Bormes-les-mi­mo­sas : aux pe­tits soins pour les res­ca­pés de l’in­cen­die

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - AMBRE MINGAZ

«Suite aux in­cen­dies, nous re­ce­vons des ap­pels à la cli­nique pour la prise en charge d’ani­maux do­mes­tiques ou sau­vages. Nous res­tons à votre dis­po­si­tion pour les soins ou ren­sei­gne­ments (in­ha­la­tion de fu­mées toxiques, plaies de brû­lures, déshy­dra­ta­tion, stress...) et te­nions à vous faire partager la pho­to de notre jo­li res­ca­pé pour nous don­ner à tous du cou­rage. » Le 26 juillet, au len­de­main de l’in­cen­die de Bormes, la cli­nique vé­té­ri­naire des Mi­mo­sas pos­tait ce mes­sage sur son Fa­ce­book, ac­com­pa­gné de la pho­to d’une chouette res­ca­pée. Car, si les flammes n’ont pas fait de bles­sés graves par­mi les hu­mains, cer­tains ani­maux, eux, ont été les vic­times col­la­té­rales de cet in­cen­die. « Beau­coup de gens nous ont ap­pe­lés ce jour-là, no­tam­ment des pro­prié­taires de chats, car ils avaient dû par­tir de chez eux dans la pré­ci­pi­ta­tion. Ils étaient in­quiets de ne pas les re­trou­ver à leur re­tour et nous po­saient plein de ques­tions », confie Cen­drine Cla­veau, vé­té­ri­naire. C’est ain­si qu’est ar­ri­vé Ca­ra­mel, un ma­tou âgé de onze mois, brû­lé aux quatre pattes. « Il est tou­jours en soins in­ten­sifs. Il a dû fuir et de­voir pas­ser sur une zone brû­lée. Il a les quatre cous­si­nets brû­lés au se­cond de­gré. Son pro­prié­taire, qui ha­bite au Cap Bé­nat, n’a réus­si à le ré­cu­pé­rer que deux jours après l’in­cen­die. Il l’a ame­né aus­si­tôt à la cli­nique. Nous l’avons mis sous per­fu­sion pour le ré­hy­dra­ter et nous le tran­quilli­sons à la mor­phine au mo­ment des soins pour qu’il ne souffre pas. Nous lui ap­por­tons des soins ré­gu­liers au miel et des an­ti­bio­tiques », confie la vé­té­ri­naire, qui veille sur son pe­tit pro­té­gé.

Stress post-trau­ma­tique

Ces der­niers jours, de nom­breux pro­prié­taires ont éga­le­ment ap­por­té leur ani­mal, stres­sé par le feu. Une chatte de­ve­nue ano­rexique et deux chiens souf­frant de diar­rhées. « Ils ont sen­ti l’in­cen­die et le stress de leurs pro­prié­taires, par­tis dans la pré­ci­pi­ta­tion .» Une Bor­méenne, ré­si­dant dans le vieux village, re­cherche ain­si tou­jours son ma­tou. « Il n’est tou­jours pas re­ve­nu de­puis l’in­cen­die. Du coup, sa pro­prié­taire nous a lais­sé une af­fi­chette pour faire pas­ser le mot et le re­trou­ver », ex­plique Cen­drine Cla­veau (1). Quant au bé­bé chouette, dès le 27 juillet, un par­ti­cu­lier l’ap­por­tait à la cli­nique après l’avoir trou­vé par terre, du cô­té de la Ver­re­rie. « Estce qu’elle est tom­bée du nid ? Qu’estce qui lui est ar­ri­vé ? Dif­fi­cile à dire, mais c’est le ma­tin de l’in­cen­die qu’on nous l’a ap­por­té. Nous l’avons aus­cul­té pour voir si elle n’avait pas de bles­sures, de troubles res­pi­ra­toires liés aux fu­mées toxiques ou les globes ocu­laires tou­chés. Elle était seule­ment per­due. On a ap­pe­lé la LPO pour connaître les

(2) consignes et une cli­nique d’Hyères, qui s’oc­cupe des oi­seaux, l’a ré­cu­pé­rée. La pe­tite chouette a été re­lâ­chée et elle a re­trou­vé sa li­ber­té le soir même. » En­fin, à la même pé­riode, la cli­nique a lan­cé un ap­pel aux dons pour of­frir des cro­quettes aux chiens de « gens qui ont tout per­du. On a fait mar­cher la so­li­da­ri­té ». De belles his­toires, qui, fort heu­reu­se­ment, se ter­minent bien pour ces res­ca­pés de l’in­cen­die.

(Pho­to Laurent Martinat)

Ca­ra­mel, le ma­tou d’un pro­prié­taire du Cap Bé­nat, n’est ré­ap­pa­ru chez lui que deux jours après l’in­cen­die, les quatre cous­si­nets brû­lés au se­cond de­gré.

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