Non, M. Tu­vé­ri, Var-ma­tin ne se fâ­che­ra pas avec vous

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Saint-tropez - de Ch­ris­tophe Caïet­ti

Jean-Pierre Tu­vé­ri, maire de Saint-Tro­pez, s’est fen­du dans son der­nier bul­le­tin mu­ni­ci­pal d’une at­taque sans pré­cé­dent contre Var­ma­tin, notre jour­nal, n’hé­si­tant pas à ma­nier l’in­sulte et même la me­nace. Il s’at­ten­dait peut-être à une ré­ponse sur le même ter­rain, ce­lui du combat de rue. Il ne l’au­ra pas. Nous ne le re­join­drons pas dans le ca­ni­veau. Dé­so­lé, M. Tu­vé­ri, Var-ma­tin ne se fâ­che­ra pas avec vous. Et vous n’au­rez même pas une once de notre mé­pris. Parce que Var-ma­tin c’est comme Saint-Tro­pez, c’est plus grand que vous. Notre jour­nal était là bien avant votre élec­tion et le se­ra en­core bien après. Il faut vous faire une rai­son. Var-ma­tin ne se fâ­che­ra pas avec vous parce que là n’est pas sa vo­ca­tion. Notre jour­nal ne se fâche pas avec les maires. Il rend compte de l’ac­tua­li­té quo­ti­dienne, la dé­crypte et la com­mente. C’est une mis­sion à la fois toute simple et im­mense, mo­deste et noble. Vous re­pro­chez à « la ga­zette lo­cale » de ne pas trai­ter l’in­for­ma­tion comme vous le sou­hai­tez. Mon­sieur le maire, c’est parce que vous faites une confu­sion entre votre jour­nal mu­ni­ci­pal - qui vous obéit jus­qu’aux pires ex­cès -et la presse libre et in­dé­pen­dante. Non, nous ne sommes pas à Mos­cou sous Sta­line, il va fal­loir vous faire une rai­son. Nous sommes en France, au XXIe siècle, et la presse libre traite tous les su­jets de l’ac­tua­li­té, qu’ils soient po­si­tifs où né­ga­tifs, joyeux ou tristes, c’est le job des jour­na­listes de Var-ma­tin, à Saint-Tro­pez comme dans ses treize autres agences de la Côte d’Azur. Et croyez-bien que tous pré­fèrent cou­vrir une épo­pée de l’UST, le ra­chat des ter­rains DCNS par la Com­com ou l’im­mense suc­cès de la Bra­de­rie que vos dé­mé­lés ju­di­ciaires, que le choc de la pros­ti­tu­tion gan­gré­nant la ville ou que les der­niers in­cen­dies vé­cus non stop en di­rect. Mais ce sont là des in­for­ma­tions, et le de­voir de Var-ma­tin est de les trai­ter. Mal­gré votre co­lère et mal­gré vos me­naces. Parce que c’est notre mis­sion, parce que c’est notre obli­ga­tion vis à vis de tous nos lec­teurs, et vis à vis de l’en­semble des Tro­pé­ziens aus­si. Etre dé­mo­crate c’est sa­voir ac­cep­ter la cri­tique. Dans un long cha­pitre vous avan­cez, sans vé­ri­fier vos in­for­ma­tions, que Var-ma­tin va mal et perd des lec­teurs. Et bien dé­trom­pez-vous, Var­ma­tin ne se porte pas mal, est en plein re­nou­vel­le­ment, en plein dé­ve­lop­pe­ment et à Saint-Tro­pez tout par­ti­cu­liè­re­ment nous ga­gnons des lec­teurs et du vo­lume pu­bli­ci­taire. Avec même un re­cord : ja­mais l’au­dience de Var-ma­tin n’a été aus­si forte que cette an­née. Co­lères, crises de nerfs et bou­de­ries Non, M. Tu­vé­ri, Var-ma­tin ne se fâ­che­ra pas avec vous. Parce que vous n’êtes pas le centre du monde, et même pas le centre de notre agence du Golfe de SaintT­ro­pez. Var-ma­tin dans le Golfe c’est un ter­ri­toire de  com­munes à cou­vrir, c’est à dire  po­pu­la­tions,  