Bi­gla­ri Ca­fé, chic et dé­con­trac­té, un ov­ni s’est ins­tal­lé sur le port

Son créa­teur, le mil­liar­daire et homme d’af­faires amé­ri­cain, Sar­dar Bi­gla­ri, vou­lait en faire un en­droit unique. Pa­ri réus­si de­puis l’ou­ver­ture. On a tes­té pour vous ....

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Golfe De Saint-tropez - P. PLEU

Sar­dar Bi­gla­ri, no­tam­ment em­pe­reur de la chaîne Steak’n shake amé­ri­caine (en cours d’im­plan­ta­tion en France), et du monde des as­su­rances, et amoureux de Saint-Tro­pez qu’il fré­quente de­puis long­temps, vou­lait « son » ca­fé. Du­rant l’hi­ver, les tra­vaux ont été me­nés sur le port, à la place de la dé­funte bras­se­rie « Le Bai­li », dans le plus grand secret. Et même quelque jours avant l’ou­ver­ture, fort tar­dive dans la sai­son, puisque dé­but août, on ne sa­vait tou­jours pas grand-chose de ce que se­rait ce lieu qu’il vou­lait unique, chic, et pro­met­teur de plats d’ex­cep­tion et pour cer­tains forts chers. Ca­viars les plus fins, truffes, vins de grande ré­serve, on se di­sait que cet en­droit ne se­rait pas don­né à tout le monde. Voi­là qui est vrai... Et faux.

Une élé­gance un peu sur­an­née

Le « Bi­gla­ri ca­fé », dont il ne doit y avoir qu’un exem­plaire sur la pla­nète, s’est dou­ce­ment po­sé dé­but août sur le port, pour une ou­ver­ture dis­crète, et pro­pose de­puis un mé­lange de sim­pli­ci­té et de raf­fi­ne­ment qui font de l’en­droit une es­pèce d’ov­ni gus­ta­tif. Le per­son­nel tout d’abord. Uni­forme blanc cas­sé exi­gé, for­ma­tion sur le tas su­per­vi­sée par Sar­dar Bi­gla­ri soi­même, qu’on a pu sur­prendre dans les jours pré­cé­dant l’ou­ver­ture, as­sis à la ter­rasse à jau­ger la ca­pa­ci­té des pos­tu­lants. Le dé­cor en­suite. Ins­pi­ré du de­si­gn des Ri­va qu’il aime tant et dont il pos­sède un exem­plaire, Sar­dar Bi­gla­ri l’a vou­lu élé­gant. On se croi­rait un peu sur le pont ar­rière d’un yacht. Bois cou­leur teck mar­que­té de lignes blanches, sièges à l’iden­tique, le bon ton fait loi. Des pho­tos d’un Saint-Tro­pez an­cien viennent par­faire ce dé­cor presque sur­an­né, ain­si que les cha­riots à fro­mage, à verre et à vien­noi­se­ries, sor­ties tout droit de bras­se­ries chics. Le client à peine as­sis voit fondre sur lui, une nuée de jeunes gens af­fai­rés qui parent à tous les dé­si­rs. Voi­là en­fin la carte. Car on est quand même ve­nu pour ça.

De trois à plus de mille eu­ros

Et là, sur­prise. Certes, on at­teint pour cer­taines choses l’as­tro­no­mique, (850 eu­ros les 30 grammes de ca­viar gold, plus de 1 000 eu­ros cer­taines bou­teilles de vin fin), mais pa­ra­doxa­le­ment, l’ex­pres­so ne coûte « que » 3 eu­ros (moins que dans d’autres éta­blis­se­ments proches), les thés 5 eu­ros, le plus simple verre de vin est à 8 eu­ros, les jus de fruit frais à 5 eu­ros. Le ham­bur­ger de base est à 17 eu­ros. On at­teint 29 eu­ros avec oeuf et truffes. Cher certes, mais abor­dable car la qua­li­té est au ren­dez-vous. Les pro­duits sont frais (y com­pris la viande) et tout est fait mai­son : frites, milk­shakes conçus à base de crème gla­cée. Bref, Sar­dar Bi­gla­ri a te­nu sa pro­messe de la qua­li­té, qu’on peut ve­nir dé­gus­ter à toute heure. Entre ca­fé, sa­lon de thé et res­tau­rant, l’en­droit est in­so­lite et ré­serve de bonnes sur­prises, même pour les bourses lé­gères. Une bonne sur­prise donc pour ceux qui crai­gnaient de voir dé­fer­ler des bur­gers sur le port tro­pé­zien. En­core en ro­dage, l’éta­blis­se­ment di­ri­gé par Jé­rôme Cas­taingt (qui su­per­vise la tren­taine de per­sonnes qui s’af­fairent tant en cui­sine qu’en salle) pro­met en­core de s’amé­lio­rer. Il est ques­tion qu’il reste ou­vert hors sai­son. Voi­là qui se­rait une bonne nou­velle.

(Pho­tos Franz Chavaroche)

Une par­tie du «staff» du nou­veau Bi­gla­ri ca­fé, di­ri­gé par Jé­rôme Cas­taingt.

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