Ar­naque à la lo­ca­tion d’été : le rêve de­vient cau­che­mar

Chaque an­née, de nom­breux tou­ristes sont vic­times d’es­crocs qui leur font ver­ser des arrhes pour un lo­ge­ment de va­cances qui n’existe pas. Une fa­mille té­moigne de sa mésa­ven­ture dans l’Est-Var

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Var - PIERRE PANCHOUT ppan­chout@ni­ce­ma­tin.fr

Pas­ser quelques jours d’été dans une pe­tite villa sur la Côte d’Azur. Lais­ser tous ses sou­cis à la mai­son pour se res­sour­cer sous le so­leil va­rois et au bord de la Mé­di­ter­ra­née... Les va­cances de rêve quoi ! Mais qui peuvent tour­ner au cau­che­mar lorsque, après dix heures de route, la fa­meuse villa, ré­ser­vée en ligne des mois à l’avance, n’existe tout sim­ple­ment pas. C’est mal­heu­reu­se­ment ce qui est ar­ri­vé à la fa­mille Col­lin(1), fraî­che­ment dé­bar­quée de Nor­man­die sa­me­di der­nier, qui s’est re­trou­vée à cher­cher déses­pé­ré­ment le nu­mé­ro 51 de la rue Fran­cis-Mis­sa, à SaintRa­phaël. En vain, car la­dite adresse est fac­tice. « Nous avons tout d’abord par­cou­ru la rue dans tous les sens et ten­tés d’ap­pe­ler le (faux) pro­prié­taire ra­conte Anaïs. À au­cun mo­ment, nous ne nous dou­tions être les vic­times d’une ar­naque. » Tout bas­cule lors­qu’ils de­mandent de l’aide à une ri­ve­raine : « Elle nous a alors ex­pli­qué que chaque an­née, des va­can­ciers se re­trou­vaient à cher­cher ce fa­meux nu­mé­ro 51. Et qu’il s’agis­sait d’une es­cro­que­rie ». S’en­suit une course contre la montre, non sans stress, pour re­trou­ver ra­pi­de­ment un point de chute. « Heu­reu­se­ment, nous avons été très bien ac­cueillis à l’of­fice de tou­risme de Fré­jus, qui a pas­sé des di­zaines de coups de fils à la suite pour nous trou­ver im­mé­dia­te­ment une place dans un cam­ping ». Puis, à peine ins­tal­lés, di­rec­tion le com­mis­sa­riat pour dé­po­ser plainte. La scène qui at­tend les Col­lin leur pa­raît sur­réa­liste : pas moins de cinq autres fa­milles oc­cupent dé­jà la salle d’at­tente. Toutes es­cro­quées par la même per­sonne… « C’était une scène dra­ma­tique, tout le monde pleu­rait, se sou­vient Anaïs avec émo­tion. La pre­mière chose qu’on nous a dite, c’est qu’on ne re­ver­rait ja­mais notre ar­gent et qu’il y avait peu de chance de re­trou­ver le mal­fai­teur. Mais les po­li­ciers nous ont aus­si as­su­ré qu’ils étaient dé­ter­mi­nés à me­ner à bien cette en­quête, vu l’am­pleur de l’af­faire. ».

« L’an­nonce n’était pas sus­pecte »

Le mon­tant du lar­cin? 1 240 €, soit le mon­tant des arrhes ver­sées pour ré­ser­ver le bien. Une somme ron­de­lette payée par chèque au nom de Pierre La­ho, une fausse iden­ti­té, et en­voyée à une boîte pos­tale de Lyon. « L’an­nonce n’était pas sus­pecte af­firme Anaïs. Le prix pra­ti­qué n’était pas par­ti­cu­liè­re­ment faible. Nous avons pu contac­ter la per­sonne par té­lé­phone et sa voix était celle d’un homme d’âge mûr, avec une élo­cu­tion exem­plaire. Rien qui n’éveille les soup­çons en somme. » Mal­gré tout, la jeune femme dé­cide de pro­cé­der à quelques vé­ri­fi­ca­tions. « J’ai fait une re­cherche in­ver­sée du nom du pro­prié­taire : rien de sus­pect. J’ai en­suite re­gar­dé ce que don­nait l’adresse sur Google : il s’agis­sait bien d’un quar­tier ré­si­den­tiel. En­fin, j’ai de­man­dé da­van­tage de pho­tos : j’en ai eu une di­zaine d’autres, sans sou­ci ». Au­tant de pré­cau­tions qu’il est sou­vent conseillé de prendre mais qui n’ont, cette fois-ci, pas per­mis de dé­jouer le mal­fai­teur. « Lorsque l’ar­naque est bien mon­tée, il est très dif­fi­cile de la re­pé­rer, ex­plique la com­mis­saire Béa­trice Fon­taine. Et quand les vic­times s’en rendent compte... dif­fi­cile de re­trou­ver les au­teurs, car ils ont mis les voiles de­puis long­temps. » Ré­sul­tat, pour les Col­lin, «les va­cances sont gâ­chées, souffle Anaïs. On tente de faire bonne fi­gure de­vant les en­fants, mais je ne cache pas que c’est dur. On pense que ça n’ar­rive qu’aux autres, qu’on est trop ma­lin pour se faire avoir... mais non. Dé­sor­mais, ce que nous sou­hai­tons, c’est nous re­grou­per avec les autres vic­times pour avoir plus de poids et se battre pour évi­ter que ces mêmes in­di­vi­dus ne s’at­taquent à d’autres per­sonnes ». 1. Noms et pré­noms ont été chan­gés.

(Pho­to Ade­line Le­bel)

Chaque été, de nom­breuses fa­milles se rendent compte qu’elles ont été vic­times d’une ar­naque à la lo­ca­tion sai­son­nière au pire mo­ment , lors de leur ar­ri­vée sur les lieux.

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