maires,  op­po­si­tions et des mil­liers d’évé­ne­ments et d’in­for­ma­tions à trai­ter chaque an­née, avec équi­té. Sa­chez-le une bonne fois pour toutes, nous n’avons pas d’éner­gie à mettre dans une dis­pute avec un maire en dif­fi­cul­té, notre spé­cia­li­té n’est pas de ti­rer sur l’am­bu­lance, pas plus sur la votre, bran­que­ba­lante, que sur une autre. Var-ma­tin fait seule­ment son tra­vail d’in­for­ma­tion, et si un jour ça ar­rive ce se­rait un im­mense plai­sir d’écrire dans nos co­lonnes que vous avez ga­gné votre pro­cès contre DCNS ou que la jus­tice a fi­na­le­ment dé­ci­dé d’in­dem­ni­ser au minimum la Sa­gem pour pré­ser­ver la ville. Sou­ve­nez-vous qu’il n’y a pas si long­temps nous avons si­gna­lé votre belle pres­ta­tion lors de la réunion pu­blique sur votre grand pro­jet de e bas­sin du port. Vous vous plai­gnez de n’être pas pré­sent dans les co­lonnes de Var-ma­tin ? S’il vous plait avouez dans le pro­chain nu­mé­ro de votre dia­tribe mu­ni­ci­pale que Var-ma­tin vous a per­son­nel­le­ment en­voyé, très cour­toi­se­ment, de­puis des mois, des di­zaines de pro­po­si­tions d’in­ter­view pour vous ex­pli­quer sur les af­faires tro­pé­ziennes ou tout sim­ple­ment sur les su­jets d’ac­tua­li­té. Il ne se passe pas une se­maine sans que l’on vous pro­pose de vous ou­vrir nos co­lonnes. Mais voi­là, la ré­ponse est tou­jours né­ga­tive. Vous ne sup­por­tez pas les ques­tions. C’est tel­le­ment plus fa­cile de jouer la vic­time dans un pam­phlet fi­nan­cé sur les de­niers de la po­pu­la­tion tro­pé­zienne. De nom­breux élus de votre ma­jo­ri­té se dé­so­li­da­risent de cette at­ti­tude et nous le disent, à voix basse et en nous fai­sant pro­mettre de ne pas le dire car ils n’osent af­fron­ter pu­bli­que­ment la « ter­reur » ex­cer­cée en mai­rie. Alors, dans ce cli­mat, cette si­tua­tion va sans doute per­du­rer jus­qu’à la fin du man­dat, vous res­te­rez fâ­ché avec Var-ma­tin. Mais sa­chez que Var-ma­tin n’est pas fâ­ché avec vous. Con­ti­nuez donc à mul­ti­plier les co­lères, les crises de nerfs et les bou­de­ries. Nous res­te­rons de marbre. Her­mé­tiques aux pres­sions de toutes sortes nos jour­na­listes vont tout sim­ple­ment conti­nuer à faire leur tra­vail, à en­quê­ter, à in­ter­vie­wer, à trai­ter les bonnes nou­velles comme les mau­vaises. Vos faits de gloire, s’il y en a, comme vos échecs. Nous le fe­rons parce que c’est notre mé­tier et notre dé­on­to­lo­gie de faire ain­si. De faire par­ler les uns et les autres, sans prendre par­ti et sans par­ti pris. Parce que c’est le rôle de la presse libre pour la bonne san­té de la dé­mo­cra­tie. De votre cô­té, si vous vou­lez évi­ter de mar­quer l’His­toire comme étant le pire maire que Saint-Tro­pez a connu, vous de­vriez com­men­cer à pen­ser da­van­tage aux Tro­pé­ziens qu’à votre égo et aux ul­tra-riches, et mettre votre in­croyable éner­gie à ré­gler les si­tua­tions dé­li­cates dans les­quelles vous avez mis la ville plu­tôt que dans une vo­ci­fé­ra­tion sans fin d’in­sultes sté­riles en­vers la presse lo­cale ac­cu­sée de tous les maux. Il est en­core temps peut-être.

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