CHAM­PION­NATS DE FRANCE (À HYÈRES) À la dé­cou­verte d’une vir­tuose

Des par­quets des gym­nases aux lattes du vé­lo­drome, il n’y a qu’un (grand) pas que Mathilde Gros a fran­chi. Bien lui en a pris... Sur deux roues, la ga­mine ex­plose tout. Et ce n’est pas fi­ni

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports - AU­RÉ­LIEN RUESTERHOLZ

Mathilde Gros peut lé­gi­ti­me­ment être qua­li­fiée de sur­douée. Dé­but 2014, elle met­tait en­core ses mains sur le bal­lon orange et ten­tait d’ins­crire des pa­niers. Le gui­don et la piste, elle ne «sa­vait ab­so­lu­ment pas ce que c’était ». Mais ça, c’était avant. Un beau jour fin 2013, alors pen­sion­naire du Creps au Pole es­poir basket d’Aix-enP­ro­vence, la mi­note se trouve au coeur d’une plai­san­te­rie entre le coach de la sec­tion BMX et son en­traî­neur de basket. «Il m’a dit : ‘‘Mathilde, monte sur le vélo (un watt­bike) et fais un sprint pour battre les BMX’’ en ri­go­lant, ra­conte-t-elle. Là, j’ai fait le sprint et les va­leurs étaient as­sez hors norme au ni­veau des watts. Ils ne com­pre­naient pas trop... »

Tout n’a pas été rose

Elle change alors de mon­ture. Les ré­sul­tats res­tent les mêmes. C’est la dé­cou­verte d’une pro­dige. Sep­tembre 2014, Mathilde in­tègre l’In­sep, fi­lière cy­clisme sur piste, dans la ré­gion pa­ri­sienne. La ga­lère dé­marre. Dès son pre­mier jour, c’est la chute. « J’ai dû al­ler à l’hô­pi­tal, j’ai eu une grosse écharde dans le haut de la cuisse et cinq points de su­ture. Un mois et de­mi d’ar­rêt. J’ai re­pris et je me suis fait une dé­chi­rure aux is­chios… J’ai dû at­tendre en­core un mois. Puis Noël est ar­ri­vé, je suis ren­trée. En­suite, pour ma pre­mière com­pé­ti­tion à l’In­sep, j’ai eu deux grosses chutes en quinze mi­nutes… Du coup, j’ai de nou­veau été ar­rê­tée un mois et de­mi. J’avais pris un gros coup au mo­ral. » Mais ça aus­si, c’était avant. Avant ses pre­mières vic­toires sur le vé­lo­drome de Cos­te­belle, pour ses pre­miers cham­pion­nats de France jeunes en juillet 2015. «Je me suis dit que je n’avais pas fait le mau­vais choix... » La confiance est re­ve­nue. Au plus haut. De­puis, elle en­chaîne les perfs. Oui for­cé­ment, To­kyo 2020 trotte dans un coin de sa tête. « Mais avant, j’ai­me­rais bien être cham­pionne du monde ju­niors… » En Ita­lie dans une di­zaine de jours. Des mon­diaux réus­sis, ce se­raient « des po­diums par­tout avec au moins un maillot. » La Pro­ven­çale par­ti­ci­pe­ra à la vi­tesse, « la dis­ci­pline reine », au 500m et au Kei­rin. D’ici là, elle au­ra peut-être en­gran­gé d’autres maillots tri­co­lores à Hyères, où elle se pré­pare de­puis deux se­maines. «C’est un très bon en­traî­ne­ment. Plein de cham­pions olym­piques se sont en­traî­nés ici, les étran­gers viennent aus­si, c’est qu’il y a une rai­son... » Cos­te­belle, point de dé­part vers le maillot ar­cen-ciel.

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