Pi­not, quel nu­mé­ro !

Var-Matin (Sainte-Maxime / Saint-Tropez) - - Sports -

T hi­baut Pi­not a do­mi­né hier le maître ita­lien Vin­cen­zo Ni­ba­li pour s’ad­ju­ger le Tour de Lombardie, la der­nière grande clas­sique de la sai­son. « Ga­gner ici de­vant Vin­cen­zo, c’est ce que je pou­vais rê­ver de mieux » ,a ré­agi Pi­not, très ému après avoir bou­clé les 241 ki­lo­mètres de la clas­sique des feuilles mortes, l’autre nom du Tour de Lombardie. Amou­reux des courses ita­liennes, le Fran­çais a conclu en beau­té une se­maine in­can­des­cente. Deuxième des Trois Val­lées Va­ré­sines mar­di, vain­queur de Mi­lanTu­rin le len­de­main, il a maî­tri­sé la course la plus im­por­tante, l’un des cinq « mo­nu­ments » de la sai­son. « J’étais dans une très bonne jour­née, je suis sû­re­ment dans la meilleure forme de ma car­rière », a-t-il re­con­nu. Cet état de grâce, qui va de pair avec la confiance, lui a per­mis de suivre Ni­ba­li quand la course a pris tour­nure au seuil des 50 der­niers ki­lo­mètres, au som­met du Mur de Sor­ma­no. « Quand j’ai vu Ni­ba­li at­ta­quer dans le Sor­ma­no, je me suis dit : bin­go, c’est le bon coup », a ex­pli­qué Pi­not dont les pro­pos marquent son ad­mi­ra­tion en­vers le Si­ci­lien, vain­queur sor­tant. « Vin­cen­zo est un cou­reur par­ti­cu­lier. Peu de cou­reurs au­raient fait comme lui ». Re­joints dans la des­cente vers le lac par le Slo­vène Pri­moz Ro­glic (4e du Tour) puis par le jeune co­lom­bien Egan Ber­nal, les duet­tistes se sont iso­lés sur le Ci­vi­glio, l’avant-der­nière dif­fi­cul­té à une quin­zaine de ki­lo­mètres de l’ar­ri­vée. « Après, ça s’est fait à la pé­dale. C’était un beau duel avec Vin­cen­zo », a sou­ri le vain­queur du jour.

Tant de hauts et de bas

Comme l’an­née pas­sée, le Fran­çais et l’Ita­lien se sont mon­trés les meilleurs dans le Ci­vi­glio, une mon­tée de 4,2 ki­lo­mètres au-des­sus de Côme. Mais, cette fois, le duel a tour­né à l’avan­tage de Pi­not. « J’ai vu qu’il se met­tait à ma hau­teur quand j’at­ta­quais et j’ai com­pris que c’était du bluff. Je me suis dit ‘je vais en mettre une der­nière à 500 mètres du som­met’ et c’était la bonne » ,a ra­con­té le cou­reur de Mé­li­sey (Haute-Saône). Au som­met, Pi­not a bas­cu­lé avec une ving­taine de se­condes sur son com­pa­gnon qui a été re­joint dans le fi­nal par les pre­miers contre-at­ta­quants. Mais Ni­ba­li, cou­reur d’or­gueil, a trou­vé les res­sources pour se dé­ta­cher et prendre la deuxième place, à 32 se­condes du vain­queur. Pi­not, vain­queur pour la pre­mière fois d’un «mo­nu­ment» à l’âge de 28 ans, a mis à mal les sta­tis­tiques. Il est le pre­mier cou­reur fran­çais à ins­crire son nom au pal­ma­rès de­puis Laurent Ja­la­bert en 1997. Quant à l’écart creu­sé à l’ar­ri­vée, il est, se­lon les spé­cia­listes ita­liens, le plus im­por­tant à l’ar­ri­vée de­puis le suc­cès de l’Ita­lien An­drea Ta­fi (2 min 19 sec) en 1996. En 2018, le grim­peur fran­çais a tra­ver­sé hauts et bas comme sou­vent de­puis le dé­but de sa car­rière en­ta­mée en 2010. A l’exemple de son Gi­ro ter­mi­né à l’hô­pi­tal pour soi­gner un dé­but de pneu­mo­nie alors qu’il était sur le po­dium vir­tuel à 36 heures de l’ar­ri­vée. Il s’est re­mis d’aplomb sur la Vuel­ta (deux étapes) et s’est com­por­té en par­fait équi­pier au Cham­pion­nat du monde, quitte à en gar­der une cer­taine frus­tra­tion. Après la course, il a ren­du hom­mage à Jé­ré­my Roy, qui a sou­vent été son com­pa­gnon de chambre, en passe de prendre sa re­traite spor­tive. Il a ajou­té, presque grog­gy de bon­heur, qu’il avait en­core du mal à réa­li­ser la por­tée de l’ex­ploit : « C’est vrai­ment la course rê­vée ! »

(Pho­to Epa/Maxppp)

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.