Frank Le­boeuf: « La co­mé­die, j’ai tou­jours vou­lu faire ça! »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Rencontre -

Du haut de son mètre qua­tre­vingt-cinq, son dos grince un peu. Mais à 49 ans, Frank Le­boeuf a conser­vé une sil­houette spor­tive de bon aloi, à l’heure de se pro­duire dans Ma belle-mère et moi… Ce soir, au théâtre Ro­bin­son de Man­de­lieu c’est com­plet. Comme quoi, on peut rac­cro­cher les cram­pons, et te­nir son rang sans glis­ser sur les planches. « Le théâtre, c’est une nou­velle his­toire, et je m’éclate, confirme l’ar­tiste au crâne rond et lisse comme un bal­lon. Pen­dant deux ans, après ma re­traite spor­tive, je n’ai pas tra­vaillé mais je me suis fait chier . Je n’al­lais pas jouer au golf toute ma vie!». Avec la pièce qu’il a écrite et pro­duite, l’an­cien li­bé­ro de l’équipe de France dé­clenche même les fous rires du pu­blic alors qu’il ne pou­vait se per­mettre une telle hi­la­ri­té sur le pré rec­tan­gu­laire! «Cette co­mé­die est la suite de ma pre­mière pièce, jouée plus de 680 fois. Un drame ça ne rem­plit pas les salles car per­sonne n’a en­vie de ça en ce mo­ment. » Et puis le Bou­le­vard, comme un clin d’oeil à sa tendre mé­moire. Car avant même d’en­fi­ler un short de foot­bal­leur, le pe­tit Fran­ky rê­vait d’en­dos­ser le cos­tume de l’ac­teur. «En­fant de la balle » à Saint-Cyr (son père y ani­mait une école de foot), blot­ti contre sa mère pour re­gar­der Au Théâtre ce soir. «En réa­li­té, je re­tourne à mes pre­mières amours car j’ai tou­jours vou­lu faire ça… » Fi­na­le­ment, les foo­tings avec son chien dans la gar­rigue condui­ront Le­boeuf sur le che­min des stades plu­tôt que dans le hall des spec­tacles. Jus­qu’à cette deuxième mi-temps, qui n’en est que plus belle. «C’est une vraie pas­sion. Avant une re­pré­sen­ta­tion, je n’ai pas le trac mais je res­sens une forme d’an­xié­té. Pas par peur des spec­ta­teurs, plu­tôt par l’en­vie de bien faire». Pour son nou­veau mé­tier, Frank a sui­vi un en­traî­ne­ment de haut ni­veau : un an et de­mi de cours chez Lee Stras­berg à Los An­geles. L’Ac­tor Stu­dio, comme De Ni­ro ! Pas suf­fi­sant pour que les gens du ci­né­ma dé­roulent le ta­pis rouge à cette ex-ve­dette de la verte pe­louse. À croire que le Sep­tième art ne peut in­té­grer un an­cien n°18 dans son équipe. Rien à foot ? «Je viens de si­gner pour un film an­glais, tour­né en Ita­lie. Mais je n’ai pas de pro­po­si­tions en France, mal­gré quelques cas­tings. De toute fa­çon, je n’ai pas le temps ! », tacle l’an­cien dé­fen­seur. Avec son com­père tou­lon­nais Ni­co­las Vi­tiel­lo, Frank signe une nou­velle pièce pour 2018, avec une tour­née pré­vue jus­qu’en juin 2020. Alors dif­fi­cile de ca­ser des rôles sur grand ou pe­tit écran, même s’il a fait une (brève) ap­pa­ri­tion dans… Koh Lan­ta 2012 (équipe de spor­tifs). Fi­gu­ra­tion? « J’avais eu un ac­ci­dent de voi­ture deux mois avant, très mal au dos et, dès la pre­mière épreuve, je me suis fait la­bou­rer, jus­ti­fie le deuxième éli­mi­né. Mais j’adore cette émis­sion même si ce n’est pas le meilleur qui gagne. Il y a le dé­pas­se­ment de soi, mais aus­si toute la pa­no­plie de l’être hu­main, basse fai­blesse comme ex­trême bon­té. » On évoque son en­fance va­roise, et il nous fait un sketch im­payable avec l’ac­cent, «que j’es­saie d’ef­fa­cer, sauf dans le Mos­ca­to show » .Fi­na­le­ment, il n’y a que sur les ter­rains qu’il n’était pas co­mé­dien ! ALEXANDRE CARINI

Spec­tacle du 10 août re­por­té pour rai­son de sé­cu­ri­té à au­jourd’hui, di­manche 13 août, à 21 heures.

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