La France mé­di­ca­li­sée

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente - Le billet de Phi­lippe Bou­vard

Faut-il que notre cher et vieux pays soit souf­frant pour qu’un jeune mé­de­cin ré­fé­rent fraî­che­ment di­plô­mé dé­cide de le trai­ter par or­don­nance sans l’avoir pas­sé à la ra­dio ni convo­qué à son che­vet le moindre spé­cia­liste ! La prin­ci­pale ma­la­die contrac­tée sous la IIIe Ré­pu­blique a pour symp­tômes des yeux plus grands que le por­te­feuille et une hy­per­tro­phie de la per­son­na­li­té di­ri­geante. Le si­rop lé­tal pres­crit voi­là deux ans par le Dr Hol­lande pour adoucir la fin de vie du Tré­sor pu­blic a été rem­pla­cé par la po­tion amère du Dr Ma­cron. Après une anes­thé­sie pro­di­guée sous forme de pro­messes illu­soires et de contacts di­plo­ma­tiques au som­met, le pra­ti­cien a pro­cé­dé à di­verses in­ter­ven­tions : am­pu­ta­tion des cré­dits ter­ri­to­riaux et abla­tion du bud­get mi­li­taire en at­ten­dant la grande mu­ti­la­tion, souvent clai­ron­née, tou­jours re­mise, de la fonc­tion pu­blique. Au terme d’une loi par­ti­cu­liè­re­ment cruelle qui vient d’être vo­tée, les dé­pu­tés et les sé­na­teurs conta­mi­nés ne peuvent même plus es­pé­rer être soi­gnés par leurs fa­milles. Or, l’hé­mor­ra­gie de pe­tites cou­pures exi­ge­ra le ren­for­ce­ment des trans­fu­sions fis­cales très dou­lou­reuses. Un état d’au­tant plus pré­oc­cu­pant qu’aux der­nières nou­velles, le bul­le­tin de san­té du Dr Ma­cron ré­vèle lui aus­si des signes de fai­blesses ag­gra­vées par une lan­gueur mé­dia­tique.

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