AG of­fen­sive pour Vivre dans la Pres­qu’île

Lors de l’AG hier, le bu­reau de l’as­so­cia­tion a an­non­cé avoir dé­cou­vert des construc­tions illé­gales à Ra­ma­tuelle. Les membres ont va­li­dé un dé­pôt de plainte avec cons­ti­tu­tion de par­tie ci­vile

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page - S. CHAUDHARI schaud­ha­ri@var­ma­tin.com

Les ap­pé­tits ur­ba­nis­tiques et les pres­sions fon­cières sont tou­jours vi­vaces dans le Golfe de SaintT­ro­pez. C’est le constat fait par l’as­so­cia­tion « Vivre dans la Pres­qu’îlede Saint-Tro­pez », qui a dé­si­gné hier son nou­veau pré­sident, Laurent At­tar-Bay­rou, lors de l’as­sem­blée gé­né­rale te­nue salle Ver­meil à La Croix-Val­mer. L’as­so­cia­tion a an­non­cé avoir fait de grandes dé­cou­vertes en ma­tière de construc­tions illé­gales. « Ce qu’on a iden­ti­fié cet hi­ver après un tra­vail de four­mi, ex­plique le spé­cia­liste ju­ri­dique de Vivre dans la Pres­qu’île, M. Goe­thals, ce sont deux chan­tiers en cours de vil­las tro­glo­dytes. »

De lourdes ac­cu­sa­tions

Le pre­mier cas concerne un in­ves­tis­seur russe, qui a racheté la ma­jeure par­tie du pla­teau de Pas­ca­ti. Il s’agit d’un ter­ri­toire d’en­vi­ron 135 hec­tares. « Un pou­mon vert entre la mer, le bou­le­vard Patch et la Rouillère, à Gas­sin. Toute une col­line vierge de 120 hec­tares clas­sés en zone na­tu­relle Es­pace Boi­sé Clas­sé». Un per­mis de ré­no­va­tion de la mai­son exis­tante a bien été ac­cor­dé par la com­mune mais là où le bât blesse, c’est « qu’en réalité, tout le chan­tier a été fer­mé avec des pa­lis­sades mé­tal­liques de trois mètres de haut. Ils ont creu­sé et en­le­vé des cen­taines et des cen­taines de mètres cubes de terre et ils ont construit au ni­veau du sol une fon­da­tion avec deux gros bâ­ti­ments, qui avaient vo­ca­tion à être en­ter­rés. En aé­rien, on au­rait juste vu un jar­din, mais il y au­rait eu au fi­nal de grandes baies vi­trées of­frant une vue di­recte sur le Golfe. Le pro­prié­taire a éga­le­ment ra­sé la fo­rêt de­vant sans au­to­ri­sa­tion. » M. Goe­thals a ex­pli­qué que la com­mune et le pro­cu­reur de la Ré­pu­blique ont été aler­tés sur ces faits, mais « quand les gen­darmes sont ar­ri­vés, très bi­zar­re­ment tout avait été re­bou­ché». Pour main­te­nir la pres­sion sur le pro­prié­taire et évi­ter tout nou­veau dé­ra­page du chan­tier, les membres de l’as­so­cia­tion ont vo­té à l’una­ni­mi­té un dé­pôt de plainte avec cons­ti­tu­tion de par­tie ci­vile. Es­ti­mant qu’il y a un risque de voir un jour la construc­tion illé­gale ex­hu­mée, ils ré­clament par ailleurs, l’ex­ca­va­tion et la des­truc­tion du bâ­ti dé­jà réa­li­sé.

Les membres ont va­li­dé par ailleurs le dé­pôt d’une se­conde plainte. Tou­jours à Ra­ma­tuelle, cette fois sur le sec­teur de L’Ou­mède. « Un per­mis a été ac­cor­dé pour la ré­no­va­tion d’une mai­son. Le pro­prié­taire a dé­fri­ché une qua­ran­taine de pins pa­ra­sols sans au­to­ri­sa­tion. C’est une pre­mière in­frac­tion». De plus, tou­jours se­lon l’as­so­cia­tion, le pro­prié­taire au­rait en­suite creu­sé la col­line d’en­vi­ron six mètres et au­rait dé­bu­té la construc­tion d’un bâ­ti­ment « tro­glo­dyte », dé­jà bé­ton­né. «L’idée, c’est qu’une fois que c’est re­de­ve­nu ver­doyant, ex­plique M. Goe­thals, il rouvre, met des fe­nêtres de par­tout, dou­blant ain­si la sur­face de la mai­son». Sur ce dos­sier, la mai­rie de Ra­ma­tuelle s’est dé­jà saisie du pro­blème en mai der­nier et avait lan­cé une pro­cé­dure contre la SNC Lou­med (voir Var-Ma­tin du 12 mai 2017).

(Re­pro DR)

SUR LE PLA­TEAU DE PAS­CA­TI. Prise à la fin du mois de fé­vrier der­nier, la pho­to du haut laisse ap­pa­raître l’une des deux construc­tions mas­sives dé­non­cées par « Vivre dans la Pres­qu’île » qui es­time qu’elles sont to­ta­le­ment illé­gales.  mars : au même en­droit il n’y a plus au­cune trace des bâ­ti­ments. Ils ont été re­cou­verts par des ap­ports de terre. L’as­so­cia­tion de­mande leur dé­mo­li­tion.

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