Bio­hut, une «pa­nic room» pour jeunes pois­sons

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Grand Toulon - P.-L. P.

Sans pré­sa­ger de l’en­tre­prise qui se­ra re­te­nue pour équi­per les ports de plai­sance de la rade de Tou­lon de nur­se­ries, la so­cié­té mont­pel­lie­raine Eco­cean tient la corde. Son sys­tème Bio­hut a dé­jà été ins­tal­lé dans une dou­zaine de ports fran­çais en Mé­di­ter­ra­née, no­tam­ment en Oc­ci­ta­nie et en Corse. Et vi­si­ble­ment les pre­miers ré­sul­tats sont en­cou­ra­geants. « Le sui­vi scien­ti­fique a per­mis de mettre en évi­dence le gain éco­lo­gique des nur­se­ries. Dans les ports où ont été ins­tal­lées des Bio­hut, il y a plus de di­ver­si­té et plus d’abon­dance. La dif­fé­rence peut al­ler de 2 à 10 », af­firme Yann Guais, res­pon­sable du dé­ve­lop­pe­ment de pro­jet Bio­hut. Pour ce der­nier, si l’on veut voir le nombre de pois­sons aug­men­ter, il est tout aus­si im­por­tant d’agir sur leur ha­bi­tat que de lut­ter contre les pol­lu­tions ou pra­ti­quer une pêche du­rable. Pour les pois­sons adultes, cette re­la­tion entre res­tau­ra­tion de l’ha­bi­tat et re­tour de la bio­di­ver­si­té a été dé­mon­trée après l’im­mer­sion de deux ré­cifs ar­ti­fi­ciels à proxi­mi­té de l’émis­saire de la sta­tion d’épu­ra­tion du cap Si­cié en avril 2015, dans le cadre du pro­jet Re­mo­ra (voir nos édi­tions du 7 juillet 2016). Ex­pé­ri­men­tées dans un but scien­ti­fique dans le port du Brusc à par­tir de 2013, les Bio­hut semblent avoir convain­cu. Aus­si bien les scien­ti­fiques, que la faune aqua­tique. Leur concept est simple: chaque mo­dule est consti­tué d’une cage mé­tal­lique rem­plie de co­quilles d’huîtres qui fa­vo­risent l’ins­tal­la­tion ra­pide d’algues et autres crus­ta­cés, et de deux autres cages vides dans les­quelles les larves de pois­sons peuvent s’ébattre en toute sé­cu­ri­té. Bien à l’abri des pré­da­teurs. Un genre de « pa­nic room » pour bé­bés pois­sons… Outre les ports de la rade de Tou­lon, des dis­cus­sions sont en cours avec Por­que­rolles ou en­core Saint-Ra­phaël.

(Pho­to ©Eco­cean)

Une Bio­hut est consti­tuée de trois cages mé­tal­liques. L’une rem­plie de co­quilles d’huîtres per­met à la vie (algues, crus­ta­cés…) de se fixer ra­pi­de­ment. Les deux autres, vides, offrent aux pois­sons ju­vé­niles des sor­ties en toute sé­cu­ri­té.

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