Fight Night «J-» : la ten­sion monte

St-Tro­pez Pre­mière ren­contre, hier soir au By­blos, entre Greg To­ny et Bob Sapp. Pre­mières in­vec­tives entre deux co­losses dé­ci­dés à ne pas se faire le moindre ca­deau. La pres­sion monte

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - G. CRESTEIL Ré­ser­va­tions au 06.09.77.19.06. ou sur www.fight­nights.pro. Ta­rifs : place gra­dins à 100

Greg To­ny ! Greg To­ny ! La voix tonne dans la cha­leur moite de cette fin de soi­rée de mer­cre­di. Les clients du bar de la pis­cine du By­blos sur­sautent. Se re­gardent in­cré­dules. Sou­dain ap­pa­raît, sur­gi de nulle part, un géant noir de plus de 160 kg, au re­gard gla­cial, au fa­ciès bu­ri­né par les coups en­cais­sés dans la vie et sur les rings. Im­pres­sion­nant. Et lors­qu’il aper­çoit son fu­tur ad­ver­saire, le fa­meux Greg To­ny, il se rue sur lui. Vincent Pe­lat et Oli­vier Mul­ler, les or­ga­ni­sa­teurs de ce combat ve­dette pla­ni­fié de­main soir ven­dre­di à la Ci­ta­delle, s’in­ter­posent entre les deux force de la na­ture. Car la charge hé­roïque du géant des States n’a pas ému le moins du monde l’en­fant du pays qui s’ex­clame : « Ven­dre­di soir, je vais lui mettre la mi­sère ! » Le ton est don­né. La soi­rée pro­met car outre l’af­fron­te­ment ti­ta­nesque, six autres com­bats sont au pro­gramme. Du punch, de l’adré­na­line et de l’émo­tion se­ront une fois de plus au ren­dez-vous.

Deux foot­bal­leurs puis boxeurs

Greg To­ny et Bob Sapp étaient-ils des­ti­nés à s’af­fron­ter ? Pas cer­tain. Car leurs tra­jec­toires de vie sont dif­fé­rentes. Greg a vu le jour du cô­té de Nan­cy, c’était en 1978, pré­ci­sé­ment le 27 mai. Tan­dis que Bob pous­sa son pre­mier cri cinq ans plus tôt dans une pe­tite ville du Co­lo­ra­do (USA). Pour le pe­tit gars de l’Est, de­ve­nir foot­bal­leur lui sem­blait être une évi­dence : « J’ai in­té­gré très tôt le centre de for­ma­tion de l’AS Nan­cy et j’as­pi­rai à être pro­fes­sion­nel ». Hé­las, son rêve s’es­tom­pa en deux temps : « J’étais un bon dé­fen­seur cen­tral mais mon ca­rac­tère bien trem­pé m’a va­lu quelques sou­cis d’au­tant que j’avais un peu pris le me­lon. » Éton­nam­ment, Bob en­ta­ma sa car­rière spor­tive en jouant éga­le­ment au foot­ball, mais amé­ri­cain. « J’ai évo­lué en NFL avec les Min­ne­so­ta Vi­kings. Mais le foot c’était juste pour ob­te­nir de la re­con­nais­sance. Non, mon sport pré­fé­ré est de loin le kick boxing.» Son sou­rire en dit long sur le plai­sir qu’il éprouve en­core, à un peu plus de 42 ans, entre les quatre cordes du ring. C’est sans doute l’unique point com­mun entre les deux guer­riers. Car le jeune nan­céen, une fois les cram­pons rac­cro­chés et les gants en­fi­lés, « sur une ini­tia­tive de mon grand-père Fran­çois Sas­si qui m’ima­gi­nait boxeur, j’ai boxé sans dis­con­ti­nuer. » Ven­dre­di soir, il en­tre­ra pour la der­nière fois dans ce rec­tangle qui lui a pro­cu­ré tant de bon­heur et de gloire. His­toire de mettre un point fi­nal à sa car­rière comp­tant pas moins de 81 vic­toires en 97 com­bats, sans comp­ter les 21 suc­cès sur 28 ren­contres dis­pu­tées en boxe an­glaise. « Je suis impatient d’en dé­coudre. De fi­nir en beau­té. J’en­tends im­po­ser ma vi­tesse et ma précision afin de ter­ras­ser ce­lui que tout le monde sur­nomme « la Bête». »

Bob Sapp : « Je vais vaincre !»

Dans la voix et le re­gard la dé­ter­mi­na­tion trans­pire. Sapp aus­si pré­tend ga­gner. Un verbe qu’il a par­fois ou­blié de conju­guer : « J’ai fait du catch puis du MMA, du kick et du Muay Thaï ain­si que du ci­né­ma et de la té­lé­vi­sion. Tout ce­la pour ré­col­ter de l’ar­gent afin d’ai­der des en­fants afri­cains dans le be­soin. J’ai éga­le­ment fait ins­tal­ler des filtres à eau dans une ré­gion de l’Ou­gan­da et j’ai par­ti­ci­pé à des ac­tions ca­ri­ta­tives avec mes amis boxeurs jus­qu’en Co­rée du Nord. Cette fois, j’ai fait un break pour m’en­traî­ner au Bré­sil avec les meilleurs et par­ve­nir à cas­ser le rythme de Greg. Je vais vaincre !» A deux pas de là, ce­lui qui tra­vaille de­puis dé­jà neuf ans au sein du By­blos en qua­li­té de por­tier des Caves du Roy, kiffe l’ins­tant pré­sent. Se dit pres­sé d’en dé­coudre avant de re­fer­mer le grand livre de sa car­rière et d’en ou­vrir un tout neuf. «Je vais me consa­crer à la car­rière de mes deux élèves que sont Dy­lan Co­lin et Pierre Pe­les­tin. Car la boxe res­te­ra toute ma vie.» Pour Sapp, le temps des l’au re­voir ap­proche aus­si. Il ne reste plus qu’à connaître l’épi­logue pu­gi­lis­tique de cette ren­contre, ef­fec­ti­ve­ment im­pro­bable sans la ma­gie de ce sport. Et comme le chan­tait si bien Nou­ga­ro : « Quatre boules de cuir tournent dans

la lu­mière. De ton oeil élec­trique, Boxe, Boxe, ô déesse de pierre. Quatre boules de cuir, mes poings contre les siens... » re­pas table

(Pho­to S. Lou­vet)

Les deux géants ont failli en­ta­mer le combat dès hier soir de­vant la pis­cine du By­blos. Voi­là qui pro­met pour leur grand ren­dez-vous de­main soir...

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