Fa­brice Hum­bert, un amou­reux à dis­tance

En va­cances à Ra­ma­tuelle où il a ses ha­bi­tudes de­puis 30 ans, l’écri­vain et tout jeune pa­pa ra­conte sa pas­sion pour le vil­lage et son lit­to­ral, un en­droit où il res­pire et qui l’ins­pire

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Golfe De Saint-tropez - ALEXANDRE DE MOUSSAC

Ren­dez-vous au ca­fé de l’Or­meau de Ra­ma­tuelle avec Fa­brice Hum­bert. Un ha­bi­tué des lieux, qui semble connaître chaque per­sonne qui s’y at­table, n’hé­si­tant pas à prendre des nou­velles et à dis­cu­ter quelques mi­nutes. «L’Or­meau fait par­tie de l’his­toire de Ra­ma­tuelle. J’ai comme beau­coup de gens en tête la pho­to de Jeanne Mo­reau dan­sant sur une table pen­dant que Gé­rard Phi­lippe l’ad­mire » se rap­pelle-t-il avec une pointe de nos­tal­gie. Écri­vain re­con­nu, no­tam­ment ré­com­pen­sé d’un prix Re­nau­dot en 2010 pour L’Ori­gine de la vio­lence, il aime ra­con­ter l’amour qu’il porte pour le vil­lage, sa na­ture, sa com­mu­nau­té. « Un en­droit qui aux heures de l’aube et du cré­pus­cule re­pré­sente tout le temps une dé­cou­verte du monde », ra­conte-t-il avec une pas­sion dé­vo­rante.

Des feux qui le consument

Au point où celle-ci semble s’être trans­for­mée en tris­tesse pro­fonde suite aux in­cen­dies qui ont souf­flé une par­tie du lit­to­ral de Ra­ma­tuelle il y a deux se­maines. Un paysage de rêve de­ve­nu terre de dé­so­la­tion. « Nous avons per­du une des plus belles parties du lit­to­ral. Je ne m’y suis pas ren­du, trop triste de ce que je pour­rais y dé­cou­vrir, je m’y ren­drai peut-être quand je vien­drai à la Tous­saint .» Comme un sym­bole, pen­dant cette dis­cus­sion, il s’est mis à pleu­voir, as­sez vio­lem­ment, comme ça n’était pas ar­ri­vé de­puis très long­temps. « C’est très heu­reux, in­dis­pen­sable » ,ra­joute Fa­brice Hum­bert. Lui qui tient tou­jours «à suivre at­ten­ti­ve­ment la vie de Ra­ma­tuelle » de chez lui à Pa­ris, grâce à ses pa­rents et cer­tains de ses amis qui vivent à l’an­née au vil­lage. Un bout de terre qu’il connaît très bien puisque dans sa jeu­nesse, il écri­vait pour « L’Echo du Fes­ti­val » de Ra­ma­tuelle. Il a même évo­qué le vil­lage dans un de ses ou­vrages, Eden Uto­pie, dans le­quel il ra­conte l’his­toire de sa fa­mille ma­ter­nelle au len­de­main de la se­conde guerre mon­diale.

Un re­pos né­ces­saire

Mais l’écri­ture, il a dé­ci­dé de la mettre en pa­ren­thèse pour ce sé­jour es­ti­val, « pour la pre­mière fois de­puis 15 ans ». Après avoir beau­coup tra­vaillé pour son der­nier ro­man, Comment vivre en hé­ros ?, qui dé­crit le rêve de l’hé­roïsme et de la pu­re­té dans le monde d’au­jourd’hui, il avait « be­soin d’ar­rê­ter » .Un tra­vail qui semble l’avoir vi­dé. En ef­fet, après avoir pris 8 mois pour conce­voir son livre, un gros tra­vail de mise en forme a été né­ces­saire pour ré­duire de 25 % le nombre de signes de l’ou­vrage. Alors cet été, il a dé­ci­dé de lire, beau­coup, comme il adore le faire. « Je jongle entre clas­sique et mo­derne. Je me concentre en ce mo­ment au ro­man­tisme. J’ai éga­le­ment re­lu des bio­gra­phies sur Vic­tor Hu­go » ,ex­plique-t-il alors que toutes ces lec­tures l’aident à pré­pa­rer le pro­gramme qu’il pro­po­se­ra à ses ly­céens à la ren­trée. Oui, il est éga­le­ment pro­fes­seur.

De nou­velles prio­ri­tés

Le reste du temps, il pro­fite de la bai­gnade avec son jeune gar­çon, à peine 17 mois, à la plage pu­blique qui jouxte Les Ju­meaux. Il avait ses ha­bi­tudes à la Bas­tide Blanche, mais cette an­née, les in­cen­dies l’ont frei­né à faire dé­cou­vrir ce coin de pa­ra­dis à son en­fant. Le soir, il rend vi­site à ses amis, nom­breux, à Ra­ma­tuelle, Gas­sin ou Saint-Tro­pez. « Avant j’y al­lais en boîte de nuit, mais ça, c’était avant. Néan­moins, la vie noc­turne tro­pé­zienne m’a tou­jours fas­ci­né. C’est un monde hu­mai­ne­ment et so­cia­le­ment très in­té­res­sant. » Mais c’est de tout le Golfe de Saint-Tro­pez dont il adore par­ler, en­core et en­core. Et par-des­sus tout à son jeune fils, du moins ce qu’il peut comprendre à son jeune âge. Il est « content de lui mon­trer les ani­maux, la mul­ti­tude d’arbres et de cou­leurs, pour ne pas être cou­pé de la vie d’un si bel en­droit ». C’est ce­la qu’il juge être son « rôle pa­ter­nel ». Trans­mettre sa pas­sion comme un hé­ri­tage.

(Pho­to So­phie Louvet)

Mo­ment par­ti­cu­lier au crés­pus­cule, de­vant la mai­rie de Ra­ma­tuelle, un lieu où il ne s’était plus ren­du de­puis son ma­riage, en .

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