« C’est tou­jours simple à dire mais pas fa­cile à fé­dé­rer »

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - G. A.

Les ca­ma­rades foot­bal­leurs de Juan Ma­ta se­ront-ils sen­sibles à ce bel ap­pel du pied en pro­fon­deur ? Pas si sûr. Les avis di­vergent.

Rol­land Cour­bis, qui connaît bien les foo­teux pour avoir en­traî­né pas moins de 17 clubs dif­fé­rents dont le Spor­ting Tou­lon, se montre pour sa part plu­tôt op­ti­miste : « Ce­la peut être un bon élan qui peut se trans­for­mer en phé­no­mène de foule », élude l’an­cien joueur de Mo­na­co et de l’OM. «Avec deux ou trois lo­co­mo­tives, pour­suit-il, les wa­gons der­rière peuvent suivre. » « Ça peut faire une belle somme »

Et le chro­ni­queur ve­dette de re­la­ti­vi­ser : « Pour lui (Juan Ma­ta), ça ne chan­ge­ra pas grand-chose à son sa­laire, mais à la fin, ça peut faire quand même une belle somme pour les autres. »

Mi­chel Hi­dal­go sa­lue lui aus­si cette « belle ini­tia­tive », mais reste tou­te­fois per­plexe quant à la mise en oeuvre d’une telle idée. Le pro­blème avec les foot­bal­leurs, ex­plique-t-il en sub­stance - et c’est un

comble - ça reste le col­lec­tif. « C’est tou­jours simple à dire, mais pas fa­cile à fé­dé­rer », analyse l’an­cien Mo­né­gasque, qui a éga­le­ment fi­lé un coup de main à la fin des six­ties au RC Men­ton avec qui le club de la Prin­ci­pau­té avait « un pe­tit ac­cord

». C’est sûr «qu’à cette époque, pré­cise-t-il, ce type de pro­jet n’exis­tait pas ».

Au­jourd’hui, les foot­bal­leurs ont bien chan­gé. Et leurs sa­laires avec. Or, d’après l’an­cien sé­lec­tion­neur de l’équipe de France, «les foot­bal­leurs

qui gagnent le plus d’ar­gent sont par­fois ceux qui sont le plus près de leurs sous ». Pas Ba­fé­tim­bi Go­mis. Le Tou­lon­nais, trans­fé­ré cet été à Ga­la­ta­sa­ray, as­sure qu’il n’a « pas at­ten­du

Ma­ta pour ça ». Il dé­clare ain­si « don­ner plus de 1 % de­puis [son] pre­mier sa­laire ».

Ré­pu­té pour ses frasques en tout genre, le Ni­çois Ma­rio Ba­lo­tel­li n’est pas le der­nier non plus lors­qu’il s’agit de com­battre la mi­sère dans le monde. L’at­ta­quant ita­lien met sou­vent la main à la poche, que ce soit pour construire une école au Sud-Sou­dan, faire une do­na­tion à une église le soir de Noël, ou en­core payer des dettes de bi­blio­thèques étu­diantes à Man­ches­ter… « Don­ner de son temps »

Après avoir ré­ga­lé les sup­por­ters du stade Louis-II pen­dant une de­mi-dou­zaine de sai­sons, Va­lère

Ger­main fait aus­si par­tie de ceux qui ont ten­dance à sou­te­nir pa­reille ini­tia­tive. « Que ce soit les foot­bal­leurs ou d‘autres per­sonnes qui gagnent très bien leur vie, on ne peut qu’ap­pré­cier», com­mente le néo-Mar­seillais. Per­son­nel­le­ment, lui ne se­rait pas contre l’idée de re­ver­ser quelques parts du gâ­teau à ceux qui ne peuvent même pas s’in­vi­ter à table. C’est que l’at­ta­quant est aus­si al­truiste de­vant le but que dans la vie. Comme de nom­breux foot­bal­leurs, la re­crue de l’OM dit ra­re­ment non dès lors qu’il est sol­li­ci­té pour rendre vi­site à des en­fants ou ai­der une as­so­cia­tion. Pen­dant plu­sieurs an­nées, il a ain­si par­rai­né les Gen­darmes du Coeur, à Nice. Lui pré­fère en­core « se dé­pla­cer,

don­ner de (son) temps ». «Ilyaen­core deux se­maines, confie-t-il, on est al­lé avec Flo­rian Thau­vin voir un en­fant en fin de vie, at­teint de leu­cé­mie, pour es­sayer de lui re­don­ner le sou­rire ». Un geste gra­tuit qui vaut de l’or. Car au­jourd’hui, le temps des foot­bal­leurs n’a pas de prix.

Dji­bril Cis­sé ne di­ra pas le contraire. D’ailleurs, l’an­cien Mar­seillais, qui porte dé­sor­mais les cou­leurs de l’Yver­don Sports FC, en Suisse, n’a « pas le temps de par­ler de ça ».

(Pho­to Mi­chael Ale­si)

Lorsque Va­lère Ger­main évo­luait à l’AS Mo­na­co, ce­la lui ar­ri­vait sou­vent d’al­ler rendre vi­site à des éco­liers.

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