Nobles causes

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Détente -

Parce que le bon­heur hu­main est de plus en plus pro­blé­ma­tique, le bie­nêtre ani­mal ac­cède au rang de prio­ri­té des prio­ri­tés. Un ob­jec­tif qui – in­dé­pen­dam­ment de la nais­sance des pan­das – ne se­ra vrai­ment at­teint que le jour où on lais­se­ra tous les ani­maux mou­rir de leur belle mort. Pas en­core ques­tion de dé­mo­lir les abat­toirs mais obli­ga­tion d’oc­cul­ter les exé­cu­tions en ver­tu du théo­rème de bou­che­rie pro­fes­sant que plus l’homme est gen­til et plus la côte de boeuf est tendre. Ain­si, non seule­ment s’est-on éver­tué à rendre moins in­con­for­table l’ul­time trans­port des condam­nés mais tout est fait pour dé­dra­ma­ti­ser le mas­sacre. Y com­pris la dif­fu­sion de mu­sique clas­sique que les bovins sont ré­pu­tés ap­pré­cier da­van­tage que les bi­pèdes. L’agneau qu’on sa­cri­fie au son du Te Deum de Mo­zart ac­cepte plus fa­ci­le­ment de trou­ver dans les es­to­macs bour­geois sa der­nière de­meure. Bien sûr, il n’est pas cer­tain que l’on conti­nue­rait à faire de l’éle­vage si les lé­gumes étaient ap­pe­lés à rem­pla­cer la viande. Et dans ce cas de fi­gure, le consom­ma­teur ne se­rait pas à l’abri d’une étude scien­ti­fique at­tes­tant la cas­cade de souf­frances in­fli­gée à la ca­rotte lors­qu’on l’ar­rache, on la pèle, on la dé­coupe, on la cuit et on la mange. Des as­so­cia­tions ne man­que­raient pas alors de se créer en fa­veur du bien-être vé­gé­tal. Au risque de faire dis­pa­raître éga­le­ment l’agri­cul­ture.

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