PLU contes­té par « Site » : le maire a ré­pon­du sur tout

L’as­sem­blée gé­né­rale de l’as­so­cia­tion de Dé­fense du lit­to­ral et de la com­mune, do­mi­née par les ques­tions re­la­tives à l’ur­ba­nisme, a été l’oc­ca­sion pour le maire de li­vrer sa vi­sion des choses

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sainte-maxime - S. CHAUDHARI

Après un rap­pel des suc­cès cu­mu­lés de l’as­so­cia­tion Site en 30 ans d’exis­tence, le pré­sident de l’as­so­cia­tion Site, Pierre-Do­mi­nique Clé­ment, est re­ve­nu sur les ques­tions com­plexes d’ur­ba­nisme, thème clé de l’as­sem­blée qui s’est te­nue, salle de La Ma­drague. Le maire Vincent Mo­risse a te­nu à ré­pondre point par point, en s’adres­sant di­rec­te­ment aux adhé­rents.

RE­QUÊTES DU PRÉ­FET Le pré­fet a, le 10 oc­tobre 2016, émis «84 points de ré­serves concer­nant ce Plan Lo­cal d’Ur­ba­nisme !», a ex­pli­qué le pré­sident de l’as­so­cia­tion. Le maire a confir­mé l’in­for­ma­tion avant d’ajou­ter: «Le pré­fet m’a fait sa­voir of­fi­ciel­le­ment qu’il n’at­ta­que­rait pas ce PLU. J’en suis heu­reux parce que si je prends l’exemple dans le Golfe, je ne connais pas beau­coup de PLU qui ne sont pas at­ta­qués au tri­bu­nal ad­mi­nis­tra­tif par le pré­fet.»

LOI ALUR M. Clé­ment s’est in­quié­té du de­ve­nir des col­lines face à la mer, de la Croi­sette jus­qu’à La Nar­telle. «De­puis l’ap­pro­ba­tion du PLU, on peut cons­truire 25 % de la su­per­fi­cie d’un ter­rain sur 7 m de haut. Avec l’an­cien POS, sur un ter­rain de 1000 m2, on pou­vait cons­truire au maxi­mum 180 m2 de sur­face ha­bi­table. Main­te­nant, c’est 250 m2 sur deux ni­veaux, soit 500 m2. Ré­ponse du maire, qui ac­quiesce: «C’est le dog­ma­tisme na­tio­nal. Le lé­gis­la­teur consi­dère que si vous avez la chance d’ha­bi­ter sur une par­celle de 2000 m2, compte te­nu de la ra­ré­fac­tion criante des ter­rains en France, ce n’est plus ad­mis­sible. La loi Alur a sup­pri­mé la no­tion de par­celles mi­ni­males et le co­ef­fi­cient d’oc­cu­pa­tion des sols». Et de re­lo­ca­li­ser le su­jet sur la com­mune : «On peut se ré­jouir de cette loi sur cer­tains sec­teurs de la ville mais, je l’ac­corde à M. Clé­ment : sur la bande lit­to­rale de la Croi­sette jus­qu’à la Ga­ron­nette, ce n’est pas quelque chose qui peut nous ra­vir. » Le maire s’en­gage à tout ten­ter pour gom­mer les as­pects né­fastes. « Les trois ou quatre per­mis que nous avons ac­cor­dés dans le cadre de la loi ALUR (j’en ai par­lé au pré­fet) vont nous ser­vir d’exemple sur les consé­quences que ce­la va en­gen­drer en terme d’ac­crois­se­ment dé­mo­gra­phique et de be­soin en in­fras­tr­tures. »

