Bio­di­ver­si­té: les ports de plai­sance se ra­chètent

Grâce à l’ins­tal­la­tion de nur­se­ries le long des quais ou sous les pon­tons, les ports de plai­sance offrent des abris aux pois­sons ju­vé­niles. Dans la rade, La Seyne, St-Man­drier et Tou­lon ont des pro­jets

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Grand Toulon - 1. Un pro­jet si­mi­laire concerne le port de plai­sance de Saint-Man­drier, mais il est por­té par Veo­lia et re­pré­sente une me­sure com­pen­sa­toire pour l’ex­ploi­ta­tion de la sta­tion d’épu­ra­tion du cap Si­cié. P.-L. PAGÈS pl­pages@var­ma­tin.com

Long­temps, les plai­san­ciers ont été en concur­rence avec les pois­sons. Nulle ques­tion ici de pêche. Pour ac­com­pa­gner la dé­mo­cra­ti­sa­tion de la plai­sance à par­tir des an­nées 1960, les ports se sont mul­ti­pliés sur le lit­to­ral fran­çais. Et no­tam­ment dans le Var, où l’on en compte une tren­taine. Des in­fra­struc­tures réa­li­sées sys­té­ma­ti­que­ment par pe­tits fonds, zones na­tu­relles des… nur­se­ries pour pois­sons.

Pas que des par­kings à ba­teaux

Avec la prise de conscience des en­jeux en­vi­ron­ne­men­taux, les choses sont heu­reu­se­ment en train de chan­ger. Qu’ils aient ou non la cer­ti­fi­ca­tion eu­ro­péenne « Ports propres », de plus en plus de ports de plai­sance ré­flé­chissent à la res­tau­ra­tion des mi­lieux aqua­tiques qu’ils ont pu al­té­rer par le pas­sé. «Les ports de plai­sance ne doivent pas être que des par­kings à ba­teaux, mais des es­paces de vie, de bio­di­ver­si­té!», dé­clare Jean-Ch­ris­tophe Bar­ba­ge­la­ta, res­pon­sable du pôle amé­na­ge­ment et tra­vaux pour les ports de la rade de Tou­lon, gé­rés pas la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie du Var. Avec l’aide de Ma­rianne Garde, consul­tante en dé­ve­lop­pe­ment du­rable, plu­sieurs nur­se­ries sont ac­tuel­le­ment à l’étude dans la rade de Tou­lon. Le pro­jet le plus avan­cé concerne le port de La Seyne et de­vrait voir le jour d’ici à la fin de l’an­née. « Les pro­cé­dures de consul­ta­tion au­près des en­tre­prises spé­cia­li­sées sont en cours », pré­cise Ma­rianne Garde. Dans la fou­lée, en 2018, le port de la Vieille Darse à Tou­lon de­vrait

(1) éga­le­ment s’équi­per et of­frir ain­si aux pois­sons ju­vé­niles et autres larves de crus­ta­cés des lieux sûrs où se mettre à l’abri de l’ap­pé­tit vo­race de leurs pré­da­teurs.

Sen­si­bi­li­sa­tion du pu­blic

Pour la CCIV, ges­tion­naire des ports en ques­tion, ces nur­se­ries re­pré­sentent un in­ves­tis­se­ment non né­gli­geable. «On est sur des bud­gets de l’ordre de 60 000 € pour La Seyne et 120 000 € pour la Vieille Darse », dé­taille Jean-Ch­ris­tophe Bar­ba­ge­la­ta. Avant de pré­ci­ser : « Ces sommes com­prennent le ma­té­riel, son ins­tal­la­tion, sa main­te­nance et même la sen­si­bi­li­sa­tion du pu­blic avec la mise en place de pan­neaux ex­pli­ca­tifs sur les pon­tons de plai­sance. » À no­ter que, au nom du pro­gramme Nur­se­ries ar­ti­fi­cielles pour ports exem­plaires (Nap­pex), l’Agence de l’eau Rhône Mé­di­ter­ra­née Corse et la Ré­gion par­ti­cipent au fi­nan­ce­ment de ces ins­tal­la­tions. Mais pour les ports qui font ce choix, cet ar­gent n’est pas com­plè­te­ment per­du. Se­lon JeanCh­ris­tophe Bar­ba­ge­la­ta, « 60 % des plai­san­ciers sont sen­sibles à l’éco­lo­gie et prennent en compte les dé­marches en­vi­ron­ne­men­tales des ports pour choi­sir leurs es­cales ». Un re­tour sur in­ves­tis­se­ments en quelque sorte.

(Pho­to ©Eco­cean)

Après avoir lar­ge­ment em­pié­té sur le ter­ri­toire na­tu­rel des pois­sons ju­vé­niles, les ports de plai­sance tra­vaillent à la res­tau­ra­tion des mi­lieux aqua­tiques dans les pe­tits fonds.

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