« Sur mon nuage »

Pierre-Am­broise Bosse, cham­pion du monde du 800m, s’est ex­pri­mé après sa nuit de fo­lie vé­cue dans le stade olym­pique de Londres

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - (Pho­to AFP)

Je suis San­go­ku, je suis Willy Won­ka » : au len­de­main de sa sen­sa­tion­nelle vic­toire, Pierre-Am­broise Bosse a fait le point hier à Londres sur sa nou­velle vie de cham­pion du monde du 800 m, avec sa fraî­cheur ha­bi­tuelle.

Comment avez-vous vé­cu les der­nières heures après votre ex­ploit ? Je les ai vé­cues dans mon lit, tout seul. J’ai vé­cu beau­coup d’émo­tions avec mes proches et c’est en­core plus dur pour eux que pour moi, presque. Quand tu vois des gens pleu­rer de­vant toi, des larmes de sin­cé­ri­té, ça te touche en­core plus que de ga­gner un titre de cham­pion du monde et c’est main­te­nant que je le dé­couvre. Les der­nières heures ont été plus iso­lées, dans mon coin. Réa­li­sez-vous la por­tée de votre per­for­mance ? C’est vous (les mé­dias, ndlr) qui me faites réa­li­ser. Si­non, je suis en­core sur mon pe­tit nuage. Je suis San­go­ku (per­son­nage de man­ga, ndlr), je suis Willy Won­ka et son ti­cket d’or (per­son­nage du ro­man et du film Char­lie et la cho­co­la­te­rie, ndlr). Pour moi, c’est un conte de fées. Votre vie va chan­ger ? Oui.

Et vous l’ap­pré­hen­dez comment ? Ce n’est pas une mau­vaise sen­sa­tion, je ne peux pas nier ça. C’est très, très im­por­tant spor­ti­ve­ment ce que j’ai fait. Il y au­ra for­cé­ment des chan­ge­ments. Ce­la va ap­por­ter une notoriété dif­fé­rente, une eu­pho­rie et une grande fer­veur. Est-ce que je suis prêt à le vivre? Il n’y a que le ‘‘moi’’ du fu­tur qui le sait. Je ne peux avoir peur de tout non plus, il ne faut pas abu­ser. A un mo­ment, il faut ar­rê­ter et y al­ler. Tu sautes, c’est comme l’avion. , , et puis c’est par­ti. En plus, mon meilleur pote est pi­lote de chasse. J’es­père qu’avec ça, il va me faire faire un tour quand même. En tout cas, si je change, dites le moi tout de suite. Mais les gens di­saient dé­jà que j’étais ar­ro­gant avant, donc si ça se trouve ils n’ose­ront plus le dire parce que j’ai une mé­daille. Re­pen­sez-vous à votre course ? Non. J’ai en­vie d’al­ler pro­fi­ter. Mon mo­ment de dé­tente ar­rive. Je n’ai pas pu avant, j’étais très ner­veux. Je rentre dans une autre ca­té­go­rie et ce­lui qui va prendre place dans mon corps va s’amu­ser ! Pour Bosse, une nou­velle vie com­mence.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.