UR­BA­NI­SA­TION DES COL­LINES À l’as­so­cia­tion qui s’alarme de la fu­ture bé­to­ni­sa­tion des col­lines, le pro­pos du pre­mier ma­gis­trat est on ne peut plus clair. « Je re­lève juste une pe­tite phrase de M. Clé­ment: “Nous de­vons lut­ter contre l’ur­ba­ni­sa­tion des col­lines”. Mais la plu­part des gens qui sont là ont par­ti­ci­pé à leur ur­ba­ni­sa­tion! Je tiens à le pré­ci­ser, lance-t-il, avant d’in­vi­ter le pu­blic à vi­sion­ner un film sur In­ter­net ‘‘Sainte-Maxime en 1915’’ .« On a tous contri­bué à l’ur­ba­ni­sa­tion, mais au­jourd’hui, on n’en vou­drait pas da­van­tage… For­cé­ment, car on y ha­bite main­te­nant! On est bien d’ac­cord. Et ce qu’il ne fau­drait pas non plus, c’est en­le­ver le droit des pro­prié­taires, parce que vous ne se­riez pas d’ac­cord».

LO­GE­MENTS COL­LEC­TIFS «Sans vou­loir stig­ma­ti­ser les pro­prié­taires et les pro­mo­teurs qui trans­forment les vil­las en lo­ge­ments, af­firme M. Clé­ment, le PLU in­cite à la créa­tion de lo­ge­ments col­lec­tifs, éco­no­mi­que­ment plus ren­tables. »« Oui, mais la mode ac­tuelle, re­late le maire, ce sont les ap­par­te­ments. Beau­coup de gens re­vendent leur mai­son et de­mandent des ap­par­te­ments en ré­si­dence pri­vée sé­cu­ri­sée. La villa perd de son charme car elle est très chère. »

ZONES LITTORALES EN ZONES NA­TU­RELLES Le clas­se­ment ju­ri­dique des zones littorales en zones na­tu­relles a été pro­po­sé par Site pour pro­té­ger les lieux. «Pour vous, ce se­rait la so­lu­tion, note l’élu. C’est-à-dire qu’on ne pour­rait plus rien y faire… »Et de mettre en garde : « Mais le jour où vous ven­drez, vous vien­drez ta­per à ma porte ou à celle de mon suc­ces­seur pour dire : “Vous avez dé­va­lo­ri­sé mon pa­tri­moine”. Et, dans cer­taines zones, si on dé­mo­lit, on ne peut plus re­cons­truire...»

UR­BA­NI­SA­TION DU CENTRE-VILLE M. Clé­ment re­grette les per­mis de cons­truire dé­li­vrés en centre-ville et les cons­truc­tions en cours. « Comment en par­ler…?, lâche M. Mo­risse. Il est ur­ba­ni­sé le centre-ville! Par contre, ce que M. Clé­ment ne vous a pas dit, c’est que dans ce PLU, les im­meubles de quatre ni­veaux, c’est ter­mi­né! Contre l’avis du pré­fet, nous avons li­mi­té toutes les nou­velles cons­truc­tions à deux ni­veaux et de­mi, c’est-à-dire au ni­veau de la vieille-ville. Et les per­mis que nous ve­nons d’ac­cor­der (car on n’en avait pas ac­cor­dé de­puis six ans), sont tous à deux et de­mi. Il ne s’agit pas non plus de re­fu­ser des per­mis en centre-ville».

PLU Face aux ré­serves de Site, le maire a concé­dé que le PLU n’est pas « par­fait » mais af­fir­mé que ce do­cu­ment est le fruit d’une stra­té­gie, d’où son adop­tion «dans la pré­ci­pi­ta­tion» et sa mise en ré­vi­sion dans la fou­lée. «Il faut sa­voir que les villes qui n’avaient pas adop­té un PLU avant le 27 mars 2017, se re­trou­vaient en Rè­gle­ment na­tio­nal d’ur­ba­nisme (RNU). Ce qui veut dire que c’est le pré­fet qui re­prend la main sur les per­mis de cons­truire. Et qui est ca­pable ici de me dire comment le pré­fet al­lait ins­truire les per­mis? » 1. Di­rec­tion dé­par­te­men­tale desTer­ri­toires et de la mer.

(Pho­tos S. Ch. )

Le maire Vincent Mo­risse et le pré­sident Pierre-Do­mi­nique Clé­ment ont à tour de rôle pris la pa­role et avan­cé leurs ar­gu­ments.

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