core le convoi­té sable blanc, entre Moo­réa et Ta­hi­ti. Afin d’évi­ter tout risque aux bai­gneurs, la mu­ni­ci­pa­li­té avait donc dé­ci­dé de prendre un nou­vel ar­rê­té d’in­ter­dic­tion de bai­gnade pour la jour­née de lun­di, entre le poste de se­cours et la plage Ta­hi­ti. En­traî­nant un nou­veau manque à ga­gner pour les éta­blis­se­ments. « Ou­vert, fer­mé, ou­vert, fer­mé, on n’ar­rive plus à suivre, et les clients com­mencent à en avoir marre ! », s’em­por­tait-on hier à Ta­hi­ti, où l’on évo­quait « un manque d’in­for­ma­tions ». « On ne sait ja­mais à l’avance, les clients ne com­prennent pas ». L’éta­blis­se­ment, qui compte des di­zaines de ma­te­las et de sa­la­riés, a fait in­ter­ve­nir un huis­sier afin qu’il constate les tran­sats dé­ser­tés et at­teste de l’im­pact di­rect du nau­frage sur sa fré­quen­ta­tion. Pro­ba­ble­ment en vue de faire jouer l’as­su­rance du pro­prié­taire du Leo­mard. À Moo­réa, le di­rec­teur, Richard Ber­ti­no, sem­blait lui plu­tôt écar­ter l’idée d’un dé­dom­ma­ge­ment, mal­gré une « perte im­por­tante de chiffre d’af­faires ». Pour cause, le Belge qui a vu son yacht gri­gno­té par les flammes est un bon client. « Nous avons eu beau­coup d’an­nu­la­tions de jour­nées com­plètes, entre 50 et 100 à chaque in­ter­dic­tion. les clients n’avaient au­cune rai­son de ve­nir à la plage. Et ceux qui se sont dé­pla­cés étaient sur­pris, mais nous n’avons pas re­çu les in­for­ma­tions suf­fi­sam­ment tôt pour les pré­ve­nir...». Pas évident ef­fec­ti­ve­ment de s’y re­trou­ver. Alors que le site in­ter­net de la Ville ne se fai­sait pas écho des jour­nées d’in­ter­dic­tion, les ar­rê­tés af­fi­chés hier ma­tin en bord de mer prê­taient à confu­sion : ce­lui de lun­di n’a été re­ti­ré que mar­di mi­di, fai­sant pla­ner le doute alors que la bai­gnade avait été rou­verte... Quand un autre af­fi­chait en­core l’ar­rê­té d’in­ter­dic­tion va­lable « à comp­ter du 20 juillet » ! Une ser­veuse du Bar du So­leil, pro­prié­té du Ta­hi­ti, dit avoir re­çu « pas mal de coups de fils » de clients en quête de ren­sei­gne­ments sur les condi­tions de bai­gnade. Ou pour se dé­com­man­der : à chaque in­ter­dic­tion, en­vi­ron un quart des ré­ser­va­tions ont été an­nu­lées, avance le res­pon­sable. Idem à Tro­pe­zi­na, où Pa­trick Ger­main compte « es­sayer de se re­tour­ner » contre l’as­su­reur. « Ce­la nous a pé­na­li­sés. Les clients ont dé­com­man­dé les ma­te­las, mais aus­si le re­pas au res­tau­rant, re­grette-t-il. On est une plage fa­mi­liale, il est évident qu’avec les ga­mins, sans bai­gnade, les clients ont dé­ser­té ». Une si­tua­tion pas évi­dente à gé­rer non plus pour les sau­ve­teurs, contraints de faire d’in­nom­brables al­lers-re­tours de­puis le poste de se­cours pour aler­ter les bai­gneurs im­pru­dents ou étour­dis.

(Photos So­phie Lou­vet)

Les es­ti­vants pou­vaient hier re­ga­gner l’eau mal­gré le vent, et les ma­te­las des éta­blis­se­ments de plage re­trou­vaient leurs oc­cu­pants. De nom­breux usa­gers li­saient hier mi­di les ar­rê­tés d’in­ter­dic­tion de bai­gnade, alors qu’elle était à nou­veau pos­sible de­puis le ma­tin...

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