Flip­py le chien, am­pu­té pour cause de né­gli­gence

Isa­belle Ter­rin s’in­surge de la peine « in­suf­fi­sante » – un rap­pel à la loi – pro­non­cée à l’en­contre du pro­prié­taire d’un chien qu’il a fal­lu am­pu­ter après des mois de né­gli­gence

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Front Page -

Après l’af­faire Che­ve­lu, l’af­faire Flip­py… Isa­belle Ter­rin, avo­cate au bar­reau de Mar­seille, mène un nou­veau com­bat. Après avoir ob­te­nu une condam­na­tion in­édite pour l’homme qui, à Dra­gui­gnan, avait mas­sa­cré ce chat de­ve­nu tris­te­ment cé­lèbre (nos pré­cé­dentes édi­tions), la voi­là dé­ci­dée à rendre jus­tice à un chien. «L’his­toire de Flip­py m’a par­ti­cu­liè­re­ment tou­chée car il a souf­fert de longs mois, de­vant l’in­dif­fé­rence de ses maîtres qui ne l’ont pas soi­gné, ex­plique-elle. Per­sonne n’est obli­gé de prendre un ani­mal, mais lors­qu’on a choi­si d’en avoir un, il faut le choyer, le soi­gner, et le rendre heu­reux.»

Une patte en état de pu­tré­fac­tion

C’est Vé­ro­nique Le­bert, la gé­rante du re­fuge Ro­sa­lie Pro­vence, à Sa­na­ry, qui l’a sai­sie de cette his­toire après avoir été elle-même aler­tée qu’un chien, croi­sé ber­ger al­le­mand, avait été trou­vé en di­va­ga­tion et en mau­vaise san­té au Beausset, en oc­tobre 2016. « Le chien avait une broche qui sor­tait de la patte», re­late Mme Le­bert. Elle a alors dé­po­sé plainte contre son pro­prié­taire quelques jours plus tard pour «actes de cruau­té » et ob­te­nu que ce­lui­ci lui cède le chien et re­nonce à tous ses droits sur l’ani­mal. Il est no­té dans l’acte de ces­sion: «Chien ré­cu­pé­ré car cruau­té ; patte en état de pu­tré­fac­tion.» L’am­pu­ta­tion était alors in­évi­table. Pla­cé en ur­gence tem­po­rai­re­ment dans une fa­mille d’ac­cueil, il a en­suite été confié à un couple «qui lui a don­né beau­coup d’af­fec­tion, sou­ligne l’avo­cate. Mais à force de mar­cher sur trois pattes pen­dant une longue pé­riode, la deuxième patte avant a éga­le­ment fait les frais de cette mal­trai­tance et le chien a dû ter­mi­ner sa vie ap­pa­reillé, avec seule­ment deux pattes ar­rière».(1) Son an­cien maître a été convo­qué par le dé­lé­gué du pro­cu­reur et s’est vu no­ti­fier un rap­pel à la loi. «Un simple rap­pel à la loi!, s’agace Me Ter­rin. C’est une ré­ponse ju­di­ciaire pu­re­ment sym­bo­lique, qui n’est ab­so­lu­ment pas dis­sua­sive. Le mal­trai­tant de Flip­py s’en sort à très bon compte et ça ne l’em­pê­che­ra pas de re­com­men­cer. C’est une ré­ponse qui n’est pas sa­tis­fai­sante au re­gard de la souf­france de Flip­py. » Aus­si, avec sa cliente, elle est bien dé­ci­dée à ne pas en res­ter là. « Le cas de Flip­py a été ju­gé au pé­nal: son an­cien pro­prié­taire ne pour­ra pas être condam­né. Mais je le ré­as­signe sur les in­té­rêts ci­vils. Je veux qu’il rem­bourse les frais liés à l’am­pu­ta­tion. Qu’il mette au moins la main au por­te­feuille pour sa né­gli­gence cou­pable ! C’est trop fa­cile.» L’au­dience est fixée au 6 mars, à 9 h, au tri­bu­nal de grande ins­tance de Tou­lon,

J. P. jpoillot@ni­ce­ma­tin.fr 1. Flip­py est mort ré­cem­ment, sans que sa mort ne soit a prio­ri liée à ses bles­sures.

(Pho­tos DR)

Flip­py a dû su­bir une pre­mière am­pu­ta­tion après avoir été re­cueilli, puis une se­conde quelques mois plus tard. Il a fi­ni sa vie ap­pa­reillé, dans une fa­mille ai­mante.

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