CHAM­PION­NATS DE FRANCE (À HYÈRES) «Je suis une com­pé­ti­trice»

Pour cette pre­mière jour­née des France, la Tou­lon­naise San­die Clair a dû s’in­cli­ner sur le 500m d’un rien face à la jeune Ma­thilde Gros. Mal­gré sa dé­cep­tion, le ré­sul­tat est en­cou­ra­geant

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

Elle est dans les star­ting­blocks. Après s’être échauf­fée dans son box sur son home-trai­ner, San­die Clair ap­pa­raît au bord de la piste dé­ter­mi­née comme ja­mais. «J’ai fait de ces cham­pion­nats mon ob­jec­tif de­puis que j’ai re­pris», souffle-t-elle. De­puis no­vembre 2016 et sa re­prise après les Jeux de Rio, San­die est pré­sente dans le Var, sur sa piste de Cos­te­belle, celle qui l’a vue gran­dir. «C’est mon jar­din. Cette piste me plaît, j’ai mes re­pères, je connais la moindre latte.» Le re­gard noir, casque vis­sée sur la tête. Les dé­parts sont don­nés à une di­zaine de mètres, face à elle. La Tou­lon­naise ne semble même pas y prê­ter attention. Concen­tra­tion maxi­male. La cou­reuse de 29 ans est dans sa bulle. Celle qui doit la me­ner vers la vic­toire. Maillot de l’US Cré­teil sur les épaules, elle en­fourche sa mon­ture tan­dis que les se­condes qui la mènent vers le dé­part s’égrainent.

«En­core du che­min»

Le dé­compte est fi­ni, pan! La ma­chine San­die est lan­cée. Elle ex­plose. Son pre­mier tour est ex­cep­tion­nel. 19’’309 pour les 250 pre­miers mètres. «Je crois que c’est mon re­cord ici sur un pre­mier tour...» Elle ter­mine son deuxième tour, et prend la tête en 34’’607. Lea­der, elle le res­te­ra quelques ins­tants. Le temps pour le phé­no­mène Ma­thilde Gros (18 ans, 34’’607) de s’em­pa­rer de la ré­fé­rence... Et pour­tant, la ga­mine était der­rière la Va­roise à la fin du pre­mier tour, d’en­vi­ron quatre dixièmes... «Elle est très forte, va vite », sou­ligne San­die, fair­play, à l’is­sue de la re­mise des prix. Cette deuxième place ne la sa­tis­fait pas, aus­si forte soit celle qui l’a bat­tue. «Mon but était de ga­gner. Je suis dé­çue. C’est l’épreuve où j’avais le plus de chance (pour le titre), c’est mon point fort.» Les mi­nutes passent, la dé­cep­tion reste mais le sou­rire re­vient. Au­jourd’hui, sur l’épreuve de vi­tesse «lan­cé» (avant de s’at­ta­quer au Kei­rin dans la se­maine), la pen­sion­naire de l’US Cré­teil veut «[se] faire plai­sir. Ce se­ra plus dur

(E mais je suis sur la ligne pour ga­gner. Je suis une com­pé­ti­trice.» Dis­crète de­puis la fin des Jeux, San­die re­vient le cou­teau entre les dents. Dans un coin de sa tête, Ber­lin et les Eu­rope en oc­tobre pro­chain. Mais aus­si les épreuves de Coupe du Monde. En­core plus loin, les Jeux de To­kyo trottent éga­le­ment dans son es­prit. « C’est un ob­jec­tif, je ne me vois pas ar­rê­ter avant. Ce se­rait sur­tout en vi­tesse par équipes. Je pense avoir ma place. Mais il y a en­core du che­min.» La ré­sur­rec­tion de San­die passe par une belle se­maine à Cos­te­belle.

AU­RÉ­LIEN RUESTERHOLZ

(Pho­to Cy­ril Do­der­gny)

Ky­lian Mbap­pé di­ra-t-il au re­voir aux sup­por­ters mo­né­gasques avant la fin du mer­ca­to es­ti­val ?

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