CHAMPIONNATS DU MONDE Bolt et Fa­rah au dé­part

Les Mon­diaux 2017 dé­marrent fort, au­jourd’hui à Londres, avec deux étoiles de la piste at­ten­dues pour al­lu­mer la lu­mière sur 100 m (sé­ries) et 10 000 m (fi­nale)

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

Top dé­part ! Les Mon­diaux-2017 dé­marrent en fan­fare au­jourd’hui avec les pre­mières fou­lées de la lé­gende du sprint et fu­tur re­trai­té Usain Bolt lors des sé­ries du 100 m et la fi­nale du 10 000 m où la ve­dette du de­mi-fond Mo Fa­rah, à l’image écor­née par des soup­çons de do­page, es­père faire ou­blier les po­lé­miques de­vant son pu­blic. L’heure des adieux ap­proche à grands pas pour le Roi Bolt. Certes, le Ja­maï­quain se­ra éga­le­ment en­ga­gé à Londres avec son pays dans le re­lais 4x100 m, le 12 août, mais c’est sur­tout sur le plan in­di­vi­duel que l’ul­time ré­ci­tal de la su­per­star de l’athlétisme est par­ti­cu­liè­re­ment at­ten­du. La course du jour ne se­ra qu’une for­ma­li­té pour Bolt et les choses sé­rieuses ne dé­bu­te­ront que demain avec les de­mi-fi­nales et la fi­nale. Mais il se­ra dé­jà in­té­res­sant d’ana­ly­ser sa pres­ta­tion et son chro­no par rap­port à ceux de ses plus sé­rieux ri­vaux.

« Je suis prêt »

Fi­dèle à son ha­bi­tude, le re­cord­man du monde du 100 m (9’’58) et du 200 m (19’’19) af­fiche en tout cas une foi in­ébran­lable en sa ca­pa­ci­té à te­nir son rang mal­gré seule­ment trois pe­tites sor­ties cette an­née sur la ligne droite et un seul pas­sage sous les 10 se­condes (9’’95, le 21 juillet à Mo­na­co). « Si je suis ici, c’est que je suis plei­ne­ment confiant, à 100 %, et mon coach aus­si. Je suis prêt à y al­ler, j’at­tends avec im­pa­tience ce mo­ment. J’ima­gine dé­jà les unes des jour­naux : ‘‘Usain Bolt a fi­ni in­vain­cu dans une grande com­pé­ti­tion, il a été in­ar­rê­table et im­bat­table’’ », a-t-il lan­cé mar­di au cours d’une confé­rence de presse en forme de grand show à sa gloire, or­ga­ni­sée par son équi­pe­men­tier Pu­ma dans la ca­pi­tale bri­tan­nique. Bolt a vu hier un ad­ver­saire de poids éli­mi­né avec le for­fait d’Andre de Grasse, tou­ché aux is­chio-jam­biers. Troi­sième du 100 m et deuxième sur 200 m aux JO2016, le Ca­na­dien fai­sait fi­gure de sé­rieux pré­ten­dant au titre sur les deux dis­tances du sprint. Sa dé­fec­tion ne peut que ré­jouir Sa Ma­jes­té Bolt mais il reste en­core du beau monde pour ten­ter de lui gâ­cher la fête.

Ma­laise

Entre le vé­té­ran (35 ans) Jus­tin Gat­lin, son dau­phin aux JO-2016 après une sus­pen­sion de quatre ans pour do­page, Yo­han Blake (27 ans), tou­jours aux avant­postes, et les jeunes Ch­ris­tian Co­le­man (21 ans), meilleur per­for­meur en 2017 (9’’82) et Aka­ni Sim­bine (23 ans), la par­tie ne s’an­nonce pas de tout re­pos pour le Ja­maï­quain. L’autre temps fort de cette pre­mière jour­née au­ra pour théâtre le 10 000 m où tous les yeux se­ront ri­vés sur Mo Fa­rah.Le qua­druple cham­pion olym­pique dé­lais­se­ra la piste pour le bi­tume au terme de la sai­son et l’ath­lète d’ori­gine so­ma­lienne rêve à 34 ans d’un épi­logue heu­reux sur 10 000 et 5000 m (fi­nale le 12 août) dans le stade qui l’avait cou­ron­né aux JO-2012. Mais les ré­vé­la­tions de l’Agence amé­ri­caine an­ti­do­page (Usa­da) sur les mé­thodes contro­ver­sées de son en­traî­neur Al­ber­to Sa­la­zar ont je­té le trouble sur son par­cours. Preuve du ma­laise, Fa­rah ne s’est pas plié au rite de la confé­rence de presse d’avant com­pé­ti­tion, sans doute pour évi­ter de ré­pondre aux ques­tions qui fâchent. Sur la piste du stade olym­pique, Fa­rah ne pour­ra pas en re­vanche évi­ter l’af­fron­te­ment avec ses op­po­sants ke­nyans et éthio­piens. Il de­vra sur­tout se mé­fier en pre­mier lieu de Geof­frey Kip­sang Kam­wo­ror, deuxième des Mon­diaux2015 sur 10000 m, double cham­pion du monde de cross-coun­try et mé­daillé d’or aux Mon­diaux de se­mi­ma­ra­thon. Jim­my Vi­caut, qui des­cend dans l’arène dès ce soir en sé­ries du  m, ne mâche pas ses mots en pré­am­bule : « J’ai dé­jà fait ça en , en . J’ai l’ha­bi­tude. Ça passe ou ça casse ! C’est ça le sport de haut ni­veau. Ven­dre­di se­ra le juge de paix », rap­pelle Vi­caut, qui rentre di­rec­te­ment aux Mon­diaux après s’être fait une dé­chi­rure mus­cu­laire à l’is­chio-jam­bier droit le  juin à Os­lo. « Le but, c’est d’al­ler le plus loin pos­sible, pour­quoi pas en fi­nale. Un peu d’ap­pré­hen­sion ? Oui, car c’est un cham­pion­nat et je n’ai pas cou­ru en com­pé­ti­tion de­puis sept se­maines », sou­ligne le sprin­ter fran­ci­lien âgé de  ans. Avant la bles­sure, en fait une ci­ca­trice qui s’est rou­verte, Vi­caut avait si­gné ’’ sur la ligne droite d’une com­pé­ti­tion na­tio­nale en mai. Le plus dur se­ra néan­moins d’en­chaî­ner demain de­mi­fi­nale et éven­tuelle fi­nale, exer­cice qu’il a ra­re­ment réus­si à haut ni­veau.

(Pho­tos AFP et EPA/MAXPPP)

Deux rois trônent en haut de l’af­fiche du pre­mier jour des Mon­diaux  : Usain Bolt (ci-des­sus) et Mo Fa­rah (ci-contre).

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