Deux Co­go­li­nois tués par un policier ja­loux

Un policier de la Bri­gade an­ti-cri­mi­na­li­té de Tou­lon a tué di­manche vers 2 h du ma­tin deux Co­go­li­nois, au do­mi­cile de l’un d’eux, che­min de l’Her­mi­tage. Un ter­rible crime pas­sion­nel

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - L’info Du Jour -

Un drame, qui mar­que­ra pour long­temps les es­prits dans la pe­tite ville de Cogolin. Là où tout le monde connaît tout le monde. Où beau­coup connais­saient les vic­times, Pas­cal Bien­ve­nu et Gef­fries (Jeff) Oc­ca­so, dont la vie a été ôtée di­manche vers 2 h du ma­tin par un policier de la BAC de Tou­lon. Ar­naud Da­niel était fou de ja­lou­sie à l’en­contre de Pas­cal Bien­ve­nu, qu’il soup­çon­nait être l’amant de son épouse. Il avait d’ailleurs dé­jà eu une al­ter­ca­tion avec lui par le pas­sé. Une heure ou deux avant le drame, vrai­sem­bla­ble­ment après le dé­part de sa femme (lire ci-des­sous), il a té­lé­pho­né à Pas­cal Bien­ve­nu. Des in­vec­tives et pro­vo­ca­tions ont fu­sé de toutes parts.

Il ne leur laisse au­cune chance

Fou de rage, Ar­naud Da­niel, mu­ni de son arme de ser­vice, ne s’est pas ar­rê­té là. Au vo­lant de sa Golf, il a quit­té son do­mi­cile ca­va­lai­rois et s’est ren­du à Cogolin. Il a dis­si­mu­lé son vé­hi­cule à quelques di­zaines de mètres du che­min de l’Her­mi­tan, où vit Pas­cal Bien­ve­nu. Le­quel pro­fi­tait avec trois amis, dont Gef­fries Oc­ca­so, de cette chaude soi­rée d’été pour prendre un verre, de­vant la ca­bane qui se trouve dans le jar­din d’une des pro­prié­tés des Bien­ve­nu, au 374 che­min de l’Her­mi­tan. Vers 2 h, Ar­naud Da­niel, après avoir contour­né la mai­son, et es­ca­la­dé un mur, se­lon les pre­miers élé­ments de l’en­quête, fait ir­rup­tion dans la soi­rée. Il ouvre le feu sur Pas­cal Bien­ve­nu, ne lui lais­sant au­cune chance. Gef­fries Oc­ca­so se pré­ci­pite sur lui, le sai­sit par l’épaule, « lui de­mande ce qu’il a fait » .Le policier le tue à son tour, im­mé­dia­te­ment. Le ti­reur, âgé de 40 ans comme ses deux vic­times, se sui­cide quelques mètres plus loin.

« Épar­gnée »

Par chance, « une des per­sonnes avait quit­té la soi­rée 10 mi­nutes plus tôt ,a pré­ci­sé le maire de Cogolin, Marc-Etienne Lan­sade. Les trois autres sont res­tés. La femme, (qui tra­vaille à la Com­mu­nau­té de com­munes du Golfe de St-Tropez, comme Pas­cal Bien­ve­nu, Ndlr) a été épar­gnée, ne s’est pas in­ter­po­sée ». Pré­ve­nus, les sa­peurs-pom­piers in­forment la gen­dar­me­rie que trois per­sonnes sont mor­tel­le­ment bles­sées. Che­min de l’Her­mi­tan, le pe­lo­ton de sur­veillance et d’in­ter­ven­tion de la gen­dar­me­rie de Gas­sin/Saint-Tropez, des gen­darmes de Gri­maud et Sainte-Maxime se dé­ploient. Un pé­ri­mètre de sé­cu­ri­té est éta­bli. Mais les mi­li­taires ne pour­ront que consta­ter le drame. Ils se­ront re­joints par la bri­gade de re­cherches de Gas­sin/Saint-Tropez, des en­quê­teurs de Gri­maud, d’autres de la Sec­tion de re­cherches de Mar­seille, ain­si que par les TIC (Tech­ni­ciens en iden­ti­fi­ca­tion cri­mi­nelle). Des au­top­sies, ex­per­tises ba­lis­tiques et toxi­co­lo­giques doivent être me­nées. Mais l’au­teur des faits au­ra dé­ci­dé de sa propre condam­na­tion.

Le com­man­dant du grou­pe­ment de gen­dar­me­rie de Gas­sin, le co­lo­nel Herr­mann, le pro­cu­reur de Dra­gui­gnan Ivan Au­riel et le maire de Cogolin Marc-Etienne Lan­sade ont te­nu hier une confé­rence de presse en fin de jour­née.

Les faits se sont dé­rou­lés à l’en­trée du che­min de l’Her­mi­tan, où se trouve un ha­meau pai­sible et iso­lé qui ac­cueille une poi­gnée de construc­tions, dont plu­sieurs ap­par­tiennent à la fa­mille Bien­ve­nu, bien co­nue à Cogolin.

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