Les ta­rifs de Bar­ba­ra

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Le Dossier Du Dimanche - RE­CUEILLI PAR D. Z. dzai­toun@ni­ce­ma­tin.fr

alors lan­cée dans la pros­ti­tu­tion. Pen­dant deux ans, je me suis im­pli­quée dans ce mi­lieu de la pros­ti­tu­tion pa­ri­sienne.

Dans quel état d’es­prit avez-vous dé­cou­vert cet en­vi­ron­ne­ment ? C’est très im­pres­sion­nant. Sur­tout en ce qui concerne notre mise en sé­cu­ri­té.

Vous avez été per­son­nel­le­ment vic­time de vio­lences ? Un soir, alors que je tra­vaillais dans le pé­ri­mètre du bois de Bou­logne, un client m’a pla­cé un cou­teau sous la gorge. Et je peux vous dire que c’est une si­tua­tion de stress ter­rible !

Un autre exemple ? Il y a, comme ça, des me­naces in­ces­santes. À titre per­son­nel, c’est la seule vé­ri­table agres­sion dont j’ai été vic­time. Mais une amie, une nuit, a été prise à par­tie par trois jeunes in­di­vi­dus et s’est re­trou­vée com­plè­te­ment aban­don­née après leurs for­faits...  (la loi du  mars  a ins­tau­ré la pé­na­li­sa­tion des clients de la pros­ti­tu­tion, Ndlr), le client re­fuse de prendre le moindre risque. Il ne veut pas payer notre pres­ta­tion pour, en plus, ris­quer de prendre une amende ! Alors, il exige de nous voir dans les quar­tiers les plus sombres et les plus iso­lés pos­sibles. Donc les en­droits les plus glauques. Mais, sur­tout, les en­droits les plus in­sé­cu­ri­sés. Et les plus dan­ge­reux pour nous...

D’où votre com­bat pour la ré­ou­ver­ture des mai­sons closes, alors ? C’est ça ! Au moins, avec cette ré­ou­ver­ture, nous se­rions pla­cés en mi­lieu plus ou moins sé­cu­ri­sé. Bar­ba­ra a bien vou­lu nous dé­voi­ler les ta­rifs de base des pres­ta­tions qu’elle as­sure sur la ville de Mar­seille. «Je pra­tique des prix dif­fé­rents se­lon l’en­droit dans le­quel se pro­duit ma pres­ta­tion, dé­taille-t-elle. Dans la rue, je de­mande € pour une fel­la­tion et € pour l’amour. En re­vanche, lorsque l’acte se passe à la mai­son, chez moi ou chez le client, les ta­rifs ne sont pas les mêmes : c’est € pour la fel­la­tion et  à € pour l’amour ».

Cette pro­po­si­tion de la dé­pu­tée du Var vous sa­tis­fait donc... Mais c’est gé­nial ! Je compte ab­so­lu­ment sur cette prise de po­si­tion pour lan­cer le dé­bat et ap­puyer notre be­soin de sé­cu­ri­sa­tion de notre mé­tier. Mais...

Mais ? Je ne crois pas que je ver­rai cette ré­ou­ver­ture avant la fin de mon ac­ti­vi­té. Je ne crois pas que ce su­jet fasse par­tie des prio­ri­tés du gou­ver­ne­ment et de nos re­pré­sen­tants. Je pense qu’ils ré­pon­dront qu’ils ont autre chose à faire que de pen­ser à la vie et à la sé­cu­ri­té des pros­ti­tués...

(Pho­to d’il­lus­tra­tion R. R.)

« Le client exige de nous voir dans les quar­tiers les plus sombres et les plus iso­lés pos­sible. Donc les en­droits les plus glauques. Mais, sur­tout, les plus in­sé­cu­ri­sés et les plus dan­ge­reux pour nous », ex­plique Bar­ba­ra. Qui at­tend la ré­ou­ver­ture des mai­sons closes.